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Niculae : « La Roumanie montre un beau visage »

Ancien buteur de l’AJ Auxerre dans les années 2000, la Roumain Daniel Niculae débriefe le début d'Euro de sa Roumanie. Avec un mot sur les Bleus, forcément.

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Défaite de justesse contre les Bleus, match nul contre la Suisse... Tu t'attendais à ce que la Roumanie soit à ce point compétitive ?
Offensivement, on n'avait jamais vu cette équipe se déployer aussi vite en attaque. On a changé de système et c’est peut-être ça, le vrai changement. La Roumanie jouait en 4-5-1 et est passée à un 4-3-3 plus resserré. Surtout que le premier match, personne n’a envie de le perdre. Je me souviens du Roumanie-France de 2008 qui était vraiment fermé, avec peu d’occasions.
« Depuis le début de la compétition, je trouve qu'on montre un beau visage. »
Ce match-là, ce n’était pas le cas. La Roumanie a réussi à contrer le jeu offensif de la France, c'était la meilleure tactique à adopter. Et contre la Suisse aussi, la Roumanie a joué décomplexé. Elle aurait même pu gagner. Depuis le début de la compétition, je trouve qu'on montre un beau visage. On peut encore mathématiquement finir deuxièmes du groupe, mais je trouve que le fait de pouvoir qualifier le meilleur troisième est une superbe règle. Ça permet aux plus beaux troisièmes de pouvoir continuer à faire plaisir aux supporters.

On a déjà trois équipes qualifiées après les deux premiers matchs : la France, l'Italie et l'Espagne. Tu penses que les Bleus peuvent aller au bout ?
Sincèrement, j’espère que la France gagnera l’Euro. Cette équipe est composée de très bons joueurs, jeunes, jouant dans les meilleurs clubs d’Europe. Son point faible est peut-être l’inexpérience. Elle est jeune et doit gagner en maturité. Heureusement que l’équipe de France peut compter sur les quelques cadres présents. L'équipe a l'air soudée, on sent une vraie cohésion dans ce groupe. Si la France ne gagne pas cet Euro, elle peut gagner la prochaine Coupe du monde. C’est le genre de sélection qui peut aligner trois équipes, facile !


Tu étais au match d’ouverture pour France-Roumanie. Ça devait être une rencontre spéciale pour toi…
C’est sûr, ça m’a fait bizarre. Un match avec mon peuple, mes coéquipiers, nos supporters. J’étais avec des amis en tribune, on avait préparé le coup en prenant les places en avance. J’ai passé de très bonnes années en France, des moments que je n’oublierai jamais, c’est un pays auquel je suis vraiment attaché. Et ça, jusqu’à la fin de ma vie.

Tu as effectivement joué six saisons en France. Tu te souviens de ton arrivée à Auxerre, en 2006 ?
Bien sûr.
« À l’été 2006, je suis arrivé en Bourgogne. Je sentais qu’il y avait quelque chose de spécial. »
Nous étions en pleine campagne européenne avec mon club du Rapid Bucarest et à cette époque, j’avais quelques propositions. Dès le mois de novembre, j'ai commencé à parler avec Auxerre. On avait signé un pré-contrat, mais je voulais vraiment finir cette saison avec le Rapid. À l’été, je suis arrivé en Bourgogne. Je sentais qu’il y avait quelque chose de spécial. Partir du Rapid pour un grand club était une étape trop grande pour moi si rapidement.


Comment as-tu vécu tes premiers mois en France ?
Il y a des mecs qui changent leur vie par rapport aux villes. Alors imagine quand tu changes de pays ? C’est trois fois plus compliqué ! Tu découvres une nouvelle langue, tu n’as pas tes amis, tu dois tout refaire. La langue, c’était dur au début, mais j’apprenais vite. Le français et le roumain sont deux langues latines, alors j’ai eu des petites facilitées. Surtout, il y avait des gars super sympas dans les vestiaires, Baky Sagna, Pedretti, Cheyrou, ils aimaient rire. Attention, on avait une grosse équipe aussi ! C’était une équipe à part.

La curiosité, c'est que c'est Jacques Santini qui t'a voulu, alors qu'il se barre l'été où tu arrives.
« En France, on est patient avec les coachs. En Roumanie, certains se font virer au bout de six matchs. »
Oui, et c’est Jean Fernandez qui le remplace. Du coup, je n'ai pas fait le moindre entraînement avec Santoni. Je ne jouais pas beaucoup la première année. On avait une relation coach/joueur normal, mais en France, on fait preuve de patience avec un coach. Quand tu as 25 caractères différents à gérer, ce n’est pas facile. En Roumanie, il y a des coachs qui se font virer au bout de six matchs.


Après Auxerre, il y a eu aussi une saison à Monaco et une autre à Nancy. Mais ton vrai souvenir, c'est Auxerre, c'est ça ?
Oui, clairement. C’est un club formateur avec beaucoup de qualités et une vraie science du foot. Je ne me suis pas trompé, je peux te dire. C’est une équipe qui restera toujours dans mon cœur. J’y ai passé de bons moments, des moins bons, mais c’est une aventure que je ne pourrai jamais oublier. Les gens, la ferveur, c’est une ville qui respire le foot ! Alors, si j’ai pu contribuer à son bonheur, j’en suis honoré…

Propos recueillis par Gad Messika

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