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Nuno Da Costa : « Ronaldo, disons que je l’ai croisé »

Il est né au Cap-Vert, a passé une partie de son enfance à Lisbonne, s’est construit une petite réputation de buteur à Aubagne, a suivi des études à la fac de Marseille et est passé pro à Valenciennes, à vingt-cinq ans. Plus les années passent et plus Nuno Da Costa, le meilleur réalisateur de son club, remonte vers le nord.

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Sur votre fiche Wikipedia, il est écrit que vous avez côtoyé Cristiano Ronaldo, au Sporting Portugal...
Ouais... Disons que je l’ai croisé. Il a six ans de plus que moi. On ne se fréquentait pas. J’avais douze ans à l’époque. Je ne pensais pas qu’il deviendrait le joueur qu’il est aujourd’hui. Et puis, je ne suis resté qu’un an au Sporting, de douze à treize ans, puisque mes parents ont ensuite décidé de s’installer en France.

C’était déjà votre deuxième déménagement, après celui qui vous avait vu quitter votre Cap-Vert natal...
« Je suis né à Praia, mais quand j’avais deux ans, avec ma mère, alors étudiante, et mon beau-père, maçon, nous sommes venus au Portugal. Ils voulaient une vie meilleure. »
Exactement. Je suis né à Praia, mais quand j’avais deux ans, avec ma mère, alors étudiante, et mon beau-père, maçon, nous sommes venus au Portugal. Ils voulaient une vie meilleure. Moi, j’ai encore des souvenirs de cette partie de l’enfance à côté de Lisbonne. Une enfance heureuse. Plutôt classe moyenne. Je jouais beaucoup au foot et je suivais ma scolarité, normalement. Je dis que je jouais beaucoup, car pendant les vacances, je ne faisais que ça. J’avais aussi pris une licence dans le club de la commune où je vivais, près de Lisbonne, l’Uniao Merces. À cette époque, je jouais ailier droit. Puis je suis parti au Sporting.

L’adaptation à la vie française s’est-elle faite facilement ?
Globalement, oui. J’ai d’abord appris la langue, car je ne parlais pas le français. Et j’ai continué à jouer au foot, dans des clubs autour d’Aubagne. Je franchissais les paliers. Je ne savais pas exactement si je voulais devenir pro, mais en tout cas, je bossais. J’ai rejoint le club d’Aubagne quand il était en Division d’Honneur. Je me suis cassé la jambe la première année, mais on est montés en CFA 2. Je faisais mes saisons, en jouant plutôt sur le côté. Je marquais six-sept buts, je faisais quelques passes décisives. Et puis, la dernière année, j’ai inscrit quatorze buts, fait six passes décisives. En plus du foot, je faisais des études de langues étrangères à la fac de Marseille. On m’a proposé des essais et je suis allé à Dijon, à Évian Thonon Gaillard, au FC Eindhoven, mais je n’avais pas reçu de réponses positives. Puis un agent m’a proposé de faire un test à Valenciennes, et j’y ai passé une semaine. Après quoi on m’a proposé un contrat amateur.

Il paraît que vous gagniez plus à Aubagne qu’à Valenciennes, où on vous payait 800 € par mois ?
C’est vrai. Mais je n’ai pas hésité. Je préférais jouer en Ligue 2, avoir la possibilité de signer pro à court terme en faisant de bonnes performances plutôt que de gagner plus d’argent en restant en CFA 2. Il faut être logique et savoir faire des sacrifices. D’ailleurs, j’ai eu raison, car en mars dernier, j’ai signé pro pour trois ans. Comme je marquais pas mal de buts et que les dirigeants avaient entendu dire que des clubs s’intéressaient à moi, ils m’ont proposé un contrat. Et puis, je n’avais pas spécialement envie de partir. Je voulais rester à Valenciennes, le club qui m’a tendu la main et m’a donné ma chance. Je suis bien ici. Je me suis adapté sans problème à la ville, au club. C’était un peu dur au début, notamment physiquement. Le rythme n’est pas le même qu’en CFA 2, mais franchement, cela n’a pas été si difficile que ça. Et en plus, avec le coach Faruk Hadžibegić, je joue à mon poste de prédilection, en pointe.

La Ligue 1, c’est peut-être pour bientôt...
J’aimerais la connaître avec Valenciennes... Oui, bien sûr, c’est un objectif. Je veux progresser, franchir des paliers, mais en ne faisant pas n’importe quoi. Si je devais quitter Valenciennes, ce serait pour aller dans un club où j’aurai plus de chances d’avoir du temps de jeu.

Vous avez été appelé en sélection du Cap-Vert, en juin, pour une victoire à Sao Tomé-et-Principe (2-1), en qualifications pour la CAN 2017. Et vous aviez inscrit votre premier but pour les Requins bleus...
Oui, et cela m’avait permis de revenir au Cap-Vert. J’y ai encore de la famille, une arrière-grand-mère, une tante... En ce moment, ça ne va pas très fort pour la sélection. On ne fera pas la CAN, on a perdu les deux premiers matchs en qualifications pour la Coupe du monde. Je n’ai pas participé au match contre le Burkina Faso (0-2). J’étais fatigué, j’avais demandé à être mis au repos...

Propos recueillis par Alexis Billebault
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Super interview, mais on reste un peu sur notre faim. Le mec a l'air d'avoir un cerveau bien en place...bon courage à lui. Le genre d'articles qui te font kiffer sofoot quoi!
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