Nice-OM (0-2) : La force tranquille
Nice-OM (0-2) : La force tranquille
Girondins de Bordeaux Olympique de Marseille Thierry Henry
Une image et une phrase. L’image : la deuxième mi-temps est sur le point de commencer. Tous les Marseillais sont sur la pelouse, bien décidés et sûrs d’eux-mêmes (ils mènent 1-0). En face des Marseillais : personne ! Les Niçois ne sont toujours pas là… Finalement ils arrivent avec trois, quatre minutes de retard, le pas traînant en sortant du tunnel, tête basse, vraiment pas convaincus. La phrase, maintenant. Eric Gerets : « La victoire a été plus facile à obtenir que prévu ». Voici résumé en deux situations le contexte très parlant d’un match capital que l’OM s’est bien gardé de perdre. Succès assez tranquille (2-0), parce qu’abordé avec sérieux et concentration. Un peu à la manière d’un match de Coupe d’Europe.
Trop fort, Marseille. Possession de balle largement supérieure du début à la fin. Grosse pression du bloc phocéen sur de pauvres Niçois qui ont fait ce qu’ils ont pu, c’est-à-dire pas grand-chose. A part peut-être un coup franc de Ben Saada en deuxième mi-temps bien détourné par Mandanda. Et c’est à peu près tout. Il aura fallu une bonne demi-heure de pression stérile due à des maladresses dans la dernière passe (Ben Arfa, Bonnart, Brandao ou Cheyrou) pour voir Mamadou Niang inscrire logiquement le premier but de la rencontre. Grâce à un pressing de Cheyrou (énorme, meilleur homme sur le terrain) qui tacle Hellebuyck à l’entrée de la surface, le milieu marseillais transmet plein axe à Niang. Il élimine Apam et Hognon et croise à ras de terre du droit, aux 16 mètres (26ème). C’est carrément le même but qu’il avait marqué à Lille d’une frappe croisée mais du gauche… Menés 1-0, les Niçois accusent le coup mais s’accrochent encore. Pour pas grand-chose, vu qu’ils manquent d’un vrai meneur pour faire le lien entre milieux et attaquants. Ben Saada s’y colle mais l’étau marseillais est trop resserré. Dommage pour Loïc Rémy, bien en jambes…
Au vu de la première mi-temps, outre Cheyrou (devant, derrière, partout), on retrouve Bonnart comme si on l’avait juste quitté il y a une semaine : toujours vif dans son couloir et intraitable devant ses 16 mètres. Civelli a encore gagné en autorité et n’hésite pas à monter dans la moitié adverse. On est surtout surpris des progrès encore accomplis par cet OM. On ne balance plus des longs ballons vers Brandao en sautant les lignes. Au contraire, on construit à terre, en progressant par passes bien dosées. Dommage que Ben Arfa (titulaire d’entrée) perde autant de ballons sur des dribbles intempestifs ou bien sur des transmissions ratées. L’OM aurait pu faire le break sur des situations de supériorité numérique (en première, comme en seconde période).
En deuxième mi-temps, le bloc marseillais recule un peu tout en se faisant plus dense, plus compact. Histoire de bien s’éviter des déconvenues au score, et surtout afin de mieux gicler vers l’avant sur un contre. Et c’est ce qui arrive à l’heure de jeu. Sur une relance à la main profonde de Mandanda vers Ben Arfa sur le côté gauche. L’équipe niçoise est coupée en deux, à la manière d’un vrai contre en fait. Ben Arfa décale sur Taïwo à l’aile gauche à l’entrée de la surface, centre au deuxième poteau sur Brandao qui catapulte de la tête en lucarne : 2-0, plié. Les trois points sont dans la besace et la différence de buts remonte à + 29 (ça pourra toujours servir au soir de la 38ème journée). Dans une dernière demi-heure hachée par des fautes à répétition surtout niçoises (et quelques-unes marseillaises), Niang ratera le 3-0 tout fait en tirant au dessus (69ème). A noter que les joueurs phocéens concentrés et pleins de sang-froid ont su rester maîtres de leurs nerfs sur les multiples fautes et petites provocations azuréennes. Signe de plus qu’ils abordent la dernière ligne droite avec un grand professionnalisme.
Un coup de chapeau quand même à Nice, qui a joué le jeu jusqu’au bout alors que les Aiglons n’ont plus rien à espérer, ni relégation et ni places européennes. Sinon, la mini crise Gerets et l’affaire Deschamps n’ont visiblement pas altéré la motivation du groupe marseillais. Il n’y avait qu’à voir les scènes de joie entre joueurs et leur coach pour s’en convaincre. Plus que trois matches. Bordeaux accueille Le Mans, samedi. L’OM défiera l’OL au Vélodrome dimanche soir. Le vrai tournant du championnat 2008-2009 ?






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