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On a maté Italie-Allemagne à Rome

Pour la demi-finale, la ville de Rome est passée au niveau supérieur et a placé un écran géant Piazza del Popolo, l’une des plus grandes places de la ville. Évidemment, on y était.

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Tout avait commencé comme une procession. Un groupe d’une dizaine de personnes, habillées de robes vertes, portait à bout de bras un autel. En lieu et place de la Sainte Madone ou de tout autre personnage du Livre Saint, Andrea Pirlo, entouré d’une auréole et d'une cuillère. Une cuillère ? Oui, car c'est comme cela qu'on appelle dans la ville éternelle une Panenka. En-dessous de la relique, des fleurs et une inscription : « Saint-Andrea de Brescia, défais le Démon teuton avec la cuillère sacrée. Marque pour nous. Amen.  » Les fidèles de Saint-Andrea ont fait le tour de la place, sous les applaudissements des supporters. Puis l’écran géant a diffusé des images des précédentes victoires de l’Italie contre l’Allemagne, en rappelant que la Nazionale est la bête noire des Allemands. Le commentateur de la Rai a conclu ces quelques souvenirs d’un définitif : « L’histoire doit continuer. » La Piazza del Popolo a approuvé à sa façon : fumigènes, bombes agricoles, pots de fumée. La messe était terminée ; le match pouvait enfin commencer.



Cesare Prandelli avait passé la semaine à répéter à qui voulait bien l’entendre que son équipe allait avoir besoin de « la chaleur des places italiennes » . À vrai dire, c’était même le seul objectif qu’il avait annoncé noir sur blanc en devenant le commissaire technique de la Nazionale : il fallait rapprocher l’équipe du peuple italien. Ce soir, quoi qu’il advienne dimanche prochain, Cesare Prandelli a réussi sa mission. La place, d’abord clairsemée, s’est remplie tout au long de la soirée, jusqu’à devenir noire de monde. Une foule compacte et chaude. Ici et là, des petits groupes d’ultras de la Roma et de la Lazio, facilement identifiables pour leur propension à applaudir ou à siffler Daniele De Rossi et Miroslav Klose après l’entrée en jeu de ce dernier. Facilement identifiables, aussi, pour leur propension à faire usage abondant de pyrotechnie. Certains, plus inspirés que d’autres, ont même lancé quelques fusées en direction de l’écran géant sur les buts de Super Mario, sorti sous l’ovation de toute la place.



Pour le reste, les commentaires classiques que l’on peut entendre lors de ces grandes célébrations populaires. Lorsqu’une supportrice allemande apparaît à l’écran, un type avec la coupe de Marco Borriello la traite copieusement de salope. Regard réprobateur de sa copine. «  Bah quoi, c’est du foot, on n’est pas là pour se caresser dans le sens des poils de bite.  » Réponse imparable. « T’as pas tort  » , se laisse convaincre la nana, qui renchérit en traitant la pauvre Allemande de salope à son tour. Le coup de sifflet final et la qualification sont une grosse bouffée d’air pour ce vieux monsieur avec une casquette de la CGIL, la CGT locale. « L’année a été difficile, mais ça, ça donne quand même de l’espoir. » Sa femme, glacière sous le bras, n’a pas répondu. Elle l’a pris dans ses bras et a posé ses lèvres sur sa joue. Le couple a pris les deux petits sièges de camping qu’il avait amenés et est parti en direction de la Piazza di Spagna. « On reviendra dimanche prochain, ça me fait du bien de voir toute cette jeunesse sourire, ça change  » , a dit le vieux monsieur en prenant sa femme sous le bras.



Par Lucas Duvernet-Coppola, à Rome
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"Pizza del popolo", du génie. Ah les correcteurs automatiques...
nadalito_15 Niveau : DHR
J'aime bien vos petits articles écrits à chaud sur les places populaires. :)
je pense que dans le future , Pirlo auras des rues,musées ou Bibliothéques a son nom , encore une fois il aura démontré tout sa classe face aux mangeurs de saucisse ce soir
Les mangeurs de saucisse, donc...
Si on pouvait éviter les commentaires de trépané style "bouffeur de saucisses" qui me débectent autant que ceux sur les bouffeurs de chorizo, de maccaroni ou de blanquette. Mentalité de m...
Scotch_OMsoccer Niveau : Loisir
on peut continuer à appeler les anglais rosbifs par contre?
@Scotch : Les anglais on peut, à cause des quintaux de barbaque pâle, tremblotante et tatouée qu'ils persistent à exhiber dans tous les stades.
Le mec parle de Pirlo comme si c'était le meilleur joueur italien de tout les temps... ça me dégoute
Le mec parle de Pirlo comme si c'était le meilleur joueur italien de tout les temps... ça me dégoute
Toujours aussi sympa à lire :)
Note : 1
"en prenant sa femme sous le bras".

Je pense que LDC voulait dire "par le bras" mais qu'est-ce que c'est joliment poétique !
C'est vrai qu'il existe à Rome des "nonne" vraiment menues et portatives.
nico_roma Niveau : DHR
J'y étais... ca fait 3 ans que je suis en italie et ben putain qu'est-ce que c'est con un italien qui regarde un match de foot...

Cris de singe pour Balotelli (jusqu'à son but tiens tiens) et Boateng (tout le match); j'étais avec 2 amies allemandes, elles ont eu le droit à des "troie! puttane! tornate nel vostro Paese" qui se passe de traduction (la bagarre était pas loin, j'étais deja bien enervé des cris de singe), et puis sur le but des coups de pied dans les bouteilles de biere qui étaient par terre, une dans ma jambe (j'ai une belle entaille) et des abrutis qui balancent des bouts de verre ensuite pendant tout le match.

Franchement, j'aime l'Italie et pour la premiere fois j'apprécie son équipe nationale mais dimanche sans supporter telle ou telle équipe je vais aller tranquillement regarder le match avec mes amis espagnols, loin de ses mongoliens.
nico, tu n'as pas des bonnes fréquentations à rome, je crois comprendre. bizarre, ni moi ni mes amis italiens ne poussons des cris de singe pendant les matchs ni traitons les filles étrangères de "troie" (voire au contraire).
avant de traiter les gens de ce bas-monde de mongoliens, tâcher de se faire un entourage décent pourrait etre une solution à ne pas négliger. bisous
Sir_Bigoudi Niveau : Loisir
J'y étais aussi et...perso, je n'ai vu qu'une bonne ambiance pendant le match, une énorme fête Piazza Venezia qui a duré toute la nuit, et des klaxons qui continuaient encore à 7h du mat' quand j'ai quitté la ville. C'était vraiment sympa à vivre et à voir!
Je comprends ta colère et que tu n'aies pas voulu revenir pour la finale, mais, comme dans les stades, il y a des mauvais supporters et on peut se faire emmerder, tu n'as pas eu de chance et il ne faut pas généraliser.
Il y avait un allemand à côté de moi pendant le match, il s'est écrié quand l'Allemagne a marqué son peno, personne ne lui a cherché de problèmes. J'ai gueulé des "Forza Francia" dans la rue pour triper un peu et tester leur amour des Français, j'ai eu droit à quelques rires moqueurs mais c'était de bonne guerre.
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