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  2. // Juventus/Milan (0-3)

Ombres et brouillard

En l'emportant 3-0, le Milan AC a humilié la Juventus ce dimanche soir
à Turin. A moins que la Juventus ne se soit humiliée toute seule. Les
jours de Ciro Ferrara sont comptés. Enfin, les heures.

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Au coup d'envoi s'avance un Milan façon Dolce Gabbana (Pirlo, Ronnie,
Beckham, qui dit mieux?) et une Juve elle aussi organisée pour faire
le spectacle, avec un milieu Marchisio, De Melo, Poulsen,
Salihamidzic. Soit une nouvelle organisation pour la Juve de
Ciro Ferrera, une de plus... Une demi-heure de jeu pour constater que, bizarre avec un milieu pareil, ça ne va pas rigoler, et le Milan mène déjà au score. Troisième
corner lombard, raté complet de Melo au premier poteau, Nesta au second troue
les filets. Même si la Juve avait la possession et ce que l'on
pourrait appeler le positionnement territorial, dans la qualité de
jeu, le Milan lui est bien supérieur. Simple, le Milan joue au foot,
la Juve fait de la lutte. Entre Melo et Amauri, les coups
pleuvent. Vraiment, Amauri devrait jouer défenseur central. C'est son
meilleur poste. Sa meilleure action de la rencontre? Un double renvoi
de la tête dans ses seize mètres. Sa pire? Tout le reste. Appels à
contre temps, jeu en pivot digne de Fred Weis, et présence
d'anorexique dans la surface adverse. Il a bien fait de demander la
nationalité italienne, il n'ira pas à la Coupe du Monde mais au moins,
il pourra foutre ses chiards à l'école en toute sérénité. Son
compatriote et partenaire de l'attaque noire et blanche, un certain
Diego, est donc aussi esseulé que motivé, ce qui constitue au final un mélange d'amertume et d'éclat contrarié. C'est tout de
même con de jouer avec Victor l'enfant sauvage en seul appui et quatre
milieux défensifs en soutien... Le Milan, lui, n'a pas ce problème.

Milieux et attaquants se trouvent, et ne vont pas s'en priver parce que la Juve s'en montre incapable. Ronnie, toujours aussi sympathique, est quasiment retrouvé, Borriello actif et plus technique qu'il n'y parait (en pointe du Milan, il fait tout ce
qu'Amauri ne fait pas pour la Juve), Gattuso comme à son habitude,
mordant. Seuls Beckham et Pirlo se montrent plus discrets, mais tous
deux sont toujours capables de faire l'avant voire la dernière passe
au moindre coup de botte. Bref, le Milan joue et peut voir venir, même
si derrière, malgré la classe de Nesta et la bonne adaptation au
calcio de Thiago Silva, quelques bourdes sont commises et on se dit
qu'il y'a peut-être là possibilité de revenir au score coté turinois.
"Sait-on jamais"...

La seconde mi-temps commence. Alessandro Del
Piero va s'échauffer ; le public turinois manifeste sa joie. Il fait
bien, parce que ça va pas aller en s'arrangeant. Un corner et une
action brouillonne de la Juve ont beau essayer de brouiller les
pistes, Chiellini est le joueur de la Juve qui a le plus souvent tiré
au but, il y a des signes qui ne trompent pas. Aussi, un peu de
changement et de poids en attaque feraient du bien à l'équipe de
Ferrera. Ou pas. Mais de toute façon, il s'agit de réagir. A l'heure
de jeu, Alessandro Del Piero fait son entrée pour Salihamidzic (Melo a
de la chance, il y avait sur le terrain quelqu'un d'aussi remplaçable que lui). Il a
fallu une heure de calvaire pour les supporters juventini et un but
dans la calebasse avant de voir l'association Diego-Del Piero. La Juve
joue donc maintenant en 4-4-2, avec Diego à droite et De Ceglie à
gauche. Enfin il semblerait. Le brouillard approche, la déchéance
également. Il y a du sang sur la chaussette de Poulsen. Le Danois, remplacé par De Ceglie, est évacué le plus rapidement possible à l'hôpital. La Juve a le ballon, mais Del Piero n'a de cesse d'envoyer frappes et coup francs dans les gradins. Forcément, quand on joue un match tout les 36 du mois... Heureusement, défensivement, ça semble à peu près la route. Chiellini est solide, Cannavaro serein et rassurant. Serein et rassurant... Il reste vingt minutes, le Milan s'est maintenant assez reposé. Il est temps.

Les Rossoneri reprennent les choses en main. Deux, trois actions orchestrées par Pirlo, deux, trois incursions de Ronnie, un nouveau corner, un nouveau but. De
Ceglie, pressé par le Brésilien, trompe son propre gardien. 0-2. Le match est plié, ce compte-rendu terminé. Voilà la Juve défaite chez elle par un Milan faiblard, mais qui n'avait pas besoin d'en faire plus pour battre un adversaire médiocre. Un peu comme ce match contre Marseille en Ligue des Champions, une épreuve que Ciro Ferrera pourrait bientôt mater tranquille chez lui. Au chômage. Entre temps,
le Milan, sans pitié, en a planté un troisième. Le croque mort a le sourire jusqu'aux lèvres et les dents acérées. Il s'appelle Ronaldinho. ll rit. Son but doit être joli, mais personne n'a rien vu, le brouillard est définitivement tombé sur Ciro Ferrara.

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