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Nolan ne perd pas le nord

Le milieu de terrain de Newcastle est un vrai joueur du nord de l'Angleterre : un peu branleur, très viril et franchement efficace.

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C'est fou, on peut avoir passé plus de quinze ans dans un pays et continuer à se faire surprendre par quelques traditions pourtant bien ancrées. Prenez par exemple Arsène Wenger, arrivé en 1996 en Angleterre, et qui le 5 février dernier a encore fait mine de tomber des nues quand il s'aperçoit que, outre-Manche, on fait pleuvoir des taquets et encore plus volontiers quand une équipe est menée au score. Oui, ce jour-là, Newcastle était parti pour se prendre la branlée de l'année avec quatre buts dans les chicos dans la première demi-heure. Avant de commencer à montrer les crocs. Enfin plus précisément ceux de l'infernal Joey Barton et de Kevin Nolan qui se mettent à démâter, à provoquer et à jouer... un peu. Suffisant pour réaliser la plus belle remontée de la saison, tout sauf un hasard. Ou quand les gentils Londoniens ne trouvent pas la parade face à l'Angleterre du nord, la vraie. Car comme Barton, Nolan est un enfant des quartiers durs des environs de Liverpool. Là où on joue au foot comme on vit sa vie : à l'arrache. Et ce, depuis toujours ou presque.

Fan du King

Eté 1981 dans la petite cité de Toxteth. De violentes émeutes raciales éclatent dans la foulée des violents combats qui ont animé Brixton du côté de Londres. Du feu, de la révolte et du sang. De quoi inspirer les « Specials » qui pondent « Ghost Town » , un futur numéro un des charts britanniques. De quoi aussi inspirer Mister Nolan avec sa douce puisque neuf mois plus tard, un petit Kevin voit le jour, certainement déjà empli de cette ADN culturelle propre à ce coin et à l'époque, un peu rageuse, un peu canaille. Très vite, le môme tape le cuir dans la rue avec très vite l'envie de devenir professionnel un jour. Il faut dire que dans le même temps, au début des années 90, un autre rejeton de Toxteth est en passe de devenir l'idole absolue de Liverpool, un certain Robbie Fowler. Mais peut-être parce que son papa l'a conçu dans une atmosphère de révolution, Kevin Nolan se distingue un peu des Scousers traditionnels. Il supporte les Reds mais idolâtre le héros suprême du pire ennemi du Liverpool FC : Eric Cantona alors ambianceur en chef de Manchester United. Allez savoir si ce n'est pas pour cette sensibilité mancunienne que Kevin Nolan file en 1997 faire ses classes en jeunes à Bolton. A moins que ce ne soit parce que le petit Kevin a vite compris qu'il n'aurait jamais le dixième du talent de Fowler et Canto que, dans ces conditions, les Wanderers représentent une bonne terre d'accueil pour les bourrins, même ceux en devenir.

Un vrai lad


Après dix années à Bolton, à contredire la citation de Brian Clough ( « Si Dieu avait voulu qu'on joue au football dans le ciel, il y aurait mis de l'herbe » ), Nolan plie les gaules direction le Championship à Newcastle. Une autre vraie terre du nord du royaume, à l'image de celles qu'aime Nolan : rude, passionnée et sans fioriture. Le bougre s'y intègre rapidement avec une montée vite ficelée, un brassard bien assumé et une première saison convaincante en Premier League. Si, si. Les Magpies sont solidement accrochées à leur dixième place. Mais surtout Nolan se fend d'une saison à douze buts (dont seulement un penalty), une stat assez impressionnante pour un milieu de terrain, surtout dans une formation où le jeu direct reste quand même la première option (même si d'un autre côté, ce genre de schéma assez brut favorise les seconds ballons pour des milieux qui arrivent lancés). Ouais, à Newcastle, Nolan se sent bien, sur le terrain... comme en dehors. En octobre dernier, Andy Carroll et lui s'organisent une petite orgie, en l'absence de Madame Nolan, un truc qui manque de très mal tourner puisque, outre les hectolitres de bibine, un peu d'ecstasy aurait circulé dans la bicoque. Une demi-surprise au fond car Nolan est un vrai lad, prompt à se faire gauler dans des histoires louches, comme cette avoinée collée quelques semaines plus tôt à une ex, Laurie Henderson, trop collante à son goût. Un peu comme quand il châtie les Gunners qu'il doit certainement considérer comme des gonzesses. Nolan, un type qui joue définitivement comme il vit...

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