Obrigado Deco

Aujourd'hui, Deco a 36 ans. Son premier anniversaire en tant que joueur retraité. Le Luso-Brésilien laisse derrière lui un grand vide, notamment au FC Porto, où il est déjà considéré comme une légende du club. Retour sur la carrière d'un artiste de l'ombre.

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Des yeux bridés, des pieds brésiliens et un numéro 10 sur le dos. Anderson Luis de Souza dit « Deco » aurait pu être Olivier Atton dans une autre vie. Il aurait aussi pu porter la tunique auriverde dans une autre dimension. Mais dans la nôtre, le double vainqueur de la Ligue des champions est le dernier numéro 10 de la Selecção das Quinas. Un titre qui semblait destiné à Rui Costa et ses chaussettes basses, avant que déboule « o Magico » . Car il faut bien le dire, que ce soit au Brésil ou au Portugal, personne n'a vu en lui un futur vice-Ballon d'or. Ni le Scolari sélectionneur du Brésil, ni les recruteurs de Benfica qui le trouvaient quelconque. Personne. Personne sauf un mec assez spécial pour remarquer que ce Brésilien parti très tôt du pays pour tenter sa chance au Portugal avait de l'or dans les pieds. Deco est devenu Deco parce qu'il a croisé la route de José Mourinho. Car si Porto a repéré le bonhomme bien avant l'arrivée du Mou chez les Dragons, ce dernier a été le premier à lui faire confiance. Et le mot est faible. À peine arrivé au FC Porto, le « Happy One » fait du Brésilien le centre de son équipe. Oui, José Mourinho, ce mec obsédé par la rigueur tactique, a fait de Deco un homme libre sur le terrain. Sans doute la meilleure chose qui soit arrivée à Porto.

La classe à l’état pur

« Deco est une légende du FC Porto. » Signé Pinto da Costa. Ce qui était une évidence pour les habitants de la deuxième ville du Portugal est devenu officiel grâce à l’hommage « posthume » du boss de la maison juste après l’annonce du magicien. Gomes, Futre, Madjer, Jardel... Le néo-retraité peut s’asseoir à la même table que ces gens-là sans rougir tant il a œuvré pour la maison. Et pas simplement en marquant des coups francs contre Maritimo, Leiria ou Belenenses, non. Pas en distillant de véritables caviars à ses attaquants au cours de matchs quelconques. Seulement, l’ancien international portugais ne brillait jamais autant que lors d’une demie ou une finale européenne. La Lazio, le Celtic Glasgow et l’AS Monaco le savent mieux que quiconque : Deco était un homme de grands rendez-vous. Face aux meilleurs, il se mettait sur son 31, sortait ses meilleurs cartes et régalait les supporters. Crochets, contrôles, petits ponts, décalages, ouvertures, centres, frappes, buts... il savait tout bien faire avec une classe folle. Comme cette passe décisive pour Alenitchev en finale de la Coupe de l’UEFA contre le Celtic, pleine de génie et de nonchalance. Comme le deuxième but marqué contre Monaco, encore une fois plein de je-m’en-foutisme, à mi-chemin entre l’arrogance du joueur et la modestie de l’homme.


À Barcelone, et à défaut d’être resté leader sur le terrain, Deco a fait les beaux jours du Barça en compagnie de Ronaldinho, Xavi, Eto’o et, déjà, Iniesta. S’il lui arrivait de nettoyer une lucarne ici et là ou d’humilier quelques défenseurs, c’est surtout à la passe que le numéro 20 s'est illustré. Positionné en meneur de jeu en retrait par Rijkaard, il s’est également révélé plutôt bon à la récupération - un poil trop agressif d’ailleurs. C’est aussi à Barcelone qu’il a appris à - prendre plein de cartons jaunes - renverser le jeu comme peu de joueurs sont capables de le faire. Ses transversales millimétrées ont fait le tour du monde. Seul Christian Jeanpierre ignorait la qualité de passe du bonhomme, ce qui expliquait peut-être ses orgasmes répétés pendant l’Euro 2008 à chaque fois que le Portugais renversait le jeu. Bref, Deco avait atteint son apogée en Catalogne avant de se faire botter les fesses par Pep Guardiola, tout juste nommé entraîneur du Barça. Si le futur montrera que l’actuel coach du Bayern a eu raison de nettoyer le vestiaire blaugrana, la manière dont il l’a fait laisse un peu à désirer. Et ainsi commence le doux déclin d’Anderson Luis de Souza, vendu un peu moins de dix millions d'euros par le FC Barcelone. Dans le même temps, Bakari Koné signait à l'OM en provenance de Nice pour 8 millions d'euros.

La Premier League, le Brésil et une fin à la Contador

Toujours amoureux de son meneur de jeu, Scolari l'enrôle à Chelsea, où les deux hommes découvrent ensemble la Premier League, ses duels virils, ses scores improbables et ses supporters si singuliers. « O Magico » y réalise des débuts parfaits et se fait remarquer dès le mois d'août 2008, au terme duquel il est élu joueur du mois en Angleterre. La Premier League découvre Deco, sa classe et sa technique avec grande surprise. Il joue plus haut chez les Blues qu'à Barcelone, mais court toujours autant. Malheureusement, Scolari l'entraîne dans sa chute précoce. Résultat, et en dépit de l'affection que nourrit Stamford Bridge à son égard, l'ancien Catalan voit son temps de jeu fondre comme un glaçon dans un verre de rosé. Il finit par ne plus jouer assez pour assouvir sa faim de football et décide de dire au revoir à l'Europe, 13 ans après avoir débarqué sur le Vieux Continent, dans le but d'embrasser une carrière professionnelle. Il a fini par faire beaucoup mieux, et c'est sans doute pour ça qu'il est parti sans faire de bruit, sans tacler qui que ce soit. Deco est éternellement redevable au foot européen, et vice-versa.

De retour au pays pour se rapprocher de sa famille, il gagne le Brasileirão pour la première fois de sa carrière en 2010 avec le Fluminense, où il formera un duo prolifique avec Fred. En 2012, l'ancien Lyonnais et lui remportent à nouveau le championnat brésilien. Bref, tout baigne pour Deco jusqu'à cette étrange affaire de dopage. Le meneur de jeu est contrôlé positif à un diurétique dont la principale caractéristique est de masquer certains produits dopants. L'échantillon B confirme les analyses et un scandale est sur le point d'éclater. Le magicien clame haut et fort son innocence malgré les fortes suspicions. Le tribunal de justice sportive de Rio finit par le blanchir, estimant que le joueur n'avait pas pris ce produit intentionnellement. Vérité ou Contador-mir debout? Quoi qu'il en soit, à 36 ans, Deco n'avait plus la force de continuer. « Mon corps n'en peut plus » , dixit lui-même. Avec 22 titres dans la poche, O Magico a bien mérité un peu de repos. Ciao l'artiste.

Par William Pereira
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seb-guillot Niveau : DHR
Promis, je refais pas la blague avec Damido.

bon continuation Deco et merci pour ton talent !
Ouf! J'ai eu peur... je pensais que l'on allait avoir droit qu'à une brève de rien du tout.

Bonne route mec! tu m'as fait rêvé!
"Vérité ou Contador-mir debout?"

C'est beau.
Joshua_is_a_tree Niveau : CFA
Je me souviendrais toujours de sa punchline : "Ce n'est pas avec Xavi et Iniesta que le Barça va gagner des titres"
Chriswillow Niveau : Loisir
Classe, technique, nonchalance, vision hors paire, humiliation, humilité,jeu long magique, etc... bref tout ce que j'aime chez un 10.
Deco est à Porto ce qu'est Riquelme à Boca... C'est dire.
Bazibouzouk Niveau : CFA2
"La Lazio, le Celtic Glasgow et l’AS Monaco le savent mieux que quiconque: Deco était un homme de grands rendez-vous"

Le premier match que j'ai vu de lui c'était justement la finale C3 de 2003 contre le Celtic, je voulais voir ce joueur dont tout le monde parlait. Je l'avais trouvé un peu transparent. Mais peut-être que mon jugement de newbie manquait de finesse.

(Mais sinon rien à dire, il l'a prouvé par la suite, il était vraiment excellent)
Putain, la meilleure recrue de la Dream-team de Rijkaard, avec Ronnie bien sûr...un 10 avec un cœur de 6, résumé le plus parfait de sa carrière.
Un des rares qui utilisait sa grande technique juste pour jouer simple !
Avec Ronaldinho au Barca, ça donnait de la magie efficace.
Chriswillow Niveau : Loisir
Message posté par lélé66
un 10 avec un cœur de 6, résumé le plus parfait de sa carrière.


Oui, ça s'appelle un 8.
@chriswillow
Fichtre, mais c'est vrai ça... enfin disons qu'il jouait 8 à Barcelone, et 10 à Porto, pour que j'ai un peu raison quand même.
Et à Chelsea, euuuuh, il jouait pas.
Il fallait bien un portugais pour écrire sur un brésilien, enfin surtout portugais. On sent que le passage à Porto a fait rêver l'intéressé. ça parle avec leur cœur et c'est ce qu'il faut dans des articles comme ça. Bel article !
Je me dis toujours que le barsa actuel des messi xavi et iniesta peuvent mettre autant de buts qu'ils veulent et empiler autant de titres qu'ils le désirent, cela ne me fera jamais autant kifer que voir ronaldinho et deco sur le terrain !

et dsl pour les fautes d'orthographes
"un artiste de l'ombre"

ah bon ! et à l'ombre de qui de quoi s'il vous plait ?
Même sentiment d'inachevé qu'avec Ronnie. Des types qui ont eu 3-4 grosses saisons et qui ont disparu trop tôt (Ronnie encore là, mais franchement il n'existe plus vraiment depuis 2006).
"un 10 avec un coeur de 6" résume bien car c'était un 10 comme il n'y en a plus beaucoup (et pas du tout un 8) et là où les riquelme ou rui costa ne courrait pas lui il était partout!Alors il était moins classe mais sa qualité de passe n'avait rien à leur envier! Il reste un des plus beaux vols de ballon d'or(avant le changement de votes qui a tout changé!)
Il faisait partie du barça 2006 et son trio magique(ronnie-deco-eto'o), a gagné 2ldc et aurait du gagner un euro...
Bref un grand joueur qui restera le 2ème plus grand 10 portugais et un des top 10 des joueurs de la sélection, pas mal pour un brésilien!
sparthorus Niveau : DHR
O Magico tout simplement... Je citerai Dieu tout-puissant (le président de Porto): "Deco est une légende du FC Porto"
Merci tout simplement...
Ce doux fouetté de balle et sa gueule sympa, sa fraternité caché avec Dimitri Yachvili, cette décontraction du mec propre, les grands de mon adolescence s'en vont tous depuis 2 ans, une belle brochette de héros qui file, une page qui se tourne, ca fait quelque chose et encore plus quand c'est des mecs comme ca, des élégants, des mecs pourris de classe, j'ose a peine imaginer le jour ou Pirlo va tirer sa révérence...
Un joueur de foot un vrai comme il y en avait a une certaine époque pourtant pas si lointaine mais qui me semble être bien révolu.
Pas une de ses pseudo divas plus préoccupées par leur look (combo crête tatoo et gel...) que par le jeu.
Merci a toi de m avoir tant fait rêver et pour ce que tu as apporte au grand Porto.
prolhiverpoule Niveau : District
Un putain de joueur ce deco ,un pilier du porto de 2004 et du barca de 2006 . Dommage qu'il ce soit un peu perdu en allant a chelsea (on l'aurait bien acceuilli du cote d'anfield)
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