Niflore : « La vie est pauvre en Bulgarie »

Wilfried Niflore fait partie de ces nombreux joueurs à ne pas avoir percé dans leur club formateur. Né à Toulouse et exilé en Bulgarie depuis deux ans, Niflore s'épanouit dans le pays de Kostadinov. Seulement, le buteur du Litex Lovetch compte bien faire son come back mais pas n'importe comment.

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Après avoir terminé meilleur buteur du championnat bulgare la saison dernière, espériez-vous un retour en France cet été ?

Oui mais à l'heure actuelle, les temps sont durs pour tous les clubs à cause de la crise financière donc les clubs sont un peu réticents pour l'instant. J'attends de voir, il me reste encore un peu de temps.

Justement, vous avez débuté à Toulouse et Gignac est parti cet été. Est-ce que vous avez eu l'espoir de revenir vu le peu de joueurs offensifs qu'il y a au TFC ?

Pas spécialement à Toulouse mais bien sûr que j'y ai pensé. L'objectif pour moi est de revenir en France. Après que ce soit Toulouse ou un autre club...

En Ligue 1 ou pas forcément ?

Pas forcément même si cela reste l'objectif numéro un. Mais en particulier Toulouse dans la mesure où j'y suis né et que j'ai été formé là-bas. Ça aurait été d'autant plus grand pour moi.


A l'époque où vous avez débuté en pro, Toulouse était en National. C'est un club formateur qui a la réputation de laisser sa chance aux jeunes. Pourquoi ne pas avoir été plus utilisé à l'époque ?

Franchement je n'ai jamais eu de réponse par rapport à cette question mais ça venait peut-être aussi de moi. À l'époque j'étais jeune et je ne faisais peut-être pas tout ce qu'il fallait pour percer et continuer avec le club au plus haut niveau. Il y avait peut-être un manque de maturité.



Ensuite vous avez fait plusieurs clubs en France (Cannes, Tours, Gueugnon). Pourquoi ne pas être resté en Ligue 2 ou en National pour percer en Ligue 1 sachant que vous auriez bénéficié d'une plus grande visibilité qu'en Bulgarie ?

Oui, c'est ce qu'on me dit tout le temps mais quand on m'a proposé de venir ici, c'était pour jouer les titres, que ce soit la coupe de Bulgarie ou le championnat et surtout jouer l'Europe. C'est plus intéressant de jouer l'Europe que certains matchs de Ligue 1 ou Ligue 2. Mais c'est sûr que le championnat d'ici n'est pas très médiatisé.



Vous aurez 30 ans le 29 avril prochain. Ne pensez-vous pas que votre heure est passée ?

Je pense que si cela ne se fait pas l'année prochaine, ce sera compliqué. En France, à 30 ans les joueurs commencent à se faire vieux que ce soit pour la Ligue 1, la Ligue 2 ou le National surtout que je n'ai pas une grosse carrière en France donc ce sera d'autant plus difficile pour moi de rentrer.


Concernant le championnat bulgare, le niveau est quand même faible, non ?



Ça dépend, je ne sais pas si vous avez vu le match d'hier du Levski Sofia. Ils ont perdu 1-0 (contre Lille, ndlr) mais ils ont fait une bonne prestation.



Enfin, à part le Levski et vous, il n'y a quand même pas grand monde.



On est cinq ou six clubs à avoir le niveau pour jouer le milieu de tableau de Ligue 1, voire la maintien. Après il y a vachement d'écart entre les clubs moyens/bons et les autres.



Est-ce que le titre de meilleur buteur reste, comme le championnat, un objectif ?



Non. Le championnat, bien sûr qu'on veut le gagner mais le titre de meilleur buteur c'est anecdotique. L'année dernière il y a un ce petit bonus pour moi individuellement. Mais si on finit champions et que je ne suis pas meilleur buteur, peu importe. Je vais essayer de garder mon titre mais avec Dembélé qui est déjà à 13 buts (contre 5 pour Wilfried Niflore, ndlr), ça va être compliqué.



Parlez-nous un peu de la vie en Bulgarie.



Comme partout, quand vous arrivez dans un nouveau pays, c'est toujours difficile de s'adapter. Maintenant ça fait deux ans que je suis ici, je parle la langue, je la comprends. J'ai appris à parler anglais aussi. Après, c'est sûr que la vie est pauvre ici. Moi je suis là pour le foot cela dit.



Est-ce que votre parcours en Coupe d'Europe constitue une déception ou était-ce simplement un apprentissage ?



Ah non ! Il fallait confirmer la saison qu'on avait fait l'année dernière. On a gardé quasiment le même effectif pour jouer l'Europe, que ce soit la Champions League ou l'Europa League. On avait fait les tours préliminaires de la Champions League. C'est une énorme déception.



Surtout que vous avez perdu contre Zilina lors du troisième tour préliminaire de C1 et quand on voit aujourd'hui qu'ils jouent contre Chelsea et l'OM, ça doit être extrêmement frustrant.



Ouais voilà. Quand on a vu le tirage avec l'autre joueur français (Alexandre Barthe, ndlr) on était un peu déçus. On aurait pu parler un peu de nous si on était revenus. On aurait eu plus de visibilité surtout avec l'OM.



L'OM qui a du mal contre Zilina mardi. Un conseil à leur donner pour le match en Slovaquie ?



Oui, ils ont du mal mais ils jouaient avec la pression. Ils étaient dans l'obligation de gagner chez eux. Ils sont tombés contre une équipe qui jouait à dix derrière donc c'est toujours compliqué même pour une grosse équipe comme Marseille. Mais je pense que le match retour sera beaucoup plus facile parce que l'équipe de Zilina voudra offrir une victoire ou au moins récolter un point devant son public.



Sylvain Michel

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