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  2. // 26e journée

On a assisté à Getafe - Majorque

Madrid, samedi 13 Mars. Premiers rayons de soleil sur la capitale espagnole, premières cañas en terrasse. Le supporter de foot, lui, n'est pas gâté. Ronaldo et Higuain partis se dérouiller à Valladolid, l'Atletico en week-end, l'eldorado prend soudain la forme d'une banlieue sombre et triste : Getafe. Voyage au pays de l'ordinaire.

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Vingt-deux stations de métro, une heure et demie de trajet, cinq sprints en correspondance, deux lectures entières de Marca. Destination Getafe, ses faubourgs ouvriers et ses paysages poussiéreux. Au milieu de cette terre brulée, coincé entre le parking d'un Carrefour et une bretelle d'autoroute, trône le Coliseum Alfonso Pérez, future enceinte de la première finale de la Ligue des Champions féminine. Écrin prestigieux pour cette compétition reine : à l'intérieur du stade, les herbes folles courent le long des tribunes, tandis qu'au loin, les grues s'étendent à perte de vue. Le Tiers-monde.

Heureusement, les Getafense n'ont pas perdu le sens de l'humour : prix de la place la moins chère, 40 euros. Jolie somme pour un Getafe – Majorque qui n'a pas franchement de quoi titiller la libido footballistique du premier venu, même si l'équipe des Baléares débarque sur le continent avec un joli costume de 4e de Liga. En face, le héros du peuple, Fabio Celestini, est absent pour blessure tandis que le reste de la feuille de match est un jeu de memory du Real Madrid. Ancien à la retraite ou jeunots en manque de temps de jeu, Michel, Miguel Torres, Soldado, Parejo portent tous la marque de la Maison Blanche.

Choripan y cabron

Daniel Parejo, justement, passe son début de match à balancer la balle en touche, agaçant un spectateur un poil sceptique sur le garçon : « Retourne voir Florentino. Même en Angleterre, ils n'ont pas voulu te garder ! » . Pas de chance pour lui, deux minutes plus tard, l'ancien joueur des Queens Park Rangers ouvre le score de la tête. Ce but a le mérite de réveiller la vingtaine d'“ultras” qui entonne une pâle copie d'un chant de Boca. Les 10000 spectateurs se lancent dans une répétition lancinante et soporifique « Geta ! Geta ! » . La gorge sèche et l'estomac vide, la mi-temps tombe à pic. Les familles se massent sous le stade, dans le bar des amis, à la recherche de cancans et de breuvage. On délaisse les pipas, graines de tournesol, pour se rabattre sur un choripan suintant la graisse.

Comme d'hab', la pause est l'occasion de refaire le match. Certains regrettent l'absence de Ruben de la Red, au cœur semblable à celui de Steve Savidan. Les vieux de la vieille s'en donnent à cœur joie sur la faiblesse de leur axe central, à commencer par Rafael, sans doute atteint d'une maladie encore non détectée. Surprise, personne n'évoque l'énorme prestation du Ghanéen Boateng, véritable bulldog du milieu de terrain. La deuxième période est un mélange de buts pour les locaux (Miku et Manu sur penalty), de musique immonde crachée par la sono et de sifflets stridents accompagnés de « cabron » lâchés par notre voisine de banc, pas franchement tendre avec le RCD Majorque.

3-0 pour les banlieusards, le retour se fait dans la bonne humeur. Le métro file en direction de la capitale. Un panneau nous rappelle un nom déjà presque oublié : Alcorcon. Ce week-end, à Madrid, le football se jouait en banlieue.

Pierre Boisson et Pierre Nigay, là-bas

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