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On a maté Espagne-Italie à Rome

Le Circolo degli Artisti est une sorte de boîte bobo (un mix entre le Point Éphémère et le Batofar, pour les Parisiens) située à l’est de Rome. Pendant toute la durée de l’Euro, les matchs de l’Italie y sont diffusés sur grand écran. Sofoot.com y a maté le premier match de la Nazionale contre l’Espagne.

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Y-avait-il un autre joueur italien que Daniele De Rossi présent sur le terrain, ce soir ? Pas sûr. Amassés devant l’écran géant placé dans la salle habituellement réservée aux concerts, les deux cents supporters de l’Italie n’avaient d’yeux que pour le joueur de la Roma – leur joueur. Placé en défense centrale faute d’alternative, Daniele De Rossi a comblé toutes les attentes de son sélectionneur, mais aussi de son peuple.

De Rossi superstar

Il faut comprendre une chose lorsque l’on regarde un match de l’équipe d’Italie en Italie : l’unité du pays, qui a fêté l'année dernière ses 150 ans, est toute relative. Ne pas s’étonner, dès lors, de voir les autochtones supporter le joueur local plus que le onze de départ. Au Circolo degli Artisti, cette boîte à la mode située dans le quartier du Pigneto (un quartier populaire en voie de boboïsation), les Romains (en l’occurrence une énorme majorité de romanistes) encourageaient plus leur futur capitaine que le reste de l’équipe. À peine l’hymne national terminé, c’est donc tout naturellement un chant en l’honneur du joueur le plus beau de la compétition qui retentit. Chaque tacle, chaque intervention du joueur de la Louve sont salué par les hourras de la foule. Le reste ? Le reste, ce sont principalement des insultes homophobes.

«  C’est pas parce que tu t’es coupé les cheveux qu’on va oublier que t’es pédé  » , hurle en dialecte romain un type arborant un T-shirt à l’effigie de George Best, à l’adresse de Sergio Ramos. «  Xavi est vraiment un gay  » , lui répond un autre. Ne perdons pas de temps à tout énumérer : chaque joueur de la Roja en a eu pour son compte, avec une prédilection pour les joueurs aux cheveux teints (pauvre Fernando Torres…). Le fair-play étant le grand absent de cette fin d’après-midi, l’arbitre, lui aussi, en a pris pour son grade. Accusé de ne mettre des jaunes qu’à l’équipe italienne et de favoriser « ces types qui font couler l’Europe et l’Euro » , l’homme en noir a récolté pas mal de quolibets en tout genre.

Di Natale applaudi

À part le fair-play, l’autre grand absent de la soirée, pour le public du Circolo, s’appelle évidemment Francesco Totti. « Faites entrer il Capitano » , s’égosille un type cintré d’un drapeau de l’Italie floqué du sigle ASR. Hélas, point de Capitano. Alors, comme une fois tous les deux ans, lors de chaque compétition internationale, les Romains acceptent tant bien que mal l’italianité qui sommeille malgré tout en eux (un pays dont ils sont la capitale politique, ne l’oublions pas). Le grand buteur de la soirée, Antonio « Totò » Di Natale, fut copieusement applaudi. Les passes lumineuses d’Andrea Pirlo également. Les courses de Cassano aussi ( « Ça se voit qu’il est passé par chez nous  » , avance de façon définitive un trentenaire en sueur). Balotelli, comme d’habitude, eut droit a des applaudissements nourris et à de discrètes insultes, témoignant d’un racisme plus ou moins latent.

Autre grand héros de la soirée, Gianluigi Buffon, dernier rempart de la Nazionale devant l’éternel, récolte bon nombre d’applaudissements, et tant pis s’il joue pour la Juventus. L’égalisation de Fàbregas est l’occasion de critiquer sa coiffure douteuse et ses tatouages « tiers-mondistes  » . Au coup de sifflet final, l’enthousiasme est de rigueur : « un match nul contre le champion du monde en titre, alors que tout le monde nous donnait finis, ça me paraît un résultat plus qu’honorable » , explique une jeune fille à son fiancé. Le fiancé a approuvé, tout en mettant en garde sa douce : « Il faudra battre la Croatie.  » La voix de l'amour.

Lucas Duvernet-Coppola, sous Nastro Azzurro, à Rom
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C'était pas plutôt l'année dernière pour les 150 ans de l'unification du pays, en 2011 ?
Comme quoi, les bobos sont des beaufs comme les autres!
La fête pour l'unité d'Italie, c'était bien l'année passée. 1861 + 150 ça fait 2011.
Sinon, je suis d'accord avec le commentaire d'un italien cité dans l'article. L'arbitre voulait pas lacher de jaunes aux espagnols!!!
Romanista Furio Camillo Niveau : District
Jolie article mais ça manque de contenue. Le circolo degli artisti n'est pas une boite, c'est une sorte de locale événementiel et t'abuse un peu c'est pas plus bobo que ça... va a Monti pour les bobos tonton.
Et pour le racisme latent j'ai pas pigé ??? Et Les Romains sont homophobes ???
Forza Roma
@Romanista Furio Camillo

C'est précisé que l'article a été écrit sous Nastro Azzuro. Tu sais comment elle est cette bière, tellement légère que sur 90 minutes tu t'en enfiles 8 ou 9 et après tu sais plus où t'es vraiment, tu comprends pas tout ce qui t'arrive et ce qu'on te dit.
arrêtez de dire qu'insulter Balotelli, c'est raciste! comme disait Seedorf: "c'est juste que, noir ou pas, c'est un con"... (ce qu'il a encore démontré hier)
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