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Old Trafford, le jeu du silence

Invaincu depuis début novembre et au cœur de sa plus longue série d’invincibilité depuis mars 2013, Manchester United reçoit Liverpool dimanche avec des ambitions retrouvées. En toile de fond de cette embellie, José Mourinho a décidé de s'attaquer à un nouveau chantier : celui de l'ambiance de cathédrale souvent ressentie à Old Trafford.

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Il faut voyager pour comprendre les fractures. Prendre un jour le tramway à Manchester, descendre à l’arrêt Newton Heath & Moston, là où est née un jour une institution sous le nom de Newton Heath LYR F.C., remonter la St Mary’s Road et se poser le temps d’un après-midi à Broadhurst Park. Il faut aussi écouter et sentir cette atmosphère, cette odeur de sandwichs bon marché et entendre ce kop qui gueule son combat pour des convictions largement éloignées de ce qui se fait aujourd’hui sur la Sir Matt Busby Way. Tout le monde connaît l’histoire du FC United, ses origines notamment. Pour beaucoup, ici réside le vrai club de Manchester, celui qui s’est longtemps battu pour ne pas ressembler aux autres. Tout le monde sait aussi comment tout ça a commencé il y a maintenant plus de dix ans, à un moment où Old Trafford était une terre de contestation, comme si la création était retirée à ses propres supporters. L’histoire s’est écrite ainsi, et José Mourinho a conscience de tout ça. Peut-être plus que David Moyes à son époque, certainement plus que Louis van Gaal aussi. Tout simplement parce que l’entraîneur portugais aime intimement Manchester United depuis le premier jour et qu’il ne s’en ait jamais caché.

Les funérailles


Mais il faut lire les déclarations, retrouver les premières interviews données après la signature de certains joueurs qui ont toujours parlé d’Old Trafford comme d’une « enceinte mythique » . Un détail absent ? Celui des supporters dont Sir Alex Ferguson demandait souvent le soutien, comme ce jour de janvier 2008 où, après un succès contre Birmingham à domicile, l’Écossais avait sorti un tacle glissé parfait : « La foule vient pour se divertir, mais, parfois, on a besoin qu’elle nous aide pour atteindre la performance. C’est devenu trop rare et aujourd’hui on se serait cru à des funérailles. » Oui, depuis 2005 – date à laquelle le club a été racheté par la famille Glazer – et même un peu avant, venir voir un match de Manchester United au stade est souvent l’assurance de prendre du plaisir en silence, ce qui est contraire à l’essence du foot. Le cas n’est pas isolé, mais significatif. La sortie de la semaine de Mourinho après la victoire en demi-finale aller de League Cup contre Hull City (2-0) n’est donc pas surprenante, et demander plus de soutien est légitime. Surtout après une neuvième victoire de rang toutes compétitions confondues et encore plus après tant d’attente, alors que le Portugais a expliqué être « tombé amoureux » du club pour ça. Pour ce qu’il représente, mais aussi pour la façon dont il doit se faire entendre.

Les sandwichs et la cathédrale


Ces critiques contre l’ambiance à Manchester ont souvent eu lieu et sont même devenues un repère des années 2000. Au début, José Mourinho a tenu à remercier les supporters pour leur soutien indéfectible lors des années de doute du club. Mieux, il s’est même incliné devant eux le 26 octobre dernier après une victoire de prestige contre Manchester City (1-0) pour s’excuser de la gifle reçue trois jours plus tôt à Stamford Bridge. Mourinho ne va jamais voir les supporters à l’extérieur, car il estime que c’est les joueurs qui grattent les succès. Dans ces instants précis, il refuse la lumière et préfère s’expliquer devant les caméras que devant ses fidèles. Noble, sachant que le soutien est plus populaire lors des rencontres loin d’Old Trafford, soit loin des touristes pour beaucoup. Au début du siècle, Roy Keane s’était déjà fait remarquer pour ça en démontant les amateurs de sandwich à domicile, le tout en expliquant que certains supporters ne comprenaient pas « ce qu’il se passe » sur le terrain. La nouvelle quête de Mourinho est donc aussi sur ce point, car si Manchester United commence à se relever doucement, un grand club n’est rien sans supporter. Oui, les cathédrales peuvent toujours se réveiller, même si c’est le lot de nombreuses grosses institutions, comme si le succès conduisait à la satisfaction silencieuse.

Reconstruire la connexion


Alors oui, Manchester United est un grand club, et le voir gagner est finalement logique, surtout après de tels investissements. Mais l’atmosphère, que Mourinho pouvait comparer par le passé à « un enfer populaire » lors de soirées européennes, doit désormais suivre. Reste que le Portugais connaît cette situation, car il l’a déjà vécue à Chelsea, où il était parfois compliqué de voir exploser le Bridge avec répétition, mais aussi à Madrid où le Bernabéu est souvent étouffé. Dès son arrivée à Manchester, José Mourinho avait pointé sa volonté de « reconstruire la connexion » perdue entre les supporters et les joueurs. Les résultats commencent désormais à parler pour lui, l’état d’esprit de certains joueurs aussi, ce qui joue pour l’identification. La réception de Liverpool dimanche doit être l’occasion d’une nouvelle prise de conscience, mais aussi un rendez-vous pour se rappeler les mots prononcés par Jürgen Klopp en mars dernier – après le nul entre les Reds et MU (1-1) à Old Trafford en Ligue Europa – qui s’était dit déçu de l’ambiance du Théâtre des Rêves. Un stade de foot ne doit pas être un théâtre, mais plutôt une salle de concert où la foule répond à ce qu’elle voit sur scène. Si le succès est là, les chants doivent alors exister. Définitivement.

Par Maxime Brigand
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