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Obraniak : « Claude Puel a fait de moi un homme »

Après avoir résilié son contrat cet été au Maccabi Haïfa et vécu deux mois sans club, Ludovic Obraniak (trente-deux ans) a posé ses valises à l’AJ Auxerre – qui galère en fond de tableau de Ligue 2 – début novembre. Première partie d’un entretien fleuve à propos de sa jeunesse à Metz, les années fastes au LOSC et les deux figures qui ont marqué son parcours : Jean Fernandez et Claude Puel.

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Tu as été formé à Metz dans les années 90, à l’époque de la grande équipe messine. Quels souvenirs en gardes-tu ?
Mon premier match à Saint-Symphorien, il y avait Bernard Lama, Philippe Hinschberger. Puis, il y a eu les PP flingueurs – Pouget, Pirès. Ils étaient médiatisés, donc nous, les jeunes du centre, on s’identifiait à eux. L’équipe de rêve, c’était 98. Mes idoles ? Alors OK, il y avait Stoichkov, Cantona... Mais si je dois dire mes vrais idoles, ce sont Kastendeuch, Fred Meyrieu et Robert Pirès.

Tes grands-parents ont été très présents dans ton parcours. Explique-nous...
« Mes premiers foots, c’était avec ma grand-mère, soixante ans, elle faisait le gardien. »
Par beau ou mauvais temps, ils me suivaient en tournoi. Mes grand-parents sont des passionnés de football. Mes premiers foots, c’était avec ma grand-mère, soixante ans, elle faisait le gardien. Elle est aussi nostalgique de ces moments-là. Je vivais dans un quartier de la banlieue messine, à Vallières. Quatre, cinq HLM alignés les uns à côté des autres. Dès qu’on descendait en bas, il y avait un ballon. On se faisait des cages avec des entrées de garage.

Même si tu habitais à côté du club, tu as décidé d’être interne au centre de formation. Pourquoi ?
Pour avoir ce cadre, cette éducation, cette droiture. Je savais déjà qu’on était confrontés aux sollicitations extérieures et j’avais compris qu’en ayant un chez-moi avec les potes et tout ça, je serais plus tenté de m’écarter du droit chemin. À Metz, fallait être bon à l’école si on voulait accéder au niveau supérieur. D’ailleurs, si je n’avais pas eu mon bac, je n’aurais pas pu passer dans le groupe pro.


Tu l’as eu facilement ?
Non, très difficilement. J’ai eu le bac ES avec 70 points de retard ! Et je ne dirais pas comment ça s’est passé au rattrapage, sinon on pourrait croire qu’on me l’a donné. (Rires)

Au cours de tes interviews, tu reviens souvent sur le « contrôle passe moving » cher à Jean Fernandez, ton premier coach à Metz. Il représente quoi, pour toi, Jean Fernandez ?
« Jean Fernandez, c’est quelqu’un qui m’a bouleversé. Quand j’ai vu l’intensité de sa passion, sa ferveur... Lors de son premier discours, je me suis dit : "C’est quoi ce fou !" »
Quand je le revois, je me remets toujours dans la position du jeune adolescent que j’étais quand je l’ai rencontré. C’est quelqu’un qui m’a bouleversé. Quand j’ai vu l’intensité de sa passion, sa ferveur... Lors de son premier discours, je me suis dit : « C’est quoi ce fou ! » On était en stage en Allemagne. Il faisait une chaleur... Mais il portait une parka. Le FC Metz venait de descendre (en 2002, ndlr), il avait une mission : faire remonter le club. Il nous a fait un meeting pendant deux heures, il faisait des allers-retours, il transpirait ! Et ça nous a pris aux tripes ! On est sortis de là interloqués, même les anciens. En même temps séduits et... bouleversés, c’est le mot. Je n’avais encore jamais vu autant d’intensité, de ténacité et de charisme. De mon point de vue, il n’y a plus d’entraîneur comme lui aujourd’hui.

C’est-à-dire ?
Les clubs, aujourd’hui, ce qu’ils attendent, c’est du chiffre. Les entraîneurs doivent tellement se concentrer sur les résultats qu’ils ne peuvent plus se dire : « Tiens, ce jeune-là, je vais prendre un peu de temps avec, je vais le former. » Moi, j’ai eu Jean Fernandez et Claude Puel, je ne pouvais pas avoir meilleure école.

Sur YouTube, on peut retomber sur une vidéo d’un entraînement avec Metz où Grégory Wimbée te met un sacré coup de pression en t’attrapant à la gorge à la fin d’un entraînement, parce que tu lui avais sèchement répondu... Tu t’en souviens ?
C’était pas un coup de pression. Avec Greg’, on s’entendait très bien, mais à ce moment-là, à Metz, on était embourbés dans une situation terrible. Je lui ai mal répondu, il m’a simplement remis à ma place. Et moi, je me suis laissé faire parce qu’au moment où il m’a attrapé, j’ai compris pourquoi il m’attrapait. Ça a été une bonne leçon pour moi. Maintenant, ce genre d’explications, ça ne se fait plus trop sur le terrain. Ça se fait en interne. T’attends de rentrer dans le vestiaire, le jeune, il prend une tarte dans la gueule, personne ne le sait et c’est très bien comme ça.

Vidéo

Quand Claude Puel t’a contacté, Metz t’a laissé partir facilement ?
Avec Metz, on faisait une super saison en Ligue 2. On avait une dizaine de points d’avance sur le quatrième.
« Le président Molinari, je le considère presque comme un père, rien que le fait qu’on puisse négocier ensemble, pour moi, c’était déjà un honneur. »
À la trêve, je reçois un coup de fil de Claude Puel. Bodmer, Keita, Odemwingie, Makoun... c’était la grosse équipe de Lille qui était qualifiée en huitièmes de finale de Ligue des champions contre Manchester United. Moi, j’ai tout de suite dit oui. Après, le président (Carlo) Molinari est un fin négociateur, donc il a fallu le convaincre, le patriarche. Le président Molinari, je le considère presque comme un père, rien que le fait qu’on puisse négocier ensemble, pour moi, c’était déjà un honneur. Je savais que je n’allais peut-être plus jamais avoir l’occasion d’évoluer à un tel niveau en Ligue des champions, lui a compris ma démarche. Il a essayé de me retenir, mais il a vu que c’était vain.


Qu’est-ce qui t’a plus chez Claude Puel ?
Cette rigueur, cette exigence. Et puis, il n’était pas avare en conseils. Autant Metz m’a construit, Jean Fernandez m’a formé, autant Claude Puel a fait de moi un homme. Il te transmet sa passion, son énergie, que d’autres ne peuvent pas te transmettre. Quand on faisait du physique, il s’entraînait avec nous et il était devant nous ! Si tu veux, pour nous les jeunes, il nous foutait presque la honte. Il nous lançait : « Regardez, moi, j’ai plus de quarante ans (même quarante-six ans en 2007, ndlr), je suis devant vous, vous trouvez ça normal ?! » Ça nous poussait à nous dépasser. J’aimais son calme, son recul dans l’analyse. Il pouvait te prendre à part, c’était toujours dans la justesse. Preuves à l’appui, il te mettait face à tes responsabilités, mais pas toujours devant tout le monde. Ce n’était pas le genre de personne à te mettre mal à l’aise devant tout le monde.



En 2008, Rudi Garcia prend le relais. Les années qui suivent sont les plus belles de ta carrière, non ?
Les meilleures années, je sais pas. On a récolté ce qu’on a semé avec le doublé coupe-championnat 2011. Tout a pris un sens à ce moment-là. Bien sûr, tu te lèves tous les matins, quel plaisir de faire ce métier. Mais le plaisir, au fil des années, il se transforme. C’est ton job, quand même. Tu es là pour répondre à des exigences, des objectifs. Plus tu montes et plus on te demande une exigence intransigeante. Des fois... Tu ne sais plus si tu es dans ton job ou dans le côté plaisir, ça s’effiloche. Et c’est vrai que cette année-là, on n'était que dans le plaisir ! Après, on a péché en Ligue des champions et on n’a pas su garder l’ossature et perpétuer ça sur cinq, six, sept ans, comme Lyon a pu le faire. Montpellier, Bordeaux le savent, remporter un titre, c’est très difficile à gérer.

Est-ce que Rudi Garcia t’a poussé dehors ?
« Déjà, quand tu es en concurrence avec Dimitri Payet, c’est pas simple, alors quand on te rajoute Joe Cole sur le dos... Tu te dis : "Bon, il n’y en a pas encore un ?!" »
Je ne dirais pas qu’il m’a poussé dehors, mais il a fait en sorte que moi, je prenne la décision de partir. J’étais déjà en concurrence avec Dimitri Payet, et le dernier jour du mercato (été 2011, ndlr), il recrute Joe Cole ! Il ne prévient pas et on est trois pour une place sur le côté droit. J’étais furax. J’ai été lui dire que c’était pas correct parce que, du coup, moi je ne pouvais pas me retourner. Déjà, quand tu es en concurrence avec Dimitri Payet, c’est pas simple, alors quand on te rajoute Joe Cole sur le dos... Tu te dis : « Bon, il n’y en a pas encore un ?! » (Rires) J’ai joué quelques matchs, et comme j’étais à un âge où il fallait vraiment que je joue (vingt-six ans), j’ai décidé de partir à Bordeaux au mercato d’hiver.


Le soir du titre avec Lille...
(Il coupe.) C’est le soir où m’a fille est née. À la dernière journée (LOSC - Rennes, 3-2). Je soulève le trophée à 23h et des poussières et je suis papa à cinq heures du matin. Les deux choses que j’ai rêvées le plus dans ma vie professionnelle et privée arrivent la même nuit. L’après-midi, ma femme entre à la maternité. Donc, moi, je quitte le rassemblement à l’hôtel parce qu’on était au vert. Mais je dis quand même au coach : « Attendez, je vous rappelle pour savoir si je reviens ou pas. » J’arrive là-bas. Ça n'avançait pas comme on aurait voulu. 17h30. Moi, dans ma tête, je me disais, par pêché de gourmandise : « Y a peut-être moyen de faire les deux. » Mais j’ai vu dans le regard de ma femme que NON, c’était pas possible. J’ai attendu, j’ai attendu. J’ai dit au coach que finalement, je ne venais pas. 21h, le match commence. Et à vingt minutes de la fin du match, j’étais en train de boire un café et l’une des sages-femmes vient me voir en aparté et me dit : « Si vous voulez y aller, c’est maintenant. Vous inquiétez pas, je vais négocier avec votre femme. » Et là, je reviens dans la chambre et ma femme me regarde avec des yeux noirs : «  Vas-y, va chercher ta putain de coupe et dépêche-toi ! » (Rires)


Et tu as réussi à arriver avant la fin du match ?
Pile au coup de sifflet final. C’était Villeneuve d'Ascq, je suis rentré sur le côté en disant : « Ouvrez les portes du stade ! » J’ai juste eu le temps d’enfiler le T-shirt, de soulever la coupe, de faire le tour d’honneur. À une heure, je suis rentré à la maternité et ma petite fille arrivait à cinq heures du matin. Je l’ai toujours rêvé, mais je ne pensais pas qu’un jour, je puisse dire : « Je suis champion de France. » Donc être papa et être champion de France la même nuit, c’est un sacré cadeau.

Propos recueillis par Florian Lefèvre, à Auxerre
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