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  3. // Itw Sándor Torghelle

« On a du solide à l’avant »

Sándor Torghelle n’ira pas à l’Euro malgré ses pions en pagaille avec le MTK Budapest, ses 42 capes nationales de 2004 à 2010 et ses trois ans de moins que le meneur titulaire Zoltán Gera à l’état civil. Néanmoins, « Sanyi » croit aux chances de ses potes magyars. Même face aux ronds de jambe de CR7.

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Comme le milieu Tamás Hajnal, tu es hors du groupe constitué par Bernd Storck. Déçu ?
Tu te doutes qu’apprendre ça ne m’a pas vraiment donné la patate, mais cette tendance-là se dessinait déjà au cours des matchs de qualification où on ne m’appelait jamais. J’ai assez rapidement compris que je n’aurais pas énormément de chances d’aller jouer en France. Bien sûr que j’aurais adoré être du voyage, mais j’ai fait une croix sur la sélection et concentré mes efforts sur le championnat hongrois.

Le « Nemzeti 11 » t’a pourtant souri. Battre à toi tout seul l’Allemagne, (2-0, juin 2004), c’est costaud.
Oui, sur cette rencontre-là, j’ai effectivement bien joué, mais l’équipe s’est aussi donnée à fond. Beaucoup m’ont remercié pour ces deux buts marqués à Kaiserslautern. Mais j’en ai mis d’autres qui étaient tout aussi importants et nous ont permis de l’emporter contre des plus forts que nous. Par exemple face aux Brésiliens ou aux Argentins en amical. Pareil contre les Islandais en vue du Mondial 2006 ou les Albanais avec la Coupe du monde en Afrique du Sud dans le viseur. Des souvenirs géniaux.

Si on t'avait rappelé d’urgence en sélection pour pallier l’absence de Nikolić ou Priskin, tu y serais allé ?
Si c'était arrivé, j'y serais allé avec plaisir, pour donner un coup de main. Mais mon téléphone n'a pas sonné. C’était la dernière chance des gars de ma génération qui n’en auront pas d’autre de briller à l’international. La mienne est malheureusement passée. Je me suis de toute façon préparé depuis un bon bout de temps à regarder mes anciens coéquipiers à la télévision.

Tu vas suivre tes potes en France ?
Ça fait un bail que les Magyars n’ont pas eu cette opportunité et ils l’ont totalement méritée. Notre football avait vraiment besoin de ce succès-là. Malheureusement, je ne pourrai pas aller les soutenir en France, car je dois déjà participer à des entraînements avec le MTK en vue de la saison prochaine ! La première journée a lieu le 16 juillet et on a attaqué la préparation dès le début de juin. Je dois être au top cet été.

« Contre le Portugal, ça dépendra vraiment de Cristiano Ronaldo, je pense. » Sándor Torghelle

Ton ex-coéquipier Gábor Király sera le portier doyen de l’Euro. Peut-il stopper Ronaldo en survêt’ ?
Tout seul, il serait certainement incapable de régler l’affaire, mais si l’équipe met la main à la pâte, on aura peut-être une bonne surprise contre les Portugais. Je connais Cristiano, car je l’ai pratiqué sur le terrain (notamment le 9 septembre 2009, défaite 1-0 des Magyars, ndlr). Les Portugais dépendent un peu trop de lui à mon humble avis. Si « Gabi » (Király) et les autres déploient une défense compacte et stable, on peut les piéger sur un coup de pied arrêté ou un contre fulgurant à la manière de l’Atlético.

Que penses-tu du jeune László Kleinheisler, le surprenant héros des barrages contre la Norvège ?
László est un gamin talentueux qui a encore de belles années devant lui. Il ne faut pas attendre trop de lui immédiatement. Tout le monde s’est rendu compte qu’il avait quelque chose lors du match face à la Norvège. Il s’est révélé au grand jour, mais a encore énormément de boulot à accomplir. J’ai évolué avec lui au Videoton et j’ai vu de quoi il était capable. L’Euro va affûter son expérience et son attitude.

D’après toi, qui est le meilleur attaquant sur lequel peut compter Storck ?
Nikolić fait des étincelles au Legia Varsovie. Il est redoutable devant le but et j’ai constaté ça au Videoton en même temps que le talent de « Láci » (Kleinheisler). (Nikolić a terminé meilleur buteur du championnat hongrois deux fois de suite avant de signer en Pologne à l’été 2015, ndlr.) Krisztián Németh se débrouille pas mal balle au pied, mais je le vois plus en soutien de Nemanja (Nikolić) sur un côté comme Dzsudzsák depuis la droite. Enfin, quel que soit le système de jeu, on a du solide à l’avant.

Avant le début du tournoi, on imaginait mal les Magyars franchir le premier tour, sauf à finir meilleurs troisièmes...
Le premier match a été déterminant. On a battu les Autrichiens la dernière fois et j’y étais (16 août 2006, victoire 2-1, ndlr). On a pu rééditer cette performance, et les huitièmes se sont inévitablement rapprochés. L’Islande, ça me paraissait l’adversaire le plus abordable. On s’était imposés 3-2 à Reykjavik en septembre 2004. Quant au Portugal, ça dépendra vraiment de Ronaldo, je pense. Les bookmakers te proposent même de parier sur la Hongrie championne d’Europe. Tout est ouvert.

Propos recueillis par Joël Le Pavous
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En même temps la Hongrie doit surtout s'appuyer sur des joueurs d'avenir comme Nagy ou Kleinhesler. Compliqué de convoquer un mec proche de la fin qui a de la concurrence honnête à son poste https://lesyeuxdansleuro.com/2016/06/22 … -de-leuro/
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