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Ol Kainry : « Messi est moelleux »

Éveillé au ballon rond par les exploits de Toto Schillaci lors du Mondiale 90, la passion d'Ol Kainry reste intacte. Son flow, une fois lancé sur la chose footballistique, devient inarrêtable. Le MC du 9-1, qui délivre caviar sur caviar dans le rap game français depuis près de quinze piges, fait tomber les punchlines avec la facilité d'un Zlatan dans une surface de L1 et offre une interview freestyle.

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Comment est née ta passion pour le football ?

J’y ai joué dans la cour de récré dès ma plus tendre enfance. Et puis ça se transmet, aussi. Mon père était à fond dans le foot, donc à un moment je me suis mis à regarder et ça m’a intéressé. Par contre, mon père ne m’a jamais inscrit dans un club, donc je ne jouais qu’à l’école. C’est dommage, parce que j’aurais été très performant, j’ai une puissance et une explosivité qui auraient fait de moi un genre de Makélélé.

Quelles étaient les idoles de ton enfance ?

J’ai 32 ans, donc j’étais trop petit quand les Bleus ont fait la Coupe du monde au Mexique, tout ça… J’ai vraiment pris conscience du truc lors du Mondial en Italie, Italia 90. Je m’étais accaparé l’Italie, avec Schillaci, Vialli et tous les autres. Là, j’étais à fond dedans. Sinon, dans ma chambre, j’avais les fameux posters Onze Mondial de Maradona, Platini, Baggio…

Et Olive et Tom ?

Totalement. « Olive et Tom, but pour Rudy, ton ballon est ton meilleur ami… » Je connaissais par cœur !

Tu supportes quelle équipe ?

Le PSG. Mais je ne cache pas que j’ai supporté Marseille durant toute ma jeunesse. J’étais petit, c’était le club qui faisait vibrer la France, qui jouait la Coupe d’Europe, qui gagnait, qui avait des grands joueurs… Tandis qu’à Paris, il y avait ce côté « skinheads dans le stade » . Il m’est arrivé de voir des grands de mon quartier revenir amochés du Parc des Princes, ça m’empêchait de supporter ce club. Mais avec le temps, la fierté de l’adresse, d’habiter en banlieue parisienne, a repris les rênes.

Il t’arrive d’aller au Parc ?

Ouais, même si là ça fait un moment que je n’y suis pas retourné. La dernière fois que j’y suis allé, il y avait Heinze et Sorin. Ils étaient encore au max, présents en Champions League.

Au stade, t’es plus supporter ou spectateur, dans l’attitude ?

Supporter, torse-nu, debout ! J’ai besoin de vibrer. Je suis allé quelques fois au stade de France, ça m’a saoulé. Pas de rythme, pas d’ambiance, j’étais déçu. Dans ces conditions, je préfère rester sur mon canapé à siroter un soda plutôt que de me prendre la tête à me déplacer pour ne pas vibrer. Il y a un vrai problème, là-bas.

T’es capable d’annuler un dîner un soir de match ?

Ouais, parce qu’il m’est déjà arrivé de rater un gros match et de m’en vouloir ensuite. Je n’aime pas regarder un match en différé, je veux vibrer en même temps que tout le monde. Par exemple, j’étais en studio lors du Lyon-Marseille qui a fait 5-5. A chaque but, on m’appelait, ça me foutait le seum parce que je voyais que je ratais un match historique de Ligue 1 et il n’y en n’a pas tant que ça. Et ces alertes sms, merde…

Dans un morceau, tu dis : « J’te parle de Mike Powell, Carl Lewis, Baggio, Abedi Pelé, George Weah, on a vécu les meilleurs années du sport, ché-la, j’pourrais jamais oublier les coups de pied sautés de Cantona, Toto Schillaci, la main de Maradona » . Le foot, c’était mieux avant ?

Ouais, quand même. On a vécu des moments qui sont devenus des classiques. Il y en a encore aujourd’hui, mais ils ne font pas autant vibrer. Il y a toujours des coups de gueule, des faits divers, des petites anecdotes, mais le coup de pied sauté de Cantona, quand même, c’était quelque chose ! Il y avait plein de joueurs avec du charisme, même s’il y en a encore aujourd’hui, comme quand Cristiano Ronaldo est en mode Mark Landers. C’est plaisant, mais bon, à l’époque on vibrait plus. Après, c’est peut-être parce qu’on a pris de l’âge est qu’on est moins captivés par la magie… Je ne saurais l’expliquer.

C’est peut-être aussi dû au fait qu’il y avait moins de matchs retransmis à la télévision…

Ouais, l’offre démentielle a banalisé les exploits.

Qu’est-ce qui te plaisait dans le foot de cette époque ?

J’aime le beau jeu et les joueurs charismatiques. C’est pour ça que j’aime bien Cristiano, même si beaucoup le détestent. J’aime quand les joueurs ont une attitude, de la gueule, et qu’ils le prouvent sur le terrain. J’aime bien Messi mais il est moelleux, il n’a rien à dire. Il peut se pavaner tranquille, juste là à côté de nous, on ne va pas le remarquer. Il ne dégage rien sans un ballon dans les pieds. Je préfère les stars qui en jettent. Et puis avant, il y avait un truc dans leurs looks. Cheveux longs, mini-shorts, moins de sponsors, même si les maillots d’aujourd’hui sont encore pas mal.

Ton plus gros frisson footballistique ?

Je ne dirais pas la Coupe du monde 1998, plutôt l’Euro 2000 et son but en or en finale. La Coupe du monde 1998, pour moi, c’était une grande surprise. Comme je le disais, je n’avais jamais connu la France en Coupe du monde. Là, ça se jouait chez nous, je m’étais dit qu’ils allaient se faire sortir en quarts ou en demies. Le fait qu’ils la gagnent, c’était magique. Mais qu’ils confirment comme ça à l’Euro… J’ai explosé, j’étais dans Paname torse-nu.

Dans le foot mondial, qui a le plus de swagg ?

Balotelli. Bah oui, Mario, c’est un rebelle ! Je ne pourrais expliquer son comportement, mais je pense que ça a été dur pour lui d’être un re-noi en Italie. Il a dû en manger, quoi. A chaque fois qu’il marque un but, on dirait que c’est une revanche sur la vie. « Regardez, je suis là, j’existe, je prouve » .

T’es accroc à la chicha, comme pas mal de footballeurs. Il t’est arrivé d’en croiser dans des fumoirs ?

Ouais, la chicha ça me détend, j’aime bien. J’ai déjà croisé Mexès dans un bar à chicha à Bordeaux, pendant qu’il était blessé. Sakho, aussi, à Paris. La chicha, ça n’empêche pas de faire du sport, j’en fais quotidiennement, ça va. Il y en a qui fument la cigarette ou du shit et qui sont sportifs, aussi. C’est clair que c’est nocif, mais je ne vais pas me l’interdire. Ça ne m’empêche pas d’être explosif et puissant.

T’es un des MC’s qui écrit le plus de phases avec des références au foot. C’est devenu une marque de fabrique ?

Je m’inspire de l’actualité, des trucs qui me choquent le plus. Je peux autant faire référence à des faits divers qu’à des mangas, du sport ou des publicités. Tout ce qui m’entoure, que j’arrive à capter et qui m’inspire. Je regarde beaucoup de foot, de dessins animés, de séries et je puise dedans.


Du coup, ton public te parle souvent de football ?

Ouais, ça arrive quand on a le temps de taper la discut’. On parle de certaines de mes phases ou de certains tweets qui ont été appréciés. J’aime bien quand c’est cool, pas quand ça part direct dans des rivalités genre Paris/Marseille avec des insultes sur les mamans. Même quand on n’est pas d’accord, il faut défendre son équipe avec les bons arguments, sans animosité. Et puis ça part aussi tout le temps sur un débat Cristiano/Messi, mais ça commence à blaser les gens tous ces Clasicos, on veut voir autre chose. Un jour, j’ai tweeté : « S’il n’y avait pas le Barça et le Real, à qui donnerait-on le Ballon d’or ? » Tout le monde a buggé. On est tellement focalisés sur ces deux clubs qu’on ne fait même plus attention aux performances des autres.

Il t’arrive de croiser des joueurs à tes concerts ?

Non, pas vraiment. Je suis proche des frère Faty, parce qu’on a grandi dans le même coin du 91. Moussa Sow avait joué dans l'un de mes clips et il avait bien kiffé, il m’avait dit qu’il faisait tourner mes sons dans le bus de Lille avant les matchs. Il m’arrive aussi de croiser des joueurs dans les grandes boîtes de nuit. Ah oui, j’étais bien aussi avec Malouda, il me disait qu’il achetait mes albums et on avait fait deux ou trois soirées ensemble lors desquelles on s’était bien amusés. Mais il y a une barrière entre les joueurs et nous. Ce sont des millionnaires, quand même ! Ce n’est pas la même vie. Quand t’es dans la musique, t’as les pieds sur terre. Je fais mes courses chez Carrefour, je me pavane un peu partout… Quand t’es footballeur, t’as passé ta jeunesse en centre de formation et quand tu reviens dans ta ville, tu te rends compte que t’as pas vécu les même choses que les amis avec lesquels t’étais en primaire et au collège. T’es un peu déphasé. Tu reviens, t’es blindé… La perception des gens devient compliquée. Les mecs sont déconnectés.

En plein débat sur l’éducation de certains joueurs, tu penses que c’est par là qu’il faut chercher les causes ?

Non, tu ne vas pas en centre de formation à deux ou trois ans. T’as été éduqué, tes parents t’ont transmis quelque chose. Les débats autour de Nasri ou Ben Arfa n’ont pas lieu d’être. A Newcastle, il n’y a aucun souci avec Ben Arfa. Pourtant, dès qu’il arrive en équipe de France, il y a un bug. Pareil pour Nasri, à City, il est calme. Pourquoi est-ce qu’il y a une discipline dans leurs clubs et pas en équipe nationale ? Peut-être parce qu’en club, il n’y a pas leurs copains, je ne sais pas. Et puis on cherche l’erreur. Personne ne cassait les couilles à Zidane ou Platini quand ils ne chantaient pas la Marseillaise. On parle de Nasri qui insulte les journalistes parce qu’il n’y a pas de résultats derrière. Si la France gagnait, on n’en parlerait même pas. Si Anelka avait insulté Domenech alors qu’on était champions du monde, ça aurait fait rigoler tout le monde.

Dans une équipe du rap français, tu jouerais à quel poste ?

Milieu récupérateur porté sur l’offensive, à la Essien, un peu bagarreur. Ensuite, je vois bien Maître Gims (de la Sexion d’Assaut) en numéro 10. Je vais te mettre ça sur le papier.



En plus du foot, t’es aussi fan de cinéma. Comment se fait-il que presque tous les films autour du foot soient ratés ?

J’étais petit quand j’ai vu A nous la victoire avec Stallone et Pelé mais j’ai kiffé, lourd. Sinon, Goal c’est pas mal. C’est pas au max, mais ça se regarde, tu vibres un peu. Et puis il y a Hooligans aussi, ça se bagarre, lourd.

Si tu devais à ton tour réaliser un film autour du foot, tu ferais quoi ?

Déjà, il faut un truc intrigant. Comme dans Goal avec ce gosse chilien ou je sais pas quoi qui part en Angleterre, son père qui le bannit avant de mourir… Il faut un truc en plus du football, tu vois. Je vois bien un footballeur talentueux mais gangsta, qui retournerait dans son quartier de temps en temps pour se mêler aux embrouilles, qui verserait une part de son salaire à des gars pour qu’ils bicravent… Un truc à la Keyser Söze, avec un mec qui a l’air clean mais qui investit dans la drogue. D’ailleurs, ça ne m’étonnerait pas qu’il y ait des joueurs qui fassent ça en vrai.

Par Mathias Edwards
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