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Nicolas Maurice-Belay : « L’histoire d’une rivalité »

Nicolas Maurice-Belay a beau ne pas être bordelais de souche, porter un nom à rallonge, et ne pas marquer assez de buts, il n’en demeure pas moins un acteur majeur du classique qui va se jouer dimanche entre Bordeaux et Marseille à Chaban-Delmas (21h00).

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Nicolas, à la veille de recevoir l’OM, comment te sens-tu ?

Ça va ! Surtout quand collectivement, ça marche très bien, comme c’est le cas.

Après une année ou presque au poste d’attaquant, définitivement, tu préfères quoi : milieu de terrain ou devant ?
Milieu de terrain offensif ! Parce que c’est là que je me sens le plus à l’aise…

Le fait d’être monté d’un cran, ça ne te donne pas envie de mettre plus souvent la misère aux gardiens adverses ?
Si ! Mais en fait, ça dépend des sensations… Parfois je me sens bien au poste d’attaquant, parfois non. Disons que c’est mitigé.

Tu en parles avec le coach, de ça ?
Non… pas en ce moment, surtout quand on a autant de matchs à jouer. Je n’aime pas trop mettre mon cas en avant. Donc, je laisse le temps…

Avoue quand même : t’as les boules que Jussiê t’ait volé la vedette à Lorient (4-0) ?
Non, parce qu’on connaît son talent, et parce qu’on a tellement d’objectifs élevés qu’on n’a pas le temps d’envier quelqu’un ou quoi que ce soit. Après, on est très contents pour lui, parce qu’il a un talent énorme, et que quand on a un Jussiê comme ça, c’est extraordinaire.

Il y a quelques jours, l'équipe de France a battu l’Italie (2-1) ; pourquoi t’as pas été appelé ?
Parce que j’ai pas le niveau.

Qu’est-ce qu’il faut faire pour avoir le niveau ?
Marquer plus de buts ! La stat… la stat… (Rire) La vérité, elle est là.

En étant attaquant ou milieu, alors ?
Les deux ! Du moment qu’on parle de toi dans les dernières actions… C’est ce que les gens regardent.

Y a du favoritisme, non ?
Non. C’est le monde d’aujourd’hui, c’est comme ça. On regarde beaucoup ceux qui marquent et ceux qui sont décisifs… c’est normal. Tu ne vas pas dire à un joueur que tu ne le prends pas, alors qu’il a marqué plus de buts ou fait plus de passes décisives qu’un autre. Ce ne serait pas logique.

Mais tu espères encore…
En fait, oui… On est toujours content de porter le maillot bleu. Après, il faut aussi que je sois plus performant avec Bordeaux pour espérer mieux.

Tu penses quoi des sanctions infligées à Mvila et les autres, en Espoirs ?

Je trouve que c’est très sévère, par rapport à la durée. Mais après, je pense qu’ils ont voulu en faire des exemples, parce qu’il y a eu une répétition de certaines choses, plus l’affaire en Afrique du Sud. Tout ce cocktail-là a fait que ce sont eux qui ont payé.

À ton époque, on ne sortait pas, on ne se bourrait pas la gueule ?
Non, c’était différent. Là, c’est une autre génération, avec un autre style de vie. C’est en fonction de comment le système les porte… qui fait qu’ils gardent la tête sur les épaules ou non. Mais je comprends, ça peut être difficile pour eux. Quand on te valorise, ou que ta famille, tes coéquipiers ou ton entourage, te mettent sur un certain piédestal, c’est à toi de garder l’équilibre…

Concernant ta génération, comment on faisait pour ne pas se faire choper ?
Tout était différent… Même pour réussir au niveau pro, ça l’était. C’était beaucoup plus difficile ; moins de cadeaux.

En parlant de changements, ça fait plusieurs fois que tu te fais gauler pour « simulation » sur le terrain, cartons jaunes à la clé. C’est quoi cette nouvelle tendance ?
(Rire) Face à Maritimo, si je vais au bout de ma première action, il me déboîte le mec ! Comme j’ai pris des coups avant, inconsciemment, je n’avais pas l’envie d’en reprendre un, mais juste celle qu’il me touche un peu. Mais il a enlevé ses fesses à la dernière minute, et il m’a eu ! (Rire) Contre Toulouse, c’est différent car j’ai poussé le ballon, et l’adversaire a mis tout son corps là où j’allais mettre mes pieds… Parce que si j’avais sauté, je l’écrasais carrément ! Sur ses jambes, voilà.

La punition, ce sont aussi les Marseillais qui la reçoivent à Bordeaux, en championnat, depuis octobre 1977. Pourquoi ?
Étant donné que je ne suis pas bordelais d’origine, c’est pas évident de répondre… Mais vu d’un œil extérieur, c’est une motivation particulière pour les joueurs, les supporters, parce que c’est aussi l’histoire d’une rivalité entre Claude Bez et Bernard Tapie, qui a peut-être remonté tous les Bordelais contre les Marseillais.

Un OM qui se déplace avec une pénurie d’attaquants dans ses rangs… Tu vois qui en pointe ce soir ?
Ils peuvent bricoler… Mettre par exemple André Ayew, avec Amalfitano et Valbuena juste derrière, ou encore Raspentino…

La saison dernière, Bordeaux-OM, c'était le 8e contre le 10e. Cette fois-ci, c’est le 2e contre le 4e. Ça représente quoi ?
C’est très important dans beaucoup de domaines… Parce que l’on peut retrouver le podium, en plus de cette série d’invincibilité de 35 ans. C’est important pour les supporters…

En fait, celui qui fait partie de l’équipe bordelaise qui perd à Chaban-Delmas pour la première fois depuis tout ce temps, il passe pour un con…
L’année dernière, je n’étais pas au courant de ça ; donc, maintenant, j’y pense, oui. Je me dis que non, il ne faut pas que je sois dans l’équipe qui perd contre Marseille ! Remarque… Si tu perds contre l’OM là, mais qu’à la fin, tu gagnes le championnat, c’est pas encore mieux, hein ?

Justement, tu penses que ce sera Bordeaux le champion en fin de saison ?
Bon, je ne vais pas dire Bordeaux… mais par facilité, le PSG. Ce sont les plus forts… Après, tout le monde veut les battre… Et le fait qu’ils aient toutes les compétitions à mener de front, ça peut les fatiguer. Il faut dire que tout le monde veut leur peau, aussi ! On pensait qu’ils allaient distancer tous les autres, mais même nous on aurait pu leur passer devant, si l’on n’avait pas perdu tous nos points à domicile… on n’est pas loin d’eux.

Le PSG n’a pas d’amis, donc. Mais toi, dans le milieu du foot, est-ce que tu en as ?
Oui, j’en ai, notamment ceux avec lesquels j’ai fait Clairefontaine, comme Jimmy Briand, Serge Gakpé ou David Gigliotti. C’est surtout par rapport à notre parcours personnel, en centre de formation. Et les sélections, aussi, en catégories de jeunes.

Sinon, c’est quoi ce nom de famille « Maurice-Belay » ?
Je porte le nom de ma mère. Après, ce sont les Antillais, hein ! Alors parfois, je chambre, parce qu’il faut reconnaître que mon nom est super long… Mais bon, je lui ai demandé et elle m’a expliqué que c’était le nom de son père. Mais le mien m’appelait « Coco » quand j’étais petit. J’ai joué à Créteil à partir de l’âge de 5 ans, et mes coéquipiers m’appelaient comme ça. Et le fait de connaître Jimmy Briand depuis cet âge-là, car il jouait à côté à Ivry-sur-Seine, lequel entendait qu’on m’appelait comme ça quand on jouait l’un contre l’autre, a fait qu’après, évidemment, c’est resté…

Propos recueillis par Laurent Brun, au Haillan
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