Nestor Kirchner, une vie en ciel et blanc

Nestor Kirchner, président de l'Argentine de 2003 à 2007, s'est éteint hier à 60 ans. Passionné de football - presqu'un pléonasme pour un Argentin - et supporter des ciels et blanc du Racing Club, il fut l'un des instigateurs du programme « Football pour Tous » .

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Même s'il n'est jamais allé jusqu'à enfiler le short et les crampons publiquement, comme le faisait régulièrement son prédécesseur péroniste Carlos Menem, qui participa à plusieurs rencontres caritatives aux côtés de l'idole Diego Maradona, et qu'il n'était pas du genre à faire le fanfaron en tribune, Nestor Kirchner était un mordu de sport. Et particulièrement de football, qui le faisait « plus souffrir que la politique » , comme il l'avait reconnu l'an dernier au cours d'une interview. Il y a à peine plus d'un mois, Nestor Kirchner avait reçu el Diez dans sa résidence d'Olivos. Si aucun mot n'avait alors filtré de leur conversation, Maradona avait assuré quelques jours plus tard que l'ancien président n'avait pas apprécié qu'il soit écarté du poste de sélectionneur à l'issue de la Coupe du monde en Afrique du Sud. Certains évoquèrent alors un rapprochement entre les deux hommes en vue des élections législatives de 2011. Le Pibe de Oro, qui fêtera après-demain son cinquantième anniversaire, s'est rendu hier à Calafate, afin de présenter personnellement ses condoléances à Cristina Kirchner.

Le Racing dans son cœur

Nestor Kirchner était un “hincha” (supporter) inconditionnel du Racing Club d'Avellaneda, « un club qui [occupait] une place importante dans sa vie » , à l'instar du leader historique du Parti Justicialiste, Juan Domingo Perón. Le stade de l'Academia, connu comme Cilindro (le cylindre, pour sa forme circulaire) porte d'ailleurs en réalité le nom de l'ancien président argentin (1945-1955 et 1973-1974), modèle des « K » (surnom du couple Kirchner). Qui n'a vu dans le couple présidentiel le reflet de Perón et de son épouse Evita ? L'an dernier, en pleine période électorale pour les législatives, quelques jours avant un clásico entre les Ciel et Blanc et Boca Juniors, le “Pingouin” (son surnom, qui lui vient de sa province d'origine, Santa Cruz, au Sud de l'Argentine) s'était rendu en hélicoptère à un entrainement du Racing afin de motiver les troupes. L'Academia l'avait emporté 3-0 et Kirchner était réapparu le lendemain au club avec quatre écrans plasma de trente-deux pouces, pour lesquels il aurait déboursé près de 3000 euros.

Le « Football pour Tous » , manœuvre populiste

Également passionné de basket, il avait reçu Manu Ginobili à la Casa Rosada (le siège du gouvernement) au lendemain de son premier titre avec les San Antonio Spurs en NBA, en 2003. Lors de la cérémonie, il avait reconnu qu'il ne « jouait jamais » lorsqu'il évoluait dans l'équipe de son lycée de Rio Gallegos, dans les années 60, malgré son mètre quatre vingt-sept. Nestor Kirchner fut surtout l'une des pièces-maitresses du programme Futbol para Todos (Football pour Tous), lorsque Julio Grondona, le président de la fédération argentine, décida de rompre le contrat de diffusion du championnat avec la chaine privée TyC, en organisant la signature d'un nouvel accord avec la télévision publique. Lors du discours de lancement de l'opération, en août 2009, Cristina Kirchner s'était lancée dans une comparaison plutôt osée, dans un pays encore meurtri par les années de dictature sanguinaire. La présidente avait estimé, dans un élan de démagogie, qu' « on ne [pouvait] plus séquestrer les buts comme on a séquestré et fait disparaitre trente mille Argentins » . L'AFA a décidé de suspendre le championnat et de reporter la journée de championnat de ce week-end. Comme Daniel Passarella, Léo Messi et Sergio Agüero lui ont rendu hommage. Pour les deux Albicelestes, 2011 ne sera pas seulement une année d'élection présidentielle. Ce sera l'occasion de décrocher enfin une nouvelle Copa America. Un rêve que nourrissent tous les Argentins. Un rêve que nourrissait sûrement ce fan du Racing dont le cœur s'est arrêté de battre hier.

Alejandro Carbone, à Buenos Aires

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A part pour le foot, il a fait quoi pour l'Argentine ce type ?
On dit que certains jouors sont surestimés, et bin, c'est la même chose pour les hommes politiques !
Il a mis sa bonne femme au pouvoir pour continuer à diriger le pays. Pfff...
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