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«Si il n’y avait pas eu le football, je crois qu’on serait encore tous vierges» Claudio "el Turco" García

Newcastle : la pie qui déchante

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2 octobre 2007
Devant l’incapacité chronique de Tottenham à tenir un résultat et l’irrégularité de Portsmouth, on se disait que l’outsider le plus à même de s’inviter à la table des grands serait le Newcastle new look de Sam Allardyce. Au vu de la prestation des Magpies sur le terrain de Manchester City - un autre trouble-fête susceptible de bouleverser la hiérarchie du Big Four –, la Toon Army (surnom dont sont affûblés les supporters Magpies) vont encore devoir patienter.

St James Park n’avait connu une entame de championnat aussi prometteuse depuis des lustres et l’époque Ginola-Asprilla. Même lorsque Bobby Robson parvint à hisser Newcastle en Ligue des Champions au début des années 2000, ce fut souvent au terme de parcours retour dantesques.

Nommé cet été à la tête des Magpies, Allardyce a fait ce qu’il sait faire de mieux : du Allardyce, si bien que le Newcastle 07-08 a désormais des faux airs de Bolton. La mayonnaise entre éternels espoirs revanchards (Smith, Martins), et vieux briscards en quête d’une seconde jeunesse (Viduka, Geremi, Nicky Butt) semblait avoir pris, et plus rapidement qu’escompté. Surtout qu’avec le retour aussi spectaculaire que bref de Michael Owen, les supporters de Newcastle-upon-Tyne, souvent considérés comme les plus bouillants d’Angleterre, étaient en droit de rêver.

Malheureusement, samedi après-midi, face à un concurrent direct, les rayés sont retombés dans leurs travers. Défensifs, notamment. Alors qu’ils menaient au score suite à un superbe enchaînement du Nigérian Martins, les visiteurs se sont révélés incapables de faire le dos rond et de quiller le ballon en tribunes en attendant tranquillement la mi-temps. Pas sûr du tout que les ex-pensionnaires de Ligue 1 que sont Beye et Rozenhal aient en outre apporté toutes les garanties défensives pour jouer le haut du tableau. Sur la première accélération de City, Petrov égalisait dans un fauteuil. Dès le retour des vestiaires, les protégés d’Eriksson prenaient définitivement l’avantage. Sur un nouveau déboulé du Bulgare, parfaitement lancé en profondeur par…la défense Magpie, Mpenza plaçait un tête plongeante hors de portée de Given. « Nous nous sommes tout simplement suicidés, alors que nous étions en position favorable après l’ouverture du score », a déploré Big Sam. A croire que le manque de rigueur est une marque déposée Newcastle United depuis les années Robson.

A 2-1 en faveur des Citizens, alors qu’il restait plus de quarante minutes à jouer, le match était déjà plié. Jamais Newcastle ne donna l’impression de pouvoir revenir dans la partie. Et le troisième but, superbe qui plus est, d’Elano d’assommer encore un peu plus les coéquipiers d’Alan Smith. Les Pies ont joué tout le long de la seconde mi-temps comme s’il ne restait que cinq minutes : grande saucisse loin devant à destination du pivot Viduka, en espérant une déviation chanceuse pour Oba-Oba. Visiblement, Alan Shearer n’a pas laissé que des statistiques du côté de St James Park, mais aussi une certaine façon de jouer, assez éloignée du toque. Au milieu, seul le vétéran Nicky Butt tenta d’insuffler un semblant de révolte à un midfield bien pâle, contrastant avec les virevoltants marathoniens Petrov et Elano.

Newcastle United saura-t-il rebondir rapidement ? Rien n’est moins sûr. D’autant que les solutions offensives sont relativement restreintes pour Allardyce. En effet, Owen a récemment renouvelé son abonnement à l’infirmerie et Babayaro est actuellement blessé. L’influence de l’indisponibilité du Nigérian sur le rendement offensif du club du nord du pays ? C’est le pauvre Charles N’Zogbia, homme providentiel des Magpies depuis le début de saison, qui est obligé de se coltiner provisoirement le poste de latéral gauche. Pourtant, lorsqu’il joue au milieu, scotché à la ligne de touche, ses dribbles et ses débordements ont de quoi dérouter plus d’un Gary Neville. L’ancien Havrais, 21 ans, réunit ainsi toutes les caractéristiques pour réussir une carrière à la Sébastien Frey : devenir un joueur adulé dans son pays d’adoption tout en restant ignoré, voire inconnu chez nous. Quoi qu’il en soit, comme lors des années Robson, Newcastle a une fois de plus failli à l’extérieur, au moment où il pouvait, où il devait confirmer son embellie naissante. Alors, Newcastle condamné à l’irrégularité perpétuelle ? Réponse dimanche à 16h, face à Everton, autre intertotiste potentiel.

Par Marc Hervez




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