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Neil Tovey : « Le sport est bien plus influent que la politique »

En 1996, l'Afrique du Sud remportait la CAN à domicile. Un an après les rugbymen champions du monde, les footballeurs offraient une nouvelle fête populaire à un pays encore marqué par des décennies d'apartheid. Neil Tovey (54 ans), capitaine des Bafana Bafana à l'époque et premier joueur blanc à remporter une Coupe d'Afrique des nations, revient sur cet exploit qui a accéléré le processus d'unification de l'Afrique du Sud.

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Alors, ça fait quoi de serrer la main de Nelson Mandela ?
C'est un moment dont je suis très fier ! Ce n'est pas tout le monde qui a pu avoir cette opportunité, même en Afrique du Sud. C'était l'une des plus grandes icônes du XXe siècle, et il en sera encore une pour les temps à venir. J'ai eu le privilège de le rencontrer à plusieurs reprises, ou de l'avoir au téléphone, ça a toujours été un grand honneur. Surtout quand tu viens de remporter un trophée pour ton pays.

Que vous a-t-il dit en vous remettant la Coupe ?
« Vous savez, sans Mandela, nous n'aurions pas pu jouer. »
D'abord, il m'a dit « bien joué » , puis il nous a remerciés d'avoir fait ça pour le pays. Vous savez, sans lui, nous n'aurions pas pu jouer de compétition ou de match international. Sans ce fighting spirit qu'il a eu quand il est sorti de prison, et qui lui a permis de devenir notre président.

Lorsque vous gagnez la CAN, vous avez trente-quatre ans. Cette victoire est-elle l'aboutissement de votre carrière ?
Oui, j'étais âgé. Et j'ai dû commencer ma carrière internationale à l'âge de trente ans. Avant 1992, la sélection d'Afrique du Sud n'avait pas le droit de jouer. Donc je n'ai pu jouer pour l'équipe nationale qu'à partir de mes trente ans, et jusqu'à fin 96. Ça a été des années fantastiques, et j'aurais adoré pouvoir venir en France jouer la Coupe du monde 98. Je me sentais bien, je pouvais encore jouer, j'ai continué ma carrière en club jusqu'en 1999, au haut niveau. Mais le sélectionneur de l'époque, Philippe Troussier, ne m'a pas retenu.

L'Afrique du Sud a été réintégré dans la FIFA en 1992, après la chute du régime de l'apartheid. C'était comment d'être footballeur en Afrique du Sud avant cette date ?
Nous avons raté de très belles choses, parce que nous avions plein de vrais bons joueurs. Et malheureusement, ça les a empêchés de participer à plusieurs compétitions internationales. Comme John Moshoeu, et plein d'autres. Même mon frère ! C'était un très bon joueur lui aussi. Ils n'ont jamais pu jouer pour le pays avant 1992, parce qu'on était bannis. C'était très spécial, et quand on a pu constituer une équipe en 92, j'en ai été le capitaine dès le départ.

En tant que footballeur professionnel, durant l'apartheid, vous ne pouviez pas utiliser votre notoriété pour faire de la politique ? Prendre position, tenter de faire bouger les lignes ?
Ce qui était très particulier avec le football dans notre pays, c'est que notre championnat était multi-racial. Depuis 1978, les clubs avaient des équipes métissées, alors que le pays ne l'était pas et n'était pas démocratique. Je jouais déjà dans des townships dans les années 80, j'ai commencé ma carrière professionnelle en 1981, avec des blancs, des noirs, des indiens. C'était ça, le championnat. Même dans les stades, les fans, la foule, c'était énorme.

Le football était le seul moment où les gens de différentes couleurs pouvaient se rassembler ? Il n'y avait jamais de problème dans les stades, ou même dans les vestiaires entre les joueurs ?
Oui, il y avait des moments compliqués à cause de la situation politique, mais pas dans le football. Nous étions unis. Joueurs blancs, joueurs noirs, nous étions une équipe. Quand on allait dans les hôtels, lors des déplacements, on y allait avec les joueurs de couleur, qui normalement ne pouvaient pas y aller ! Nous étions ensemble, et les fans aussi.

Vous avez remporté la CAN en 1996 en Afrique du Sud, un après la victoire des rugbymen à la Coupe du monde, là aussi à domicile. Lequel de ces deux événements a le plus marqué votre pays ?
Les deux ont énormément contribué à unifier le pays. En 1994, nous sommes devenus une nouvelle nation démocratique. Mandela est sorti de prison en 1990, et dans les années qui ont suivi, le pays était encore une jeune démocratie. Le rugby, le football et le sport ont aidé les gens à se rassembler plus vite. Peut-être le football encore plus, parce que c'est un sport encore plus populaire en Afrique du Sud. Nous avons joué un grand rôle dans le rassemblement du peuple. Le sport a toujours fait ça, il est bien plus influent que la politique.

Surtout que l'équipe de rugby de 1995, dont on avait énormément parlé à l'époque, était quand même composée à 90% de joueurs blancs. Alors que l'équipe de football de 1996 était bien plus métissée.
Oui, c'était même plus que du 50-50 dans notre équipe. Si on compte les joueurs non blancs, peu importe leur couleur, le fait qu'ils soient métis ou autre, il y avait environ 30% de blancs, au maximum on était sur du 40-60.

Pourquoi étiez-vous capitaine ?
Pourquoi ? Hmmmmm... Comme je vous ai dit, j'ai commencé ma carrière en 1981, et ma première équipe était très majoritairement blanche. Puis au bout de quatre ans, je suis allé jouer au AmaZulu FC. Si vous connaissez l'Afrique du Sud, les Zoulous sont l'ethnie la plus importante. Au AmaZulu, les gens m'aimaient et je suis devenu capitaine. En 1990, je suis parti aux Kayser Chiefs, qui est un plus grand club. Un peu comme Manchester United, ou le PSG, vous voyez ? Et j'étais également capitaine là-bas. Donc j'étais habitué à porter le brassard, et j'avais déjà été capitaine dans des équipes majoritairement noires.

On dit parfois que les artistes ou les sportifs peuvent changer le monde, et transmettre des messages comme personne d'autre ne peut le faire. Vous pensez que c'est vrai ?
Complètement. Complètement ! Et Mandela le pensait aussi. C'est pour ça qu'il était si heureux. Les sportifs peuvent faire beaucoup plus que n'importe quel homme politique. Mandela adorait le sport et était très proche des sportifs.

Donc vous avez le sentiment que la société a changé après votre victoire de 1996 ?
« Après les victoires à la Coupe du monde de rugby et à la CAN, il y a eu une grosse mutation. Les gens de toutes les couleurs faisaient la fête dans les rues, tout le monde oubliait les problèmes, le passé, la tristesse... »
Ça avait déjà commencé à changer, depuis 1992, 1993. Mais après les victoires à la Coupe du monde de rugby et à la CAN, il y a eu une grosse mutation, ça a aidé de façon incroyable. Les gens de toutes les couleurs faisaient la fête dans les rues, tout le monde oubliait les problèmes, le passé, la tristesse, les mauvais moments. C'était un moment heureux pour tout le pays.

Vous êtes le premier joueur blanc à avoir remporté la CAN. Ça vous fait quoi ?
(Rires) Oui ! Vous savez, c'est comme ça, et puis c'est tout. Je ne me suis jamais vraiment soucié de ces questions de couleur. Noirs, blancs... Je suis un footballeur, nous sommes tous ensemble, nous sommes africains, et j'aime mon pays.

Vous êtes le joueur le plus capé de l'histoire du championnat sud-africain. Pourquoi n'êtes-vous jamais parti à l'étranger ?
Au moment où je suis devenu international, j'étais déjà trentenaire, donc j'étais sur la fin de ma carrière. Je pouvais moins m'envoler pour aller jouer ailleurs. Plus jeune, j'avais eu des contacts avec Watford, en Angleterre, je suis allé faire un essai là-bas, mais je n'ai pas aimé le froid et le cadre, donc je suis revenu. J'étais très jeune.

Votre surnom, « Makoko » , il signifie quoi ?
D'abord, il faut comprendre que dans ce pays, quand tu as un surnom, tu dois le mériter ! On ne te le donne pas comme ça, juste pour rire. Tu dois être spécial pour les fans. Quand je jouais à Durban, on m'a surnommé « Peakoko » , comme un paon. Et aux Kaiser Chiefs, mon dernier club, ils n'allaient pas me redonner le même surnom alors ils m'ont nommé « Makoko » , ce qui veut dire le « boss chicken » . Parce que je jouais au milieu de terrain, j'étais capitaine, comme le boss, vous voyez ? Le coq dans le poulailler !

Si vous n'aviez pas été footballeur, vous auriez aimé être médecin. Pourquoi ?
Mon grand-père était médecin, mon oncle aussi, ma mère était infirmière. Donc beaucoup de gens dans ma famille exerçaient des professions médicales. Ma fille travaille aussi dans un hôpital. Mais le football était mon premier amour ! Et j'ai pu devenir professionnel.

Et votre santé, ça va mieux ? Vous avez eu un arrêt cardiaque en octobre dernier. Comment avez-vous récupéré ?
Oui, les choses vont mieux, merci ! J'ai eu cette attaque, mais ma santé s'améliore. Je dois juste faire attention, et surveiller mon stress.

Mais vous travaillez toujours à la Fédération sud africaine de football. Vous êtes triste de ne pas avoir vu votre équipe à la CAN 2017 ?
Oui, je suis directeur technique. Et pour la CAN, on a raté la qualification parce qu'on a trop perdu de matchs à domicile. Si on ne fait pas le boulot à la maison, on ne peut pas imaginer se qualifier pour une compétition ! En revanche, on a bien démarré les éliminatoires pour la Coupe du monde 2018, pour l'instant, ça s'annonce bien.

Propos recueillis par Alexandre Doskov
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