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On a maté Italie-Angleterre à Rome

Pour le quart de finale de l’Euro, la mairie de Rome a installé un écran géant dans le centre historique de la ville, Piazza di San Silvestro. On y était.

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Il y avait des mains qui tenaient des cheveux, des bras dessus et des bras dessous, des mains jointes en signe de prière et un grand silence. Et puis, il y a eu comme un gros boom. Des gens se sont sautés dessus, en criant de soulagement et en riant aux éclats. L’air de Seven nation army, qui célèbre les victoires de la Nazionale depuis la Coupe du monde 2006, a retenti, des drapeaux ont été agités, et les premiers klaxons ont commencé à retentir un peu plus loin, dans les zones non-piétonnes. Peu après, la place s’est mise à sauter : « Qui ne saute pas est un anglais !  » Voilà, l’Italie était qualifiée pour les demi-finales, et tout le monde était heureux.

Avant la joie et la délivrance, le petit millier de personne installé Piazza di San Silvestro a beaucoup souffert, les tirs au but représentant sans surprise le paroxysme du supplice. Chaque tireur anglais était accompagné de cris de singe, indistinctement de sa couleur de peau, et de nombreuses insultes. Des lycéens, pâles, comparaient avec inquiétude leurs pulsations cardiaques. «  Je crois que je vais claquer  » , a balancé l’un d’eux, à moitié sérieux, à moitié en rigolant. La panenka d’Andrea Pirlo ? «  Santo subito, santo subito  » , a hurlé un quadragénaire. Soit une invitation à sanctifier sur le champ le meilleur milieu de terrain du monde. Le pénalty arrêté par Gianluigi Buffon ? « Santo subito, santo subito » , a hurlé ce même quadragénaire, visiblement porté sur les choses de la religion.

Les gâchis de Balotelli

Pour le reste, du classique. Un match qui commence avec une foule qui chante son hymne, quelques fumigènes et une grosse bombe agricole qui réveille tout son monde et produit son effet. Ce n’était pas l’affluence des grands jours, et l’on pouvait circuler sans trop de soucis sur la place. Pas de gens ivres, du fait de la difficulté de se procurer de l’alcool, en raison de l’arrêt préfectoral qui interdit aux épiciers de vendre de la bière à emporter dans le centre historique après 21h. Une loi évidemment contournable, mais néanmoins gênante. Des jeunes filles arborant des maillots de la Nazionale tentent de faire un classement de l’anglais le plus moche : «  Tu dis Rooney ? Sois sérieuse, l’autre avec sa calvitie et sa tête de trisomique est pire, non ?  » « T’as raison, ouais. En tout cas, ils sont pas élégants, même si leur coach essaie de faire comme si. » En s'adonnant au même exercice côté italien, l'une d'elle regrette l'absence de Cannavaro, « parce qu'il était sans doute trop petit, mais il était vraiment canon » …

Balotelli divise toujours autant : ceux qui l’aiment l’aiment vraiment très fort, ceux qui le détestent le détestent vraiment très fort. Son début de match et ses quelques gâchis étaient là pour accentuer la fracture. La frappe de Daniele De Rossi, ainsi que sa sortie, se placent en première position à l’applaudimètre. Suivent à égalité Buffon et Pirlo, les deux grands héros de tout un peuple qui commence à se souvenir de son italianité, comme l’attestent les drapeaux tricolores qui fleurissent chaque jour aux fenêtres de la ville éternelle. On a même aperçu, dans le quartier de San Lorenzo avant le match, une banderole accrochée au mur qui disait « God kill the Queen » . « Cette putain de ville met du temps à se réveiller, mais ça va venir, on est en demi bordel !, prédisait un robuste gaillard dont le bras était recouvert d’un tatouage SPQR, la devise de la ville. Je crois que ça commence vraiment, maintenant.  » Ce n’est pas encore l’euphorie, mais on s’en rapproche lentement mais sûrement.



Par Lucas Duvernet-Coppola, à Rome
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quand les italiens s essayent a langlais c est genant...
nico_roma Niveau : DHR
Je suis francais, j'habite a rome et j'ai vu le match hier dans le centre aussi.

J'ai jamais porté la Nazionale dans mon coeur en bon français, mais franchement quand je vois l'amour qu'ils ont pour leur pays et la fierté que les joueurs ont de porter le maillot azzurro, j'suis vraiment envieux.

Quand j'ai vu les hymnes hier, j'ai vu Buffon chanter les yeux fermés, De Rossi avec ce regard de compétiteur pret pour le combat, c autre chose que nos guignols qui font des clins d'oeil à la caméra ou qui se tapent des fous rire avant de jouer.
@kukrapok C'est un jeu de mot avec God Save The Queen...
Note : 1
Vous etes souvent a Rome et rarement a Berlin (bon au moins ca prouve que vous bossez parce qu'a Berlin c'est dur de rester sobre).
Faites nous un article sur la Fan Meile de 500 000 personnes a chaque match de l'allemagne !
OuinOuinOuin Niveau : Ligue 1
Sur la seconde photo, on aperçoit quand même des touristes chinois. On peut juste avoir un peu de répit durant l'Euro?
oui merci j avais compris
Tout à fait d'accord avec toi Gelsen04, je suis Italien et Suisse, j'ai vécu 6 mois a Berlin, j'ai pu voir les matches de groupes ainsi que les quarts de final à la Brandenburger Tor, et les allemands ont vraiment l'amour de leur nation, Incroyable, 500'000 personnes a tous les matches, sa vaut vraiment la peine.

Par contre demain se sera Forza Italia, je vais p-e aller à Milan pour la final, si l'Italie se qualifie... daiii daiiiii !!!
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