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Olivier Guégan : « L'an dernier, il y avait des problèmes d'ego »

Successeur de Jean-Luc Vasseur en cours de saison dernière, Olivier Guégan est en train de réussir haut la main sa première expérience d'entraîneur en Ligue 1. Après avoir maintenu le Stade de Reims au printemps 2015, l'ancien milieu de terrain a vu ses hommes réaliser un début de championnat solide. Sans s'enflammer.

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Reims est septième de Ligue 1 avec 15 points. On imagine que vous êtes proches du début de saison parfait, ou tout du moins vous n'espériez pas grand-chose de plus avant de débuter ?
On a travaillé pour, avec une préparation très pointue dans beaucoup de domaines. L'objectif était d'être compétitif et performant. Plus les matchs ont passé, plus on a pris confiance et on a eu des résultats. Donc ce début de saison est positif. 15 points en 9 matchs c'est bien, même si on aurait pu en gratter plus. Ce premier quart de championnat est plutôt positif, mais il reste beaucoup de boulot.

Pour des clubs comme Reims susceptibles de lutter pour le maintien, bien débuter est essentiel. Le début de saison conditionne tout le reste ?
Bien sûr. Ne pas être en difficulté d'entrée, c'est capital. Mais notre équilibre reste fragile, on a encore du travail pour bien finir le championnat et éventuellement ambitionner un bon classement final. C'est vrai que le début de championnat nous rassure par rapport à l'année passée où on s'était oublié dans pas mal de domaines. Cette année, on a réussi à renverser la tendance, à mettre en place un projet de club et un projet de jeu. On a une ligne de conduite et on s'y tient parce que les joueurs adhèrent.

Gros travail foncier en pré-saison, cela peut induire un coup de moins bien sur le plan physique en cours de saison. Vous avez prévu d'avoir une période dans le dur ?
Il y aura des moments plus compliqués, mais il faudra les minimiser et faire en sorte qu'ils durent le moins possible. Une saison, ce n'est pas linéaire. Il faudra aussi éviter les suspensions et blessures. Là, on a pas mal de petits pépins que l'on soigne, avec des joueurs qu'on espère récupérer rapidement. On a démarré fort, mais il faut maintenir le niveau, car le championnat est costaud.

Le renouveau par rapport à la saison passée a été expliqué par certains joueurs de Reims par un retour à des bases et principes de jeu plus « réalistes » et « simples » , en pensant notamment à être plus « solides » ...
Je ne dirais pas cela, car rien n'est simple dans le football. C'est surtout l'état d'esprit qui a été modifié. Il y avait beaucoup de problèmes d'ego, on s'était oublié dans plein de domaines. L'équipe était aussi en déséquilibre, car il y avait beaucoup de monde sur les actions offensives et on se retrouvait en difficulté sur les pertes de balle. Donc on a cherché à rééquilibrer tout cela, on a réussi. On a consolidé l'organisation, car on s'ouvrait trop. On a pris 66 buts, cela implique des manques sur le plan défensif. On a rééquilibré tout cela, et je dis souvent que quand on défend bien, on attaque bien. La base a été de solidifier défensivement, mais cela n'empêche pas de produire du jeu, car je crois que l'on a l'une des meilleures attaques (11 buts, ce qui place Reims 9e ax-aequo, ndlr), et l'une des meilleures défenses du championnat (5e meilleure défense avec 7 buts, ndlr). Le football, c'est une question d'équilibre, il faut manier tant l'aspect offensif que défensif. En Ligue 1, on peut être très vite en difficulté si on ne fait pas preuve de rigueur.

Seulement deux défaites cette saison. Quand un groupe perd peu de matchs, il aborde les rencontres avec une grande confiance...
Oui, les garçons se sentent solides, ils savent que l'équipe peut voyager : on a gagné à Bordeaux, on a fait nul à Toulouse, on a battu Marseille, on a tenu en échec Paris. On a fait plus qu'exister contre les gros de ce championnat, donc il y a de la confiance. Mais il faut garder l'envie de progresser et l'ambition, car on a un effectif de qualité. Mais c'est vrai que le maître mot, c'est confiance.

Vous parlez de qualité dans votre groupe. Cet été, le club a recruté Jaba Kankava de Dniepropetrovsk. Un finaliste de Ligue Europa, c'est un signal fort pour Reims ?
C'est un joueur que j'avais ciblé depuis un moment. On avait essayé de le faire les années précédentes, mais cela n'avait pas été possible. Là, on a eu une fenêtre de tir, on s'est engouffrés et on a été bons dans les négociations. Attirer ce profil de joueurs, c'est toujours bénéfique et bonifiant pour une équipe comme la nôtre. En plus, son adaptation se fait vite et bien. Il arrive à solidifier l'ossature de l'équipe et élève son niveau. Dans le futur, on doit essayer de cibler d'autres joueurs de ce type qui font grandir l'équipe. Mais il n'y a pas que lui, le petit Hamari Traoré ou Frédéric Bulot sont bons, on a recruté des jeunes intéressants... Je suis très satisfait du recrutement de cette année.

La formation fonctionne bien également : Reims est champion de France U19, Kyei et Siebatcheu pointent le bout de leur nez. C'est aussi ça, l'ADN actuel du Stade de Reims ?
Ils étaient déjà là la saison passée, on les a couvés, préparés, et ils ont eu l'opportunité de montrer ce qu'ils valent cette année. C'est toujours bon pour un club que les jeunes de sa formation existe au plus haut niveau. Cela valorise le travail qui est fait en dessous, donc c'est bien qu'ils percent. Je pense qu'on a de la matière en dessous pour que d'autres arrivent. Mais il faut laisser du temps, car exister en Ligue 1 pour de jeunes joueurs, ce n'est pas évident. Que ce soit Kyei ou Siebatcheu, ils ont réussi à exister, mais ils sont sur le secteur offensif, et c'est plus facile de lancer des joueurs à profils offensifs que des défenseurs, même si Aïssa Mandi sort de notre formation.

Reims est l'un des seuls clubs de Ligue 1 avec des bilans régulièrement excédentaires. Le centre de formation a été rénové, les U19 sont en Youth League, les résultats sont bons et puis il y a une histoire avec deux finales de Coupe d'Europe des clubs champions dans les années 50... C'est un club qui a vocation à lutter pour jouer l'Europe prochainement ?
C'est un club qui a une grande histoire, même s'il a chuté et donc est finalement très jeune dans le monde professionnel actuel. On n'est en Ligue 1 que depuis 4 ans. Mais c'est vrai que les voyants sont au vert, il faut continuer à bien travailler et garder la tête sur les épaules. C'est fragile, mais c'est un club qui peut se caler en première partie de tableau même si on n'a que le 14e ou 15e budget de Ligue 1. Il y a beaucoup de choses positives à l'heure actuelle, à nous de continuer. On est encore loin d'un retour dans les compétitions européennes, même si en football, cela va vite dans un sens comme dans l'autre. Reims a une histoire européenne avec l'équipe de la période Kopa, et c'est vrai que cela serait grand de regoûter à ces compétitions. Mais avant d'y retourner, il y a encore pas mal d'étapes à franchir et le club ne doit pas chercher à grandir trop vite. Aujourd'hui, on a 15 points en Ligue 1 et une longue saison devant nous. Mais si on garde cet état d'esprit, cette envie d'avancer ensemble, on peut vivre une très belle saison.


Propos recueillis par Nicolas Jucha
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