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OL : Et pourtant, ils tournent...

Il y a encore deux mois, le turn-over systématique pratiqué par Claude Puel était désigné comme le principal responsable de la petite saison qui s'annonçait. A la faveur d'une embellie printanière, le système défendu par le coach lyonnais est à l'origine d'un retour aux affaires en L1. Avant de devenir la formule gagnante pour enfin accrocher une demi-finale de Ligue des Champions ?

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On ne s'en souvient plus vraiment, mais au début du mois de février dernier, on avait décrété que la saison lyonnaise était terminée. On avait alors demandé à Puel de tout remballer –ses turn-over incessants, ses passages intempestifs de 4-3-3 en 4-4-2– après s'être fait sortir en Coupe de France, puis en Coupe de la Ligue. Pour le reste, la Ligue des Champions et en Ligue 1, on en était réduit à réclamer un peu de mansuétude auprès de la maison merengue et à ne prêter pour seule ambition de fin de saison cette seule troisième place qu'il faudrait arracher au forceps.

Deux mois plus tard, la saison lyonnaise bouge encore. A en croire certains, l'OL n'a jamais été aussi proche d'un retour aux affaires taille patron au moment d'affronter des Bordelais qui donnent dans le contraste en la jouant souffreteux au possible. A défaut de confirmer un écart de classes entre les deux équipes, le match aller a au moins eu le mérite de révéler une différence de dynamique entre une équipe girondine en délicatesse avec sa défense et des Gones par moments un rien vernis lorsqu'il s'agit d'emporter la mise.

Du turn-over(dose) au turn-over(tueux)

La bonne passe lyonnaise serait-elle alors réductible au seul facteur chance ? Sans doute, à en croire Frédéric Antonetti samedi dernier, toujours pas remis du coup de tête monumental de Lisandro qui donne la victoire aux Lyonnais (2-1) à Rennes. Un peu moins pour peu que l'on revienne deux mois en arrière et que l'on écoute ceux qui, à Lyon, défendaient seuls contre tous ce turn-over dont on ne cernait plus vraiment l'utilité, rapport à cette saison qui sentait la fin. Parmi ceux-là, on trouvait Cesar Delgado, tout juste élevé au rang de leader technique d'une équipe à la recherche de son jeu et, sur ce coup, voix de son maître : « Les changements dans l'équipe n'apportent pas de perturbations, mais simplement beaucoup de variantes. Parce que l'entraîneur veut que nous disposions de beaucoup de solutions et que nous puissions nous adapter. Il désire que n'importe quel joueur puisse jouer dans n'importe quelle position sans que cela dérange l'équipe » .

Comme pour bien des taiseux, il a donc suffi d'un souffle à Chelito pour qu'on se décide à considérer sous un autre jour les choix de Puel. Obligé de justifier son habitude de faire et défaire à l'infini les compos –à peu de choses près, une par journée de championnat... –, le coach lyonnais n'a eu de cesse de rappeler à quel point la saison était longue et nécessitait de ménager les organismes. Une idée à laquelle plus personne ou presque ne voulait souscrire lorsque l'OL s'est retrouvé au pied de la montagne madrilène et lancé dans une folle course-poursuite en L1 pour sauver sa saison. Bernard Lacombe ne pensait pas autre chose lorsqu'en coulisses il militait pour l'émergence d'un onze-type en vue de ces prochains mois qui promettaient d'être longs.

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Peine perdue, Puel est non seulement resté fidèle à ses idées, mais les faits ont fini par lui donner raison. En réalité, il a suffi d'une mi-temps, la seconde à Madrid, pour qu'on comprenne enfin le sens de ces compos déclinées sous toutes les formes. Comme Puel l'avait promis, grâce au turn-over, l'équipe retenue est fin prête pour tenir quatre-vingt-dix minutes à très haute fréquence et finir par jouer un cran au-dessus des Merengues en fin de seconde période.

Puel, pro-rafaéliste ?

Autre idée, ce turn-over systématique permet de mobiliser l'ensemble d'un effectif une saison entière. Certes, un tel choix le condamne à laisser filer des points en championnat là où avec son onze-type, d'autres avant lui, comme Houllier, pouvaient plier l'affaire à l'issue de la phase aller. En revanche, pour peu qu'un ou deux cadres fassent défaut en cours de saison, voire en plein match, Puel dispose de joueurs qui valent bien plus qu'une simple solution de rechange. Non seulement les nouveaux venus ont l'occasion d'être dans le rythme, mais pour peu qu'ils aient en plus goûté aux joies d'un poste qui n'est pas franchement le leur, c'est toute l'équipe qui gagne en consistance tactique et peut s'adapter aux différentes conditions –cette fameuse gestion des temps forts et temps faibles chère à Claude Puel.

Du coup, plutôt que de louer son coaching gagnant à l'issue de la seconde période madrilène –avec les entrées de Gonalons et Källström au milieu et le glissement de Toulalan en défense centrale–, on aurait tout aussi bien pu saluer les vertus de ce turn-over qui permet à chaque joueur de trouver un rôle, une place dans le système du jour, y compris loin de son poste d'origine. Le genre de pratique qui n'est pas sans rappeler les expérimentations par moments un rien obscures que pouvait pratiquer il y a deux saisons Rafael Benitez. Une moitié de saison passée à balader ses joueurs sur tout le terrain ou presque, une moitié de saison à laisser filer le titre en Premier League, avant de se réveiller le printemps venu dans le dernier carré de Ligue des Champions. A ce titre, l'issue de ce huitième face aux Girondins déterminera un peu plus que le seul champion national sur la scène européenne. Elle doit révéler qui de Blanc et son onze-type établi très tôt dans la saison ou de Puel et son turn-over and over tient la bonne formule pour amener une équipe de Ligue 1 aux portes d'une finale de Ligue des Champions.

Pour l'instant, au vu du contraste entre le creux de la vague girondine et l'OL capable de l'emporter à Rennes avec sa défense-type sur le banc, on peut se dire que c'est Puel qui tient la corde. A condition de ne pas oublier qu'il y a quand même un poste où les Lyonnais se sont arrêtés de tourner entre fin janvier et samedi dernier : à la pointe de l'attaque. Là où Gomis a fini par disparaître derrière la suractivité enragée de Lisandro. Or, quand on sait que le 3-1 gagné à l'aller ne vaut sans doute pas mieux que le 1-0 gratté aux Madrilènes à Gerland, tout laisse à penser qu'il faudra aux Lyonnais bien plus qu'un collectif qui tourne pour enfin passer de l'autre côté des quarts. Il leur faudra marquer.

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