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Obraniak : « J’ai toujours essayé de faire semblant d’être polonais »

Après avoir résilié son contrat au Maccabi Haïfa cet été et vécu deux mois sans club, Ludovic Obraniak a posé ses valises à l’AJ Auxerre – qui galère en fond de tableau de Ligue 2 – début novembre. Seconde partie d’un entretien fleuve à propos de ses sélections avec la Pologne, le pays de son grand-père, et tout ce qui en a découlé.

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Pour obtenir la naturalisation polonaise, ça a été le parcours du combattant. Finalement, ça s’est concrétisé grâce à un journaliste polonais. Sans lui, que se serait-il passé ?
J’avais dans l’idée d’arrêter les démarches et lui m’a toujours poussé pour les faire. Il avait une certaine influence là-bas. Il a milité pour que ça se passe. Ça a été latent pendant deux ans, et puis quand j’ai été contacté directement par la Fédération polonaise, là c’était réglé une semaine plus tard.

Tu avais eu l’occasion d’aller en Pologne durant ton enfance ?
Non, jamais. Ça a sauté une génération chez moi. Le père de mon père est arrivé du côté de Metz. Il est mort très jeune, il n’a pas pu transmettre la langue à mon père. Donc mon père non plus. Certes, on avait un peu de famille là-bas, mais avec laquelle on n’avait aucun contact. Je savais qu’on était d’origine polonaise, mais on ne parlait jamais polonais à la maison.

Qu’est-ce qui t’a marqué dans ce pays au fil de tes sélections ?
« En 2012, on organise l’Euro et on ne fait pas ce qu’il faut. Pourtant, on a presque été célébrés en héros le lendemain. Ils ne nous en ont jamais voulu. Ça m’a épaté. »
C’est pas si différent. C’est la culture de l’Est. Des gens rigoureux, travailleurs. Qui ont une certaine méfiance. Qui paraissent un peu froids au premier abord, mais qui sont très chauds intérieurement. J’ai rarement vu un public comme celui de la sélection. Il y a eu des déceptions terribles, et malgré tout, ils ont toujours été là, ils nous ont toujours soutenus partout où on allait. Ce sont des passionnés de football, avec aussi une certaine tolérance par rapport à nos résultats. Pour moi, c’était surprenant : 2012, on organise l’Euro et on ne fait pas ce qu’il faut. Pourtant, on a presque été célébrés en héros le lendemain. Ils ne nous en ont jamais voulu. Ça m’a épaté.

La saison dernière, tous les internationaux français rêvaient de l’Euro 2016 parce qu’une grande compétition en France, ça n’arrive qu’une fois dans une carrière de joueur. Toi aussi, quatre ans plus tôt, tu as vécu un Euro à domicile...
Je me souviendrai toute ma vie du premier match, quand on entre dans le stade contre la Grèce (1-1 au stade national de Varsovie, ndlr). Un moment fort émotionnellement. J’étais titulaire. L’ambiance, c’était : « Whaoh ! » Après, quand tu arrives dans la sélection et que tu ne parles pas la langue de la sélection... Je me sentais piégé. Tout le temps. Je savais que j’avais du retard. Les gens me demandaient de me sentir polonais. C’est un processus qui devait prendre du temps. Je sentais que c’était très important pour eux que je parle polonais, et je peux totalement le comprendre, mais je n’arrivais pas à le parler. Alors, j’ai toujours essayé de faire semblant d’être polonais.

C'était comme enfiler un costume, pour toi ?
Quelque part, oui. Et ensuite, comme j’ai vu que ça ne prenait pas, je me suis un peu renfermé... J’étais piégé. Je ne savais plus comment me comporter.
« J'étais proche de Grzegorz Krychowiak parce qu’il parle français, et quand j’étais avec lui, je me sentais plus en sécurité (...) C’est le premier réflexe quand tu te sens acculé. C’est un peu le principe du communautarisme. J’aurais peut-être dû être plus ouvert avec les autres. »
Dans l’équipe, je ne participais pas socialement à cause de la barrière de la langue. J’étais proche de Grzegorz (Krychowiak) parce qu’il parle français, et quand j’étais avec lui, je me sentais plus en sécurité. J’étais avec (Eugen) Polański, (Sebastian) Boenisch qui étaient naturalisés allemands. J’étais avec ceux qui étaient un peu dans la même posture que moi. C’est le premier réflexe quand tu te sens acculé. C’est un peu le principe du communautarisme. Je me suis peut-être trompé, j’aurais peut-être dû être plus ouvert avec les autres. Ça commençait justement à bien prendre avec Nawałka (le sélectionneur de la Pologne depuis 2013, ndlr), mais ça s’est arrêté pour moi parce qu’il y a eu cet épisode au Werder où je suis resté un an sans jouer. Et j’ai raté le train en marche.

Comment as-tu vécu la montée en puissance de la Pologne de l’extérieur ? Cet été, tu étais content, forcément, mais dans un coin de tête, tu te ne disais pas : « Merde, j’y suis pas » ?
J’étais content pour eux. Parce que les quatre, cinq années d’avant, je peux te dire qu’on a mangé notre pain noir en sélection. Le fait de voir que l’alchimie avait pris entre les jeunes, les vieux... (Il marque une pause) Ouais, j’avais envie d’y être. Et puis, ça aurait pu être mon dernier tournoi. Finir en France avec l’équipe de Pologne, ça aurait été un beau clin d’œil. J’étais très content pour eux, mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser : « À peu de choses près... » La sélection, je n’en garde quasiment que des bons souvenirs. Le fait de représenter une nation – même si culturellement je n’étais pas proche de cette nation-là –, ce challenge a été l’une des plus belles expériences. Mais finalement, c’est une expérience qui ne tient qu’au football.

Avant de signer à l’AJ Auxerre début novembre, tu as passé quelques semaines sans club. Tu étais inquiet concernant ton futur ?
Non, parce que j’ai toujours eu la foi.
« Je m’attendais à trouver un club en Ligue 1 assez facilement. »
Bien sûr, tu vois les jours défiler et tu te dis que plus le temps passe, moins tu es en position de force. Mais je savais très bien qu’en arrivant sur le marché fin août, je ne trouverais pas tout de suite. Je m’attendais à trouver un club en Ligue 1 assez facilement, c’est surtout de ce point de vue-là que j’ai été surpris.


Tu penses qu’on t’oublie quand tu pars à l’étranger ?
Non, des fois, ce sont aussi les conséquences du marché. Beaucoup de clubs ont des effectifs très lourds, ils n’arrivent pas à vendre des joueurs et ils ne peuvent pas en acheter d’autres. Ma priorité était de partir aux États-Unis. J’avais pris un agent réputé là-bas pour justement aller en MLS. Ma femme a vécu longtemps aux États-Unis, on avait décidé de faire un bout de chemin là-bas. Donc, j’étais dans l’attente. Le problème, c’est que le timing ne correspondait pas, parce qu’en ce moment, ce sont les play-offs – les clubs s’activent en décembre. Je ne pouvais pas attendre plus parce que mine de rien, l’envie de retourner au combat était présente. La MLS, c’est un championnat en pleine mutation. Tu te dis : « J’ai envie d’y être. » Comme le Japon. J’adorerais aller au Japon ou en Corée, pour découvrir d’autres personnes, une nouvelle culture, me dire : « J’ai joué au Japon ! » Même si ça me fait du bien d’être là. Me retourner sur ma carrière et me dire : « J’ai joué là et j’ai rencontré ces personnes » , c’est ce qui me fait me sentir bien.

Ça t’a apporté quoi de vivre à l’étranger.
« J’ai vécu dans un pays musulman et un pays juif. C’est pas une mauvaise chose, parce qu’on vit dans un monde avec beaucoup de clichés. Être au contact des gens, ce n’est pas pareil que lire les journaux tranquille dans son fauteuil. »
Tu apprends différentes cultures. La tolérance, aussi. J’ai vécu dans un pays musulman et un pays juif. C’est pas une mauvaise chose, parce qu’on vit dans un monde avec beaucoup de clichés. Être au contact des gens, ce n’est pas pareil que lire les journaux tranquille dans son fauteuil. Humainement, ça m’a enrichi sur beaucoup de points. Avec ma femme, on a été confrontés à nous-mêmes. Et puis, je suis un boulimique de découvertes. Je suis chrétien, j’ai pu visiter Jérusalem. Je suis allé à Pétra, en Jordanie. Des choses que je n’aurais jamais faites en restant ici. Ça a été enrichissant à la fois humainement et sportivement.

Mais tu reviens en France...
Ma fille arrive en CP l’année prochaine. Ma femme, ça fait une dizaine d’années qu’elle met sa vie professionnelle entre parenthèses, elle a aussi envie de faire des choses. J’ai fait des choix égoïstes. Cette fois, j’ai pris en compte que j’avais une famille qui était obligée de porter le poids de mes décisions, pour satisfaire tout le monde.

Propos recueillis par Florian Lefèvre, à Auxerre
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