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  1. // Coupe du monde 2014
  2. // Groupe A
  3. // Brésil/Cameroun (4-1)

Neymar améliore l'ordinaire du Brésil

Sans toujours convaincre, le Brésil a dominé un Cameroun (4-1) méritant et a entériné sa qualification en huitièmes de finale face au Chili. Et il peut encore remercier Neymar, auteur d'un doublé. Plus de doute possible, cette Coupe du monde est la sienne.

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Cameroun - Brésil
(1-4)
J. Matip (26') pour Cameroun , Neymar (17'), Neymar (35'), Fred (50'), Fernandinho (84') pour Brésil.


« Freddie, Freddie, Freddie » . Ce n'est qu'une tête à cinq mètres des cages, un but de neuf de DSR plus persévérant que talentueux, ce n'est que le but du break face à une équipe déjà en vacances et sa défense avec. Ce n'est qu'un but de Fred, mais ça veut dire beaucoup pour le public de Brasilia. Depuis le début de cette Coupe du monde, l'ancien Lyonnais avait tout du coupable désigné pour justifier les errances offensives de la Seleção. La moustache n'a rien changé à l'affaire, Fred a commencé par tout rater avant cette 49e minute. Et Brasilia a décidé de lui pardonner et d'y voir le signe qu'une force le dépasse : l'amour de tout un pays. Un amour qui peut porter loin et faire oublier que cette équipe n'a pas encore les épaules d'un favori.

Fred et Hulk même combat

Depuis l'ouverture de leur Coupe du monde, les Brésiliens ont davantage impressionné par la qualité de leurs cordes vocales au moment leur hymne que par leur jeu. Pas de doute, l'envie est là, les moyens ne suivent pas souvent. Dans un match où l'enjeu était de se rassurer après le nul concédé face au Mexique et d'éviter un détour néerlandais en huitième de finale, l'idée est de chercher à achever le Lion plutôt domptable d'entrée et de le réduire en churrasco. Daniel Alves remonte son couloir comme on emprunte les avenues taillées larges par Niemeyer et Costa, mais Fred freine au feu rouge. La montée de sève ne dure pas et Vincent Aboubakar manque de refroidir la capitale fédérale à la 9e minute. Ce Brésil n'a peut-être rien d'une grande (pas encore), mais il a sous le coude un type qui, lui, est un très grand joueur. Alors que Fred et Hulk luttent contre l'ordinaire ou que le milieu de terrain exprime la créativité d'un programmateur de la TNT, Neymar prend ses responsabilités. Quand il n'initie pas les actions, il sait les conclure. Plat du pied et sécurité pour l'ouverture du score sur un centre de Luiz Gustavo (17e).

Huit minutes de doute

Ses partenaires n'ont plus qu'à suivre son panache jaune, croit-on. Même pas. Les Camerounais percutent qu'ils disputent une Coupe du monde. Nyom dépose Alves et centre entre Thiago Silva et David Luiz, qui oublient dans leur dos un Matip tout surpris d'égaliser (26e). Pendant huit minutes, le Brésil panique. En tribunes de presse, certains sortent même la calculette pour sonder une élimination en cas d'un autre but camerounais. Sauf que Neymar n'aime pas jouer avec les chiffres. L'enfant de Santos préfère l'action et les percées dans l'axe. Un rein pour Nkoulou et une frappe hors de portée d'Itandje plus loin, le Brésil reprend l'avantage et sa respiration. Quatre buts en deux matchs, le sauveur habite au dix et termine de convaincre les derniers sceptiques qui voient en lui un amuseur pour site de vidéos de partage en ligne. Et quand il sort deux coups du sombrero sur la même action, c'est pour mieux amorcer une action gâchée par les grosses cuisses de Hulk.

Garrincha, cape et destinée

En seconde période, Neymar peut ranger sa cape de super-héros et gérer les affaires courantes. Sa mission est terminée et le stade Manné-Garrincha chante la réussite retrouvée de Fred. La suite ne dit rien de plus sur cette équipe dont on ne sait toujours pas si elle a la gueule d'une championne du monde en puissance. Le but du 4-1 de Fernandinho est juste anecdotique et un prétexte à gonfler les poumons pour chanter toujours plus fort. Hédoniste dans l'âme, le supporter brésilien profite du moment et s'en remet au génie de Neymar, au destin de Fred et à cette passion qui emporte tout sur son passage. Après tout, il a peut-être raison.

Par Alexandre Pedro, à Brasilia
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