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Neymar sacré devant le Roi

Comme en 1962, Santos s'impose en finale de la Copa Libertadores contre le Peñarol. Ce troisième titre du « Peixe » couronne une génération exceptionnelle, près d'un demi-siècle après celle de Pelé.

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A 70 balais, il s'est remis à gambader sur la pelouse. Aux côtés de Neymar, de cinquante ans son cadet, Pelé participe au tour d'honneur, comme si cette Copa Libertadores était un peu la sienne. On le sait, sa majesté Edson Arantes do Nascimento a un melon aussi énorme que son palmarès. Mais cette fois-ci, l'émotion semble vraiment sincère. 48 ans après le doublé de 1962 et 1963, Santos remporte à nouveau la Libertadores. En 2003, la génération des Robinho et Diego avait échoué en finale contre le Boca Juniors. C'est justement contre l'équipe argentine que Pelé s'était offert le titre de 63 en marquant le but de la victoire en pleine Bombonera (2-1 au retour après s'être imposé 3-2 au Maracanã). Comme par hasard, c'est face à l'adversaire de 62 que Neymar et ses potes ont été sacrés hier soir. Pour le plus grand bonheur du roi, qui à l'époque avait inscrit un doublé lors de la victoire 3-0 lors du troisième match décisif disputé sur terrain neutre au monumental de Buenos Aires.

Ganso de retour

Mais pour que la fête soit vraiment belle, il faut un grand numéro 10. Ça tombe bien, Paulo Henrique Ganso est de retour. Écarté pendant un mois des terrains à cause d'une vilaine blessure à la cuisse, il revient pile poil pour le match retour de la finale, dans un stade Pacaembu plein à craquer qui ne demande qu'à s'enflammer.

Dès la 2e minute de jeu, le tandem de feu des « meninos da Vila » entre en action. Ganso sort une ouverture lumineuse pour Neymar, qui déborde sur la gauche et centre pour Arouca, dont la tête trop molle n'inquiète pas le gardien uruguayen Sosa. Cette action a au moins le mérite de faire rentrer le portier dans le match, puisque cinq minutes plus tard, il sauve son équipe en détournant du bout des doigts une frappe lointaine d'Elano qui filait en plein dans la lunette. Privé de finale en 2003 à cause d'une blessure, l'ancien milieu de terrain de Galatasaray, de retour au club depuis le début de l'année, tente d'accrocher l'autre lucarne sur coup-franc, mais Sosa lui coupe son kiff une deuxième fois.

Coup du foulard et talonnade

Rien à faire, Santos doit s'en remettre à sa nouvelle génération dorée. Les joueurs du Peñarol tentent d'asphyxier les jeunes Brésiliens en pressant haut, mais Ganso bonifie tous les ballons. Il a beau avoir sans cesse deux, voire trois Uruguayens collés à ses basques, le numéro 10 trouve toujours le geste qu'il faut, le plus souvent à une touche de balle. A la 18e, il déséquilibre toute la défense en renversant le jeu d'un sublime coup du foulard en pleine course. Arouca s'infiltre dans la surface, mais l'action ne donne rien.

Elle sert juste de brouillon au chef-d'œuvre qui a fait basculer la rencontre. Deux minutes après la pause, Ganso opte cette fois pour la talonnade pour décaler Arouca, qui prend à nouveau l'intervalle comme un trois-quart de rugby. Sauf que cette fois, il a la bonne idée servir Neymar suite à un joli cadrage-débordement. Le minot à la crête ne se fait pas prier et trompe Sosa d'une frappe ultra vicelarde qui rebondit juste avant la ligne de but.

Pour se venger, Corujo découpe Arouca en lui collant son pied en pleine poitrine. Une belle « De Jong » qui ne lui vaudra qu'un carton jaune. Mais par chance, les Brésiliens sont aussi très forts pour imiter les Hollandais. A la 70e, Danilo déborde sur la droite, met dans le vent son défenseur en se remettant sur son pied gauche et enroule une superbe “Robben” dans le petit filet.

Santos-Barça en finale du Mondial des clubs ?


A 2-0, la messe est dite, même si dix minutes plus tard, Durval fait une frayeur aux siens en détournant dans ses propres filets un centre de Estoyanoff, qui venait tout juste d'entrer en jeu. C'est bon pour le suspense, même si les joueurs de Santos n'ont pas trop de souci à se faire tant ils ont la mainmise sur le jeu. A la 83e, Ganso se permet même une petite coquetterie : suite à un slalom d'anthologie de Neymar côté gauche, il reçoit la chique à mi-hauteur, la contrôle à merveille avec sa patte de velours mais foire complètement sa frappe alors que le but est grand ouvert. A l'affût, le rouquin Zé Eduardo essaie bien de redresser le tir de la tête, mais il ne parvient pas non plus à cadrer.

Pas plus que Neymar, qui à une minute de la fin du temps réglementaire, voit sa pichenette tout en finesse mourir sur le poteau. Rebelote, l'ami Zé est au « rebond » , mais il se troue à nouveau lamentablement. Personne ne lui en tient rigueur, puisque l'arbitre siffle la fin du match après trois minutes d'arrêts de jeu, sur ce score de 2-1 qui donne le titre à Santos suite au 0-0 de l'aller à Montevideo.

Le roi Pelé n'a plus qu'à descendre sur la pelouse pour célébrer le titre avec ses héritiers. Pendant ce temps-là, la télé brésilienne vend du rêve en annonçant un duel Neymar-Messi en finale du Championnat du Monde des clubs.

Louis Génot, à Rio de Janeiro

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