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« Notre vision est aux antipodes de celle des Qataris »

Alors que Créteil tente de survivre en L2 et cette année, Paris FC et Red Star, peuvent caresser l'ambition d'y accéder, l'Athlétic Club Boulogne-Billancourt (ACBB), vient de se positionner en ambitieux Rastignac de la petite ceinture. Derrière ce surprenant coming out, une bande de trois copains - Mickaël Cabrol, Mathieu Rostamkolaei, Christophe Dachy - et une copine - Mélanie Lascaux, au passage petite fille d'un dirigeant historique du club. Ces jeunes entrepreneurs croient dur comme fer que, bientôt, la France du ballon rond devra compter avec le 9-2.

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D'où sort cette idée, un peu saugrenue, de vouloir monter un club pro en région parisienne, surtout avec l'ACBB, pas le plus connu des prétendants ?
Mickaël Cabrol :
Le début de l'histoire est assez simple. Un groupe de passionnés de foot qui, lors d'une soirée se demandent, « bon, qu'est-ce qu'on ferait si on gagnait , disons, 100 millions d'euros ? » Nous nous sommes tous dit qu'on rachèterait un club. Ensuite, nous sommes très vite revenus à la réalité de nos comptes en banque. En revanche, ils nous est apparu beaucoup plus raisonnable de reprendre un club qui évolue en DHR et de le faire ensuite monter en puissance.

Vous n'avez pas une grosse expérience du monde du foot, qui est quand même assez spécifique. Cela ne constitue pas un handicap trop lourd en soi ?
Mathieu Rostamkolaei : Au contraire, je pense que nous avons les compétences pour faire progresser un club de foot. Et l'ACBB possède, pour parler le langage de l'entreprise, une base saine. Il est l'un des plus gros clubs amateurs de la région parisienne avec 1500 licenciés, avec une école de foot dans le top 10, sans parler de sa formation réputée, et en outre des dirigeants vraiment intègres... Des atouts vraiment énormes si tu y rajoutes du professionnalisme.
MC : Nous avons tous été des joueurs amateurs et nous sommes tous restés des grands fans de foot. Et comme vient de le rappeler Mathieu, à titre personnel, nous sommes aussi des entrepreneurs. Nous avons monté des sociétés qui ont bien marché. Ce sont ces compétences qu'il s'agit de mettre au service du club.

Pour en revenir à l'ACBB, comment y êtes-vous entrés ? Et comment les dirigeants en place vous ont-ils accueilli, avec leur tradition associative ?
MC : Effectivement, c'est encore une association loi 1901, il faudra attendre le statut pro pour passer à une SAOS. Nous sommes donc rentrés dans son bureau. Au départ, nous sommes allés voir plusieurs clubs, et c'est avec l'ACBB que cela a le mieux « matché » . Ils ont écouté et adhéré à notre discours. Ils ont été sensibles à notre ambition de rejoindre l'élite du foot français. L'équipe dirigeante, qui est en place depuis vingt, trente ans, a conscience qu'il fallait une nouvelle génération. Et je pense qu'ils apprécient qu'on s'implique beaucoup.

Justement ce projet de rejoindre à terme la L1 renvoie au sempiternel rêve d'un second club parisien. Beaucoup se sont néanmoins cassé les dents en s'y essayant. D'autres clubs « historiques » n'y arrivent pas, cela ne vous effraie pas un peu ?
MC : Actuellement, nous sommes en CFA2 et en tête. Pour résumer, oui, cela nous semble possible, et surtout, nous sommes convaincus qu'en fait, il existe largement la place pour un troisième, voire un quatrième club francilien. Nous avons bien conscience que le Red Star ou le Paris FC sont en avance sur nous et tant mieux pour eux. Je ne le soulignerai jamais assez, mais l'ACBB a d'incroyables avantages, dont sa dimension de club formateur. Il dispose aussi de l'écosystème des Hauts-de-Seine. Ce département demeure quand même le deuxième, derrière Paris, en terme de sièges sociaux en IDF.
MR : Ce qui manque à beaucoup, c'est la capacité de se développer. Nous voulons énormément travailler sur le marketing, valoriser la capacité de l'ACBB à faire passer des messages. Ce qu'on vend aujourd'hui, c'est un projet et des valeurs. Nous ne voulons pas chercher des soutiens extérieurs, nous misons sur les sponsors locaux. Des acteurs économiques qui seront réceptifs aux valeurs du club : la combativité, le travail, etc... Nous désirons aussi nous appuyer sur le vivier des joueurs franciliens, mettre en avant cet ancrage local pour identifier le club. Nous savons malgré tout que nous partons de loin.

En vous écoutant, il s'agit presque d'un « contre-PSG » ?
MR : Du tout. Sur les quatre, nous sommes trois abonnés au Parc. Nous n'avons absolument rien contre le PSG. Mais notre vision se situe aux antipodes de celle des Qataris. Actuellement, le PSG n'utilise absolument pas l'incroyable mine de talents qui se trouve en région parisienne. Or nous avons l'ambition au contraire de nous en servir pour gagner et rassembler des sponsors locaux autour de ce projet.
MC : Tout cela peut sembler un peu fou. Toutefois, quand nous avions monté nos boîtes, personne ne croyait que nous pourrions atteindre une chiffre d'affaire de 20 millions. Et pourtant, nous avons réussi.

Cependant, à la différence du monde de l'entreprise, le foot reste, certes de plus en plus à la marge, à la merci de l'aléa sportif ?
MR : L'aléa sportif, c'est exactement pour cela qu'on s'investit dans l'ACBB. Dans notre taf, si nous faisons bien les choses, normalement et automatiquement, ça paie. Dans le foot, il est possible d'avoir recruté au mieux, de s'être entraîné comme des fous, et au final, tu perds le match pour un tir sur le poteau. Et tu ne peux rien y faire… Finalement, tu y ressens plus d'excitation et d'adrénaline qu'ailleurs… On y redevient des gamins.
MC : Toutefois, globalement, si tu prends les grands clubs européens, tu retrouves quand même les mieux financés, les plus costauds économiquement, les mieux structurés, etc. Nous sommes convaincus que, même si effectivement il existe une dimension aléatoire dans le foot, avec de la maîtrise et du sérieux, tu peux bâtir sur du long terme.

L'autre facette du problème du second club parisien tient à l'engouement populaire. Quand on se souvient du temps nécessaire au PSG pour se trouver et gagner un public, aussi bien en tribune qu'en dehors, le boulot semble pharaonique pour l'ACBB ?
MC : Les supporters, l'engouement, l'attrait viendront quand les résultats tomberont, quand on montera les divisions. Quand on songe à Auxerre et ses 200 gars dans le stade en DHR, et ce qu'ils sont devenus par la suite, de quelle manière ils ont réussi à fédérer une ville et même toute une région…
MF : C'est compliqué. Il faut de l'animation, des animations, que les gens puissent venir en famille et en sécurité, qu'ils sentent que cette équipe les représentent, représentent des valeurs. L'ambiance est surtout au rendez-vous quand le public a l'impression que les joueurs se donnent à fond, peu importe le résultat, pour le club. Et c'est pour l'instant le cas.

Et après, en cas de succès sur le terrain, il faudra aussi tenir compte de la DNCG et des conditions qu'elle pose pour accéder en National, en L2 et évidemment en L1. Tout le monde garde en tête l'affaire Luzenac.
MF : Si nous devions encore monter à la fin de la saison, idéalement, nous aimerions rester à Boulogne. Maintenant, notre stade est en travaux. Et il est fort possible qu'il ne soit pas homologué pour le National. Il faudra trouver une solution avec la mairie.
MC : Pour ce qui concerne le financement du club, nous comptons sur les partenaires privés locaux et également nous allons lancer un crowfunding. Le premier en France pour ce type de projet. Nous sommes certains que cela permettra de lever des fonds non-négligeables.


Propos recueillis par Nicolas Kssis-Martov
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Parce que vous êtes pauvres.
Beau discours, pour l'instant ça marche, en espérant qu'ils résistent aux crises de croissance qu'ils vont forcement rencontrer a certains moments
Ah l'ACBB que de bons souvenirs !
Putain j'ai joué contre eux en benjamins (maintenant ça s'appelle U11 j'crois), premier match de la saison, ils étaient injouables les enculés, 12-1 on a pris, avec un putain de but du gardien !

En tout cas bonne chance à eux, ça me ferait plaisir d'avoir plus de clubs professionnels (même en L2) en IDF.
Interview sympa, c'est un peu le rêve de tout joueur de FM.
Bonne initiative, ma foi : les projets de second club à Paris sont nombreux et il n'y a rien de meilleur que la concurrence pour former un candidat solide. Ceci dit, le problème de soutien populaire qu'évoque l'article est très réel. Il a fallu 20 ans au PSG pour vraiment s'établir, et un plan à plus court terme est hasardeux. À ceci s'ajoute un autre vrai problème : l'image de marque. Aujourd'hui, l'ACBB, ça fleure bon les amateurs de papa ou de grand-papa, et on aura du mal à greffer une identité pro là-dessus. Ce n'est pas beaucoup mieux ailleurs : le Racing est mort et enterré, Créteil n'a jamais eu d'image de marque, le Paris FC en a une en carton-pâte politico-administratif... Reste le Red Star, toujours fidèle à son identité de toujours très marquée à gauche. Lui pourrait devenir l'équivalent parisien de l'Union Berlin... pilier de 2. Bundesliga, sans plus. Oui, il y a encore beaucoup de travail !
Fabrice Fiorèse Niveau : District
Message posté par anasdahala
Parce que vous êtes pauvres.


mais toi aussi t' es pauvre pourtant tu penses comme les qataris
parler d'homologation du stade pour le National alors que le club n'est QU'en CFA2 ... Ça rejoint le début de l'article où ces messieurs sont présentés comme étrangers au monde du foot ...

Et pour coller à un commentaire plus haut, on n'est pas dans Football Manager !

Mais bon sinon le projet parait sexy et rafraîchissant (hormis le "aller au stade en sécurité en famille") ! Avant de parler de concurrence au PSG, si le projet avance ça pourrait donner de belles joutes entre PFC, RStar et ACBB entre L2 et National !
Ouais, bon...l'ACBB quoi. Parler en D1 alors que t'es en CFA2, ils mériteraient des bifles les golden boys. Comme le disait le plus bel ambassadeur de ce club : "Non à l'A.N.P.E, oui à la débauche, fuck demain". Easy iziiii.

Unkut est toujours sponsor d'ailleurs ?! Ou c'est pas assez "sécurité familiale" ?
Message posté par g-g-g
Bonne initiative, ma foi : les projets de second club à Paris sont nombreux et il n'y a rien de meilleur que la concurrence pour former un candidat solide. Ceci dit, le problème de soutien populaire qu'évoque l'article est très réel. Il a fallu 20 ans au PSG pour vraiment s'établir, et un plan à plus court terme est hasardeux. À ceci s'ajoute un autre vrai problème : l'image de marque. Aujourd'hui, l'ACBB, ça fleure bon les amateurs de papa ou de grand-papa, et on aura du mal à greffer une identité pro là-dessus. Ce n'est pas beaucoup mieux ailleurs : le Racing est mort et enterré, Créteil n'a jamais eu d'image de marque, le Paris FC en a une en carton-pâte politico-administratif... Reste le Red Star, toujours fidèle à son identité de toujours très marquée à gauche. Lui pourrait devenir l'équivalent parisien de l'Union Berlin... pilier de 2. Bundesliga, sans plus. Oui, il y a encore beaucoup de travail !


Et encore le soutiene "populaire" ca fait rire à PAris !!!
Alors Boulogne ! LOL

Quand tu vois encore le peu de gens mobilisés sur toute la région parisienne pour le PSG ! (comparé les 10 000 fans pour fêter le titre aux 100 000 à Manchester...) , alors à Boulogne , tu peux attendre 1 siècle avant que ce soit populaire !

PS :
"c'est avec l'ACBB que cela a le mieux « matché » "

ohh hputain ils parlent comme tous les costar cravates qui sortent des grandes ecoles et qui bouffe leur sandwich sur les marches de la Défense, pas tres populaire ça lol
@SoMaxFoot : Vu les incidents qui ont accompagné la célébration du titre du PSG, on peut supposer que beaucoup de supporteurs avaient prévu le coup et sont sagement restés à la maison. Des indicateurs plus pertinents sont l'affluence moyenne au stade et les indices "soft" comme l'ambiance dans les tribunes ou la fréquence du maillot dans les écoles. Quand j'étais au collège à Paris dans les années 70 (eh oui...), le club tournait à moins de 20000 spectateurs de moyenne, l'ambiance ne valait pas grand-chose et on voyait plutôt des maillots de Saint-Étienne ou de Nantes dans la cour. Il a fallu attendre les succès des années 90 pour voir des maillots bleu et rouge un peu partout, de vrais tifos (tifi ?), et l'affluence moyenne dépasser les 30000. Tout ceci a pris 25 ans - une génération - pour un club fondé de toutes pièces en 1970. Pour obtenir un vrai soutien populaire en moins de temps, la seule solution est de reprendre un club tombé dans l'ombre mais pas trop bas, et avec un réservoir de supporteurs latents. Le seul deuxième club potentiel qui réunisse ces conditions est le Red Star, dont l'identité populaire de toujours (fondé par des communistes) se démarque idéalement de celle du PSG. Pour les autres, même pour le Paris FC qui n'est pas trop mal parti et surtout pour l'ACBB qui n'a aucune tradition pro, l'horizon est à 2030 ou 2040.
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