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  1. // France – Ligue 1 – 17e journée – Rennes/Montpellier

Ntep, dans les entrailles de la bête

Il est la machine à buzz du moment en Ligue 1. Corrigée la nonchalance, balayée l'irrégularité, Paul-Georges Ntep n'en finit plus d'enchaîner les grosses performances et de se montrer décisif. Si tout le monde s'accorde à louer son talent balle au pied, son attitude et son état d'esprit sont encore source de débats pour les observateurs. Pour ceux qui l'ont connu dans son ancien club d'Auxerre en tout cas, pas de doutes : c'est d'un gamin facétieux et attachant dont il est question ici.

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Il faut le voir à l'issue des dernières performances du Stade rennais, le sourire jusqu'aux oreilles, mener le clapping face au RCK une fois le coup de sifflet final retenti. Il faut le lire aussi tweeter sa joie une fois rentré dans le vestiaire, comme par exemple samedi dernier à l'issue de la victoire à domicile face à Monaco (2-0) : « Encore une victoire. Encore une sacrée ambiance. Je suis là où il faut être ! Merci La Route de Lorient. » Paul-Georges Ntep est dans la recherche permanente d'affection. Comme lors d'une tendre relation adolescente, il multiplie les mamours. La technique fonctionne : l'exigeant public breton est totalement in love de son dynamiteur. Il n'en a pas toujours été ainsi. Nombreux étaient les sceptiques, encore jusqu'au début de l'automne, après certaines performances plus agaçantes que décisives d'un Ntep tantôt brouillon, donnant l'impression de vouloir dribbler la terre entière, y compris lui-même, tantôt nonchalant, rechignant à faire sa part de travail défensif. Il y avait matière à craindre que le garçon finisse façon Jonathan Pitroipa, ce qui n'est pas un compliment.

Mais les doutes ont été balayés par l'intéressé lui-même, à force de performances XXL qu'il enchaîne désormais sans quasiment aucun temps faible. En 14 apparitions cette saison en L1, dont 10 titularisations, Ntep a inscrit 5 buts et effectué 4 passes décisives, ce qui l'implique directement dans 61 % des buts rennais. Une statistique qui monte même de près de 10 points lors des 6 derniers matchs. De successeur de Pitroipa, il fait désormais penser au Wiltord des premières années : un fonceur fou-fou et rigolard, un hédoniste qui jouit du temps présent, s'amuse sur un terrain et profite de son talent au-dessus de la moyenne, quitte à ce que ce comportement alimente encore régulièrement la critique.

« Un peu branleur » et records de vitesse


Accusé d'être arrogant et mal élevé car chambreur, son cas peut faire débat. Il a été cristallisé autour de son but de vilain garnement, poussé de la tête contre Reims lors de la dernière journée de la saison dernière. Un geste de cour de récré qui a définitivement rangé les observateurs en deux camps : les lovers et les haters. Dans le premier se trouve le recruteur en chef du Stade rennais, Jean-Luc Buisine, interrogé récemment par France Football : « Il est un petit peu branleur sur le terrain. Mais j'adore ça... Je préfère ça à des béni-oui-oui... » . Mais qu'en dit-on du côté d'Auxerre, son ancien club ?

La voix la plus audible est forcément celle de Guy Roux, lequel ne manque jamais de complimenter la dernière pépite en date sortie de l'école de foot icaunaise. À l'antenne d'Europe 1, chez Les Spécialistes ou dans L'Équipe, il se montre sans réserve ou presque sur le talent du joueur ( « Il est plus rapide que Djibril Cissé. Il est dans les 4 meilleurs joueurs formés à l'AJA » ou encore «  Ntep, c'est un coup de rein, des cuisses et des nerfs. Une fois qu'il est passé, c'est adieu Berthe ! » ), comme sur ses qualités humaines ( « Il n'a pas un mauvais caractère, il a du caractère ! » , ou encore « C'est quelqu'un de très intelligent » ). Un point de vue que partage Raphaël Guerreiro (la version 1.0), ancien directeur du centre de formation d'Auxerre. Sur le joueur d'abord, il en dit ceci : « Ntep avait un potentiel athlétique énorme. Il avait battu tous les records de vitesse. Il était très tonique, avec du caractère et une énorme ambition, donc on se doutait qu'il allait se passer quelque chose. Après, il fallait travailler la régularité, répéter les efforts et les contre-efforts. Il était capable de faire la différence assez facilement, mais il avait souvent du mal à se replacer. On a beaucoup travaillé dessus et au fil du temps, il s'est donné les moyens. » Pour résumer, l'actuel joueur rennais n'était pas le génie qui n'a rien eu à faire pour passer pro et réussir. Il lui a fallu beaucoup bosser et se remettre en question pour progresser.

Guerreiro : « Les profs du centre de formation l'avaient un peu pris comme leur chouchou »


Sur le jeune ado puis adulte qu'il a côtoyé ensuite, Guerreiro garde ce souvenir : « C'était un bon élève. Les profs du centre de formation l'avaient un peu pris comme leur chouchou et il avait réussi ses examens du premier coup, donc pour nous, c'était une fierté. Je pense que c'est quelqu'un de bien, après il peut avoir quelques écarts, mais c'est aussi dû à un caractère fort et au fait qu'il sache ce qu'il veut. » Et ce qu'il veut, assure Olivier Sorin, c'est aller haut, très haut. Le plus haut que son talent et ses efforts pourront le mener. « Il peut dégager un côté insouciant, mais il ne faut pas croire, c'est quelqu'un de très intelligent et déterminé, qui est très ambitieux. Il veut toujours faire plus, grimper les échelons, tout en gardant ce côté rigoleur. Il est comme ça, Ntep : dans le vestiaire et sur le terrain, ça chambre, mais jamais avare d'efforts en match comme à l'entraînement, où il sait se montrer très sérieux. » Sorín est un bon observateur : l'ancien portier de l'AJA a vu débuter Ntep chez les pros dans l'Yonne, puis est redevenu son partenaire depuis qu'il est la doublure de Costil en Bretagne.

Autre témoignage, celui de Cyriaque Rivieyran. L'actuel joueur du GFC Ajaccio a assisté à l'éclosion de « PGN » entre 2011 et 2013, d'abord sous les ordres de Jean-Guy Wallemme, puis de Bernard Casoni. « Il a commencé à jouer vraiment régulièrement au moment où l'équipe manquait de vitesse et de percussion devant. Et Paul-Georges, c'est sa grande force. C'était un élément apprécié du vestiaire, un gars qui a la joie de vivre, qui aime s'amuser, mais qui a la tête sur les épaules. » La preuve ? « Quand il est parti d'Auxerre, il a choisi Rennes alors qu'il avait d'autres offres plus intéressantes financièrement. Une des Émirats notamment, mais il a eu la sagesse de signer dans un club de Ligue 1 qui peut le faire encore progresser. » Quant au côté insouciant de l'international espoir français, Rivieyran a aussi un avis sur le sujet. « D'après moi, c'est un héritage de son parcours, dit-il. Il est arrivé assez tard pour finir sa formation à Auxerre (en 2009, à 17 ans, en provenance de Brétigny, ndlr) et il a gardé ce côté foot amateur. C'est lui-même qui le dit : pour lui le foot est d'abord un jeu avant d'être un métier. » Un jeu où s'allonger au sol pour marquer de la tête est autorisé, alors pourquoi s'en priver ?

Par Régis Delanoë et Axel Bougis
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