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Ode à Blaise

Raillé plus qu'encensé à cause de son style de marathonien, Blaise Matuidi n'en est pas moins indispensable à une équipe. Grâce au retour de Motta et de ses jambes, Blaisou court toujours, mais marque.

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Le 5 avril dernier, l'affiche de Ligue 1 du dimanche soir a vraiment de la gueule : un OM-PSG potentiellement décisif pour le titre. Après une grosse demi-heure de jeu, les Parisiens sont en mauvaise posture. Dédé Gignac a confirmé son statut de franchise player dans le Classique en s'imposant dans les airs face à Marquinhos pour ouvrir le score, et dans la foulée, David Luiz s'est effondré, victime de sa cuisse. Alors que Van der Wiel vient de faire son apparition, Blaise Matuidi décide de tenter quelque chose qu'il n'a jamais réussi, et ne réussira probablement plus jamais. Sur la gauche, aux abords de la surface, il efface Dja Djédjé d'un crochet intérieur avant d'ouvrir son pied droit. Mandanda se détend, pas assez, il ne fait qu'effleurer ce délicieux enroulé qui vient toucher le poteau avant de rentrer. Oui, Blaise Matuidi, le pur gaucher pas forcément à l'aise avec la gonfle, vient de marquer un superbe but du droit, ce pied qui ne lui sert normalement qu' « à monter dans le bus » . Lui-même ne comprend pas vraiment : « Honnêtement, je ne sais pas comment j'ai fait. Je ne me suis pas posé de question. J'ai essayé de cadrer. J'ai eu la chance de le faire et Steve l'a presque sortie » . Steve, son copain, il ne le chambrera pas : « C'est quelqu'un que j'apprécie énormément. Cela fait partie du football. Dans deux, trois mois, ce but sera oublié. Ça m'a souri ce soir, c'est bien. Bien sûr, mes coéquipiers m'ont charrié. Ils m'ont félicité et on va retenir ce but sur ce match » . De fait, Laurent Blanc confirme qu'on se moquera plus du buteur que du battu : « Il avait travaillé cette semaine pour marquer et on l'avait un peu chambré, parce qu'il n'avait pas eu une réussite totale » .

Mi-figue mi-raisin


Ça, c'est le destin de Blaise Matuidi. Être constamment raillé quand il réussit quelque chose. Parce qu'il n'est qu'un « poulet sans tête » , un « marathonien aux trois poumons » . Ce joueur est une énigme. Il n'est ni grand (1,75m) ni costaud (70 kg). Il n'est pas rapide. Il n'est pas technique. Il n'a pas de vision du jeu. Il ne gagne même pas tant de duels que ça. Si l'on regarde les stats, il est globalement mi-figue mi-raisin. Selon Squawka, il fait en moyenne deux actions défensives par match (généralement une interception), comme Verratti et Cabaye, une de moins que Motta. Il gagne 49% de ses duels, que ce soit par le dribble, par le tacle ou de la tête. Il ne cadre pas ses frappes (45%), ne crée que peu d'actions dangereuses, mais au moins il réussit ses passes (92%), plutôt vers l'avant même. De toute façon, les statistiques ne veulent rien dire, surtout pour un tel joueur. Blaise Matuidi court, les bras pliés et écartés, branlant, un peu comme un Tyrannosaurus rex, droit vers son objectif. C'est sa raison d'être et d'exister. Oui, il est énervant à faire le mauvais choix, à rater une passe facile, à ne pas lever la tête. Souvent, on se dit qu'on pourrait jouer à sa place, que si lui est titulaire en Ligue des champions, on le pourrait aussi. Après tout, Matuidi n'est pas un 6 (il a besoin de Verratti et surtout Motta pour défendre), ni un 8 digne de ce nom capable de se projeter vers l'avant (regardez Rakitić, regardez Fàbregas).

Se battre, encore et toujours


Alors pourquoi l'annonce-t-on toujours à United, à City ? Vous le voyez, le trident Blind-Di María-Matuidi ? L'association Touré-Matuidi ? Le nom fait tache. Même sa prétendue liaison avec Ophélie Meunier semble incongrue. Matuidi n'est qu'un ancien maigrelet de l'ESTAC et de Saint-Étienne, une anomalie ayant résisté à l'ambition qatarie, la caution française d'un onze type de Serie A. Avant tout, Blaise apporte quelque chose de différent. Il suffit de regarder le retour contre le Barça pour en être convaincu. Alors que quasiment tous les Parisiens semblaient avoir déposé les armes (à l'exception de l'insolence de Verratti), lui courait encore, se battait sur chaque ballon, essayait, encore et encore. Il « mouillait le maillot » . Un peu comme contre l'OM l'an dernier, alors que Paris était réduit à 10. Il donnait envie d'être fier, il montrait l'exemple, se révoltait, refusant d'accepter le funeste destin. Ce qui n'est jamais qu'une métaphore de sa vie. Matuidi n'a aucun talent particulier, mais il se bat. Son éternel sourire et sa gentillesse légendaire pourrait faire oublier que c'est un guerrier. Certainement pas un joueur esthète. C'est le genre de type avec qui « on peut partir à la guerre » . Attention, néanmoins, à ne pas tomber dans la caricature. C'est bien gentil de se battre et de courir, mais Hicham El Guerrouj n'est pas encore Ballon d'or. Si Blaisou est aussi important, surtout en ce moment, c'est qu'il a retrouvé son « dépassement de fonction » . Le retour de Motta - et de ses jambes, lui qui semblait cramé en début d'année - lui permet de ne plus gâcher toute son énergie à défendre, lui permettant de se projeter à l'envie. Parfois même de marquer, comme lorsqu'il s'est retrouvé mis en orbite par Ibrahimović face à Nantes. Sans trembler, il a tranquillement ajusté Riou. De toute façon, comme Pascal, Blaise est insensible à la pression.



Par Charles Alf Lafon
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