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Obbadi, ce grand Mounir

30 ans et toutes ses dents de lait. Titulaire en puissance au sein de l’impressionnante escouade de l’AS Monaco, Mounir Obbadi est plutôt du genre trentaine rugissante. Après des années passées à l’échelon inférieur avec Angers et Troyes, le milieu de terrain formé au Paris Saint-Germain est l’homme de base de Claudio Ranieri. Un pari réussi.

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C’est l’histoire d’un coup de foudre qui n’aurait jamais dû avoir lieu. Claudio appartient à la bourgeoisie du football. Celle née à Rome, habituée aux mondanités de la Juventus, de Valence, de Chelsea ou encore de l’Inter Milan. Mounir, lui, est un gosse des Yvelines. Comme beaucoup de surdoués du football en Île-de-France, il fréquente le centre de formation du Paris Saint-Germain sans jamais voir la couleur du maillot de l’équipe fanion. Ouvrier du football, Obbadi va profiter des rares bals où se mêlent aristocrates et besogneux du ballon rond pour taper dans l’œil de Ranieri. Le calendrier indique la date du 30 octobre 2012, le Troyes de Mounir, alors en Ligue 1, affronte l’AS Monaco de Claudio, pas à sa place en Ligue 2. Le Franco-Marocain entre à la 57e minute de jeu et le coach adverse tombe sous son charme. L'Italien va alors va faire des pieds et des mains pour que le pensionnaire de l’élite quitte l’Aube pour le Rocher. S’ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ? Pas exactement. Mais presque.

Reculer pour mieux sauter

L’avantage, quand on s’appelle Claudio Ranieri et que l’on est à la tête d’une machine de guerre destinée à faire régner la terreur en Ligue 1, c’est que demander à ses dirigeants de recruter Mounir Obbadi est l’équivalent de demander un sucre avec son café. Si le président de l’AS Monaco n’a pas tardé à lever les fonds nécessaires à la venue du Troyen, la balle était plutôt dans le camp du joueur. Adepte du « reculer pour mieux sauter » , le pensionnaire de l’élite n’hésite pas vraiment au moment de quitter une équipe qui joue le maintien pour en rejoindre une qui joue la montée. La fameuse « différence de stature » , la fameuse «  offre qui ne se refuse pas » . Il faut dire que le projet monégasque est séduisant. Mounir sait bien qu’il ne va pas s’éterniser dans l’antichambre du football français. Et Claudio l’aime. Il ne lui a pas menti. Arrivé en janvier en terres monégasques, Obbadi est titularisé seize fois en dix-sept rencontres et est un grand artisan de la grosse deuxième partie de saison de l’ASM. La montée acquise, Obbadi voit son ancien club, Troyes, faire le chemin inverse. À 30 piges, l’ancien joueur d’Angers a réussi la moitié de son pari. La partie la plus simple.

Mariage pour tous

Un grand club, Mounir en a déjà fréquenté un de 2001 à 2004. Né à Meulan, dans les Yvelines, Obbadi passe trois ans au centre de formation du Paris Saint-Germain. Un PSG qu’il retrouvera cette année, dans l’élite, avec le statut d’outsider le plus sérieux. Mais que va-t-il advenir du chouchou de Ranieri en 2013-2014 ? Ambitieux, le président de l’AS Monaco fait des folies sur le marché des transferts. Toulalan, Kondogbia ou encore Moutinho viennent garnir le milieu de terrain de l’AS Monaco. Pas de quoi entamer la saison en toute sérénité, même quand on est dans les petits papiers du coach. Mais Mounir est beaucoup plus fort que les millions et les arrivées. L’homme de base de l’AS Monaco, c’est lui. Et ça se voit. Sur le plan statistique d’abord où, avec douze titularisations en treize matchs joués, Obbadi, 1103 minutes de jeu cette saison, est le milieu de terrain le plus utilisé par Ranieri (le cinquième joueur au total, après Subašić, Abidal, Carvalho et Falcao). « Je ne vais pas vous mentir, j’ai beaucoup joué depuis le début de saison, je ne m’y attendais pas mais j’ai toujours cru en moi. Je me suis dit en début de saison que je n’avais rien à perdre » , avouait tranquillement l’intéressé à L’Équipe. Sur le terrain, cela se voit également. Dans l’entrejeu, Obbadi scintille grâce à sa qualité de passe et à sa frappe de balle qui a déjà fait mouche deux fois cette saison. Stakhanoviste parmi les étoiles, Mounir n’est pas forcément à sa place au milieu de la galaxie de stars monégasques. C’est peut-être pour ça qu’il est celui qui parle le plus à la presse et se prête le plus au jeu quand il s’agit de s'exprimer devant les micros. Homme important du vestiaire du club de la Principauté, Mounir est sans complexe. S’il faut gueuler sur le terrain, il le fera. De toute façon, il est en bonne position pour le faire : Obbadi est un fou du foot. Le genre de type qui connaît tous les effectifs de Ligue 1 par cœur, sans forcément avoir saigné Football Manager. À Monaco, depuis le 30 octobre, on est en faveur du mariage pour tous.

Par Swann Borsellino
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Comme quoi faut jamais lacher. Kerp it up
"A Monaco, depuis le 30 octobre, on est en faveur du mariage pour tous."
qqun peut-il m'éclairer? J'ai pas saisi...
"A Monaco, depuis le 30 octobre, on est en faveur du mariage pour tous."
qqun peut-il m'éclairer? J'ai pas saisi...
Entre un mec de 30 ans qui a pas explosé et un club avec un grand "projet". C'est ni Falcao ni Toulalan quoi.
Déso je vais faire mon relou de la langue française, mais 1) Swann lit les coms et 2) fait partie des meilleurs redacteurs du site (avec Eric) donc je me permets le pinaillage. Je l'ai vu y a quelque jours mais j'avais pas réagi:

"en puissance", ça dérive de "pouvoir" (le verbe), on pourrait dire "en potentiel" aussi mais l'expression n'existe pas.

Un "titulaire en puissance" c'est un mec "qui a le potentiel d'être titulaire" ou qui "peut devenir titulaire" mais ne l'est pas encore.
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