Nicolas Sarkozy, le Florentino Pérez du club France
Nicolas Sarkozy, le Florentino Pérez du club France
FC Barcelone Raul Real Madrid C.F.
Souvenez-vous, c’était en juillet 2000. Le Real venait d’être sacré champion d’Europe et les socios installaient Florentino Pérez dans le fauteuil de président. Ce dernier avait mené une campagne électorale drôlement ambitieuse et carrément décomplexée, n’hésitant pas à promettre aux supporters Merengues qu’il allait recruter la star du rival barcelonais, Luis Figo.
Or Pérez est connu pour faire partie de ces gens "qui disent ce qu’ils font et qui font ce qu’ils disent" : à grands coups d’OPA et de fusions, ce fils de petit commerçant a ainsi réussi à faire d’ACS, entreprise de BTP dont il est le pédégé, le leader en Espagne et le numéro 3 en Europe. Comme annoncé, Figo a donc trahi le Barça. Puis, tous les ans, une nouvelle star internationale a fait faux bond à son écurie pour rejoindre le Real.
Pérez sait apparemment choisir les mots pour convaincre. Dès 2001, le club remporte le titre national qui lui échappait depuis 1997, et récidive en 2003, non sans s’être adjugé, dans l’intervalle, un neuvième titre continental. C’est l’état de grâce : partenaires, sponsors, supporters, tout le monde veut avoir son ticket d’entrée à la Maison Blanche. Pérez, lui, se prend pour le Pape.
A l’été 2003, l’équipe "galactique" débarque en Asie pour une "mission d’évangélisation". L’objectif est simple ; que les Chinois ne se contentent pas de fabriquer les maillots, mais qu’ils les achètent. A terme, Pérez veut qu’un milliard d’entre eux arborent le maillot blanc floqué du nom de leur idole... A peine rentrés de cette tournée marketing, Figo et Raul se font tirer le portrait au mariage de la fille du président, où l’on peut aussi croiser le maire de Madrid, des personnalités du PS espagnol, et même le Premier ministre Aznar.
Pérez sait que pour viser haut, il faut brasser large. La politique de Pérez, si elle est efficace, est néanmoins coûteuse. Lorsqu’il décide de vendre les bijoux de famille (120 hectares possédés par le club en plein coeur de Madrid pour 600 millions d’euros), certains socios du Real s’interrogent : est-ce le président du club de foot ou celui de l’entreprise de bâtiment qui a décidé cette opération immobilière ? « C’est bas » leur répond Pérez. Au moins autant, c’est vrai, que de se demander, comme le Canard Enchaîné, si c’est le maire de Neuilly ou le futur propriétaire d’un appartement de grand standing qui avait géré la vente des terrains municipaux de l’île de la Jatte...
Tant que le Real étoffe son palmarès, Pérez est intouchable. Mais à partir de 2003, le club ne gagne plus rien. Pire, il se fait régulièrement humilier, et même à domicile, par des équipes qui jouent le maintien. Les supporters reprochent au président de recruter des mercenaires prestigieux en dépit du bon sens. De ne pas récompenser les éléments fiables et dévoués du collectif, pourtant décisifs dans les récentes campagnes victorieuses.
Le 27 février 2006, Florentino Pérez remet sa démission à l’occasion d’un conseil extraordinaire des dirigeants du club. Un quinquennat, et puis s’en va... Et Makélélé, c’est quand qu’il remplace Fillon ?
Vincent Riou






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