Obraniak, le Messie bordelais

Les Girondins ont bouclé leur mercato en faisant signer ce jeudi Ludovic Obraniak. Un type qui en a dans la godasse, sous le pull et dans la tête, et qui pourrait métamorphoser le collectif bordelais. Si c’est pas le sauveur, du côté du Haillan, ça y ressemble. Ambiance.

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C’est un jeudi comme les autres sur la plaine des sports du Haillan. Ou presque. Car, en dépit du brouillard épais qui lèche les bonnets marine du staff technique, l’atmosphère matinale est légèrement différente de celle qui flotte sur les autres jours traditionnellement dédiés aux conférences de presse d’avant-matches. Aujourd’hui, il y a deux séances : une le matin pour l’effectif et les journalistes, et une l’aprem pour les dirigeants et toujours les journalistes. Motif ? La présentation du deuxième cadeau de Noël, au pied du sapin bordelais. Après Mariano le Brésilien, c’est Obraniak le « Polonais » qui est officiellement intronisé dans le club phare du Sud-Ouest. Une aubaine avant de recevoir Valenciennes, samedi à Chaban-Delmas (21h00). Emmitouflé dans une doudoune de circonstance, l’ancien Lillois, soumis à la visite médicale dès le matin s’est, à 27 ans, s’est engagé pour trois ans et demi.

Verre de l'amitié

Look moins frileux, il entre sur les coups des 15h00 dans le salounge du château pour présentation, marinière discrète dissimulée sous un sweat estampillé «  33/Girondins de Bordeaux » . Ça ne s’invente pas. Décontracté, propre sur lui, on le dirait tout droit sorti d’une pub Jean-Paul Gautier. Propre sur lui, il est encadré par deux gardes du corps : Jean-Louis Triaud et Francis Gillot. A Bordeaux, on sait recevoir. C’est classe. L’attachée de presse sert même le verre de l’amitié dans la pièce d’à côté. Classe, toujours. Merci. A Bordeaux, on aime la polyvalence. D’ailleurs, Ludobraniak, il jouera à droite, comme à Lille… ou à gauche, c’est selon, foi de Gillot ! Quoi qu’il en soit, R.I.P. Fahid.

Sur l’estrade, il est assis côté gauche, propre sur lui, juste à côté du président qui, comme d’habitude, ouvre le show. « C’est sans surprise que l’on vous présente la recrue souhaitée par l’entraîneur, et beaucoup de monde ici. La stratégie est simple : Ludovic vient pour équilibrer les côtés droit et gauche de l’équipe. Il fallait faire le plus vite possible, et la négociation a été bonne avec Lille » . A Bordeaux, on sait introduire.
A l’aise, l’ancien Messin, qui devrait être qualifié pour affronter V.A. répond avec zénitude aux questions gentilles de l’assistance. Mais au fait, le coup était-il prémédité depuis longtemps ? «  Ça faisait un moment que les dirigeants bordelais étaient entrés en contact avec mon représentant, et l’idée a fait son chemin, car un club comme Bordeaux s’intéresse à vous, forcément, ça fait réfléchir, indique-t-il, avant précision. Par rapport à ma situation à Lille (ou il n’était que remplaçant, ndlr), c’est un choix qui m’a paru assez rapidement clair, donc, c’est fait et je suis très heureux de retrouver un nouveau projet, de nouvelles sensations et de nouveaux coéquipiers… J’ai vraiment hâte de commencer » .

Numéro 4

Après six saisons passées dans le Nord, le milieu de terrain, bien que titré à plusieurs reprises, se sentait arrivé au «  bout du chemin » . Aujourd’hui, Bordeaux lui propose un «  beau tournant » dans son évolution, ainsi qu’une possibilité de rebondir et de poursuivre ses objectifs. « Mon intégration est l’élément primordial à gérer dans les prochains jours, explique-t-il d’abord. Après, il y aura les objectifs collectifs, puis plus personnels, avec le Championnat d’Europe des Nations dans six mois. C’est l’objectif prioritaire et j’entends le préparer au mieux » . En résumé, Bordeaux est le tremplin idéal pour se refaire une santé et se relancer ; pour lui, une « évidence » , même. Ainsi, les Girondins possèdent leurs deux recrues demandées. Les deux dernières de leur mercato, aussi. « Chapitre clos ! » , comme dirait J.L.T. Mais Obraniak + Mariano, côté droit, pourrait être égal à efficacité retrouvée. Parce que le duo Ben Khalfallah-Chalmé, bien que séduisant sur papier, n’a pas convaincu. Moins, d’ailleurs, que la paire Saivet-Sané…

Alors, l’évidence, elle est peut-être là, aussi, pour l’entraîneur qui sait que si les derniers arrivés ne sont ni totalement prêts physiquement, ni encore complètement qualifiés pour jouer face à Valenciennes, ils pourraient parvenir à raviver la flamme d’une aile droite mise sous éteignoir. Et qu’en pense-t-il, le Père Gillot ? « Ludovic, c’est l’efficacité… C’est un joueur capable avec son pied gauche de faire marquer des buts, d’en marquer, confie-t-il. Il en a mis de très importants, il a l’expérience, et c’est un garçon que je connais depuis longtemps… Chez les jeunes, ce qui me plaisait, c’était son agressivité. Il va donner du peps à l’équipe, et je pense qu’on en a besoin » . Et comme la recrue n’est pas stupide, la pioche risque d’être bonne. « Les joueurs intelligents, ils peuvent jouer partout » , affirme un coach heureux d’alterner entre 4-3-3 et 4-4-2. Et Ludo, lui, il jouera avec le 4, son nouveau numéro. Pourquoi ? « Parce que mon idole, c’est Florent Blamont ! » . Et en plus, il a de l’humour…

Par Laurent Brun, à Bordeaux
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