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Neuf de province

Des villes, d’abord : Châteauroux, Laval, Clermont, Niort, Ajaccio, Le Havre, Reims, des étapes récurrentes de la Ligue 2. Et, au milieu, des buteurs. Des mecs qui se sont taillé un costard de légende dans un championnat difficile, physique, brutal. Des bonhommes que l’histoire ne doit pas oublier.

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Un voyage au Petit-Quevilly et son mythique Robert-Diochon, là où Jean-Pierre Mocky posa quelques jours ses caméras au début des années 1980 pour tourner quelques scènes d’À mort l’arbitre. Une nuit d’octobre, un US Quevilly-Rouen Métropole-AC Ajaccio, la 362e copie d’une carrière. « Maintenant, je suis habitué à ces matchs-là, je les connais par cœur » , sourit Ghislain Gimbert, 32 ans et carabine principale de l’ACA, actuel deuxième de Ligue 2. Ce soir-là, la meilleure gâchette en activité du championnat claquera le 83e but de sa carrière en seconde division, ce qui le place six balles devant Mathieu Duhamel, pour la énième fois adversaire d’un soir.


Ces mecs-là se connaissent sur le bout des doigts, se reconnaissent d’un coup d’œil, semblent parfois se chercher du regard. Ils sont de la même espèce, viennent du même monde. Gimbert est né à Roanne, Duhamel à Mont-Saint-Aignan. Lorsqu’il parle de son job, le second avance être « content d’être là » où il est aujourd’hui, le premier ne dit pas autre chose. « J’ai connu tous les niveaux : PH, DHR, DH, CFA et National, donc c’est vrai que ces expériences font qu’aujourd’hui, je suis un joueur un peu plus complet, raconte Duhamel. Jouer dans certains stades de PH ou DH, je pense qu’un professionnel ne pourrait pas le faire parce que parfois, ce n’est pas trop du football. Certains adversaires jouent plus le joueur que le ballon et font de très grosses fautes parce qu’ils savent qu’à ce niveau, les sanctions ne sont pas les mêmes. »


Avant de connaître rapidement la Ligue 1 avec Caen et Évian, Mathieu Duhamel a rencontré les « bagarres générales » à côté de Rouen, les « pères de famille dans l’équipe qui étaient plus bière et cigarette » à Romorantin. Gimbert, lui, a surtout bourlingué chez les pros : Grenoble, Tours, Libourne, Vannes, Laval, Troyes, Le Havre et donc Ajaccio, plus un crochet de quelques mois en Belgique, à Zulte Waregem. Eux aussi avaient des rêves au départ : « Jouer au plus haut niveau avant tout, répond le finaliste de la Coupe de la Ligue 2009. Mais l’essentiel était surtout de durer dans le circuit. J’ai commencé à 18 ans, j’y suis encore à 32 et c’est déjà une bonne chose. Le regret, bien sûr, c’est de ne pas avoir joué en Ligue 1. Au fond, peut-être que je suis simplement un joueur de Ligue 2 qui n’arrive pas à franchir le cap. »

« Putain, t’es toujours là toi !  »


La question se pose et Ghislain Gimbert n’est pas le premier à se pencher sur l’équation. Référence de deuxième division dans les années 1990 et au début des années 2000, Robert Malm témoigne : « Quand on parle de buteurs étiquetés D2, je pense directement à Samuel Michel, Laurent Dufresnes, Yannick Le Saux, Didier Monczuk, Guilherme Mauricio, Cédric Fauré... Ce championnat était fait pour nous, mais parfois, je me dis que si on jouait encore aujourd’hui, on serait peut-être en Ligue 1. Faut se rappeler qu’à notre pic, on avait devant nous des joueurs comme Papin, Henry, Trezeguet, Onnis pour les plus anciens. » Il y a quelques années, au lendemain d’un succès de Reims sur Lille, Daniel Riolo n’avait pas hésité à se jeter dans les pieds de Gaëtan Charbonnier, le qualifiant de « bon attaquant de Ligue 2, il n’y a pas de honte à dire ça » . Aucune honte non, une fierté même pour certains, un mauvais alignement des planètes pour d’autres. Exemple parfait des mitraillettes de D2 : Jean-Pierre Orts, qui affiche sur son CV 182 patates en 300 bastons de deuxième division, pour neuf petites pralines en 60 matchs de D1.


« Si je prends mon exemple, je me suis déjà posé la question : est-ce que j’ai été assez bon ? Oui, peut-être que je n’ai pas toujours fait les efforts, mais à chaque fois que je jouais en préparation contre un club de Ligue 1, je marquais, relance Malm. Quand j’ai eu ma chance dans ce championnat, notamment à Toulouse, je n’ai pas toujours joué en pointe non plus parce qu’il y avait devant moi Samuel Ipoua et Vladimir Petrović. Réussir en Ligue 2 ne m’a pas empêché d’être respecté par les autres buteurs et un jour, lors d’un amical contre Nantes où j’avais planté, Baup avait même eu ces mots : "Putain, t’es toujours là toi." » Même réflexion du côté de Gimbert qui croise les mêmes têtes, les mêmes équipes depuis bientôt quinze ans. « À force, même en Ligue 2, tu te fais une réputation, glisse-t-il. Tout le monde me connaît, donc des fois j’entends des "on a encore Gimbert sur le dos, ça va être chiant", c’est assez drôle. »


Les années ont passé, le championnat de deuxième division n’a pas changé, toujours cette même caricature représentant un championnat ultra physique, où les espaces sont réduits et où les vrais buteurs se font rares. Une histoire de mental, d’hygiène de vie pour tenir. Un métier différent de celui des gars de l’étage supérieur ? « Ici, on sait que dès qu’on reçoit le ballon dos au but, on va directement se faire tamponner. La Ligue 1, c’est plus rythmé, complète l’attaquant de l’AC Ajaccio. Aujourd’hui, ça serait peut-être plus difficile pour moi, mais je pense qu’on fait tous le même métier, c’est la vie qui est différente. Je suis content d’être resté dans ce monde, mais j’aurais aimé aussi voir ce qu’il se passe de l’autre côté parce qu’au fond, je ne sais pas ce qu’est ce très haut niveau. On vit modestement, on reste humain, avec moins de pression. »

« J’attendais ça depuis seize ans, j’ai fait le choix de ne pas y goûter »


La Ligue 1, Ghislain Gimbert aurait pu lui soulever la jupe il y a quelques années, au moment où Olivier Giroud est allé grandir à Montpellier et où Nolan Roux débarquait dans l’élite avec ses statistiques folles et le Stade brestois. Pour lui, ça aurait dû être Sochaux, mais Vannes s’opposa alors à son départ. Dans son coin, Jean-François Rivière, autre mythe de Ligue 2, l’a laissée filer en quittant l’AC Ajaccio à l’été 2011 malgré le retour du club corse dans l’élite. « Je n’étais pas content de ce qu’on me proposait à l’époque, se justifie-t-il. Maintenant, c’est un regret parce que j’aurais bien aimé titiller la Ligue 1 pour voir si j’étais capable de faire quelque chose, pour voir quel niveau j’avais par rapport à l’élite. J’attendais ça depuis seize ans et malheureusement, j’ai fait le choix de ne pas y goûter. »


Comme Jean-Michel Lesage avant lui, que le coach du Havre, Thierry Uvenard, décrit comme un « sentimental. Il était heureux au Havre, alors il y est resté. (...) Il est très fort quand il se sent chez lui. » Un mec qui trouvait davantage son bonheur en croquant dans un Twix plutôt que dans un bon verre de vin. Du haut de ses trente ans, Ghislain Gimbert est également rentré dans cette démarche, parle toujours du foot comme d’un métier de passion, mais avoue « davantage extérioriser les choses qu’au début. Depuis la trentaine, je fais mon métier, mais j’ai aussi une vie à côté. » Une vie tranquille, celle du neuf de province, celui qui connaît la gueule de tous les supporters de son stade, mais désormais aussi l’emplacement de tous les projecteurs de Gaston-Petit. La marque des grands.

Par Maxime Brigand Propos de Ghislain Gimbert et Robert Malm recueillis par MB, ceux de Jean-François Rivière par AA, de Mathieu Duhamel par AB et ceux de Thierry Uvenard par MP.
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