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  2. // Algérie/Mali (1-0)

On a maté le match avec Abdel Djaadaoui

« Finalement, on peut pas le faire chez moi. Rendez-vous à Colombes, devant Yves du Manoir, j'y serai avec un pote » . Notre répondeur a parlé, on va mater Mali-Algérie à Colombes avec Abdel Djaadaoui, ancien libéro de Sochaux (1972-1982) et sélectionneur de l'Algérie (2000-2001). Comme Orange Sport, on a notre Claude Le Roy, en moins mercenaire, sans cheveux et sans gros yeux.

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Café du Stade, coincé entre un passage piéton et un grec. 16h30, Farid le tavernier s'impatiente : «  Putain, on arrive qu'à capter les chaînes de cul » . «  T'as pas une carte pour pirater le machin ? » demande Abdel, qui commence à s'inquiéter. Plutôt fier d'avoir sur son zinc un ancien Fennec, Farid n'abdique pas : «  c'est le démodulateur qui déconne » . Il revient avec une nouvelle boîte. Ça fonctionne, exit les nibards sur l'écran, place aux couilles sur le pré de Luanda. Système D, on se contentera des commentaires teutons d'Eurosport. Abdel paye son thé à la menthe et refait le match avec son pote, Reda, recruteur pour Nancy. « Y en a marre du 3-4-5-2, du 4-3-5-3, enfin de son système je sais pas quoi là. Il faut des bêtes de défenseurs pour jouer à 3 derrière. Et puis l'excuse de la chaleur, faut arrêter les gars ! Ça fait un mois qu'on savait qu'il ferait chaud en Angola » . Abdel recentre le débat : « Et t'as des nouvelles du père de Karim (Ziani) ? » . « Ouais, ouais, il a ouvert un salon de thé à Belleville. J'y étais l'autre fois, on a joué « tronquille » aux dominos » .

Le match démarre. Le café s'est rempli, les gamins devant, les beurs au milieu, avec nous les blanc-becs et une ligne de blacks au fond. Vive Benetton. Désormais recruteur pour Sochaux, Abdel note les compos. On ne sait jamais... Reda est inquiet : « Ils sont mieux que contre le Malawi, mais bon » . Abdel trouve les mots justes : « ça va, ils sont tactiquement bien en place » . On s'ennuie sec pendant 30 minutes, alors on cause de tout et surtout de rien : «  ils sont bien noirs les Maliens, bien plus foncés que les Sénégalais, non ? » . Le crew du fond de la classe ne bronche pas. Abdel observe tout ça d'un oeil, préférant le plasma Panasonic : « On n'a pas une seule occaz' là » . Tout va se débloquer quand Saïd, la cinquantaine, stylé avec une cagoule rouge de gosse et un survet' Adidas, débarque. Lui, il joue au coach : « Voilà, « tronquille » , allez, jouez les gars, c'est bien » . Miracle, Luanda l'a entendu. Ziani trouve Halliche et l'Algérie ouvre le score. Saïd fait péter la cagoule mais garde la lucidité d'un grand de ce monde : « C'est pas fini. Allez les gars, Inch'allah » . Mi-temps. Le menu est connu : clopes et urine, universel.

Deuxième période. A Luanda, on se sort les tripes, le jeu, ce sera pour une autre fois. Après 60 minutes, la tension reprend le dessus. Saadane effectue le premier changement : Bouazza pour Bezzaz. Reda s'insurge : « Mais c'est pas Bouazza qu'il faut, c'est Saïfi putain ! Et il joue où ce Bouazza ? » . «  Il joue en D2 anglaise. Et c'est équivalent à certaines équipes de Ligue 1 tu sais » . Tout le monde approuve les mots d'Abdel. L'Algérie tient son but d'avance et il reste 10 minutes, idéal pour lancer les dernières piques. Un Malien reste au sol. Les Blacks du fond réclament de sortir la balle en touche. Farid, le chef au milieu de la salle, s'emporte : « Fair-play, fair-play mon cul oui. Le fair-play c'est que quand tu vas à l'Eglise » . Beau point d'orgue pour cette fin d'après-midi frisquette. L'Algérie s'est ressaisie, le Café du Stade peut souffler. Merci M. Djaadaoui.

Ronan Boscher

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