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Napoli-Lazio, comme on se retrouve

L’an dernier, ils avaient offert aux 60 000 du San Paolo le plus beau match de la saison en Serie A, avec l’incroyable victoire du Napoli (4-3). Ce soir, Naples et la Lazio se retrouvent, pour une rencontre au parfum d’Europe, dans les hauteurs du classement.

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Le hurlement du stadio San Paolo résonne encore dans la baie du Vésuve. C’était en avril dernier. Un match fou. Un public en transe. Un match nul inespéré pour le Napoli au vu de la physionomie de la rencontre. Et puis, à trois minutes du terme, Edinson Cavani qui invente un lob génial. 4-3. Le San Paolo est en ébullition, peut-être encore plus que son voisin le Vésuve. La Lazio, alors lancée vers la Ligue des Champions, ne se remettra jamais vraiment de ce coup de massue. Une véritable après-midi de cauchemar, qu’Edy Reja, lié à Naples par le cœur (c’est lui qui a permis au club sudiste de remonter de la Serie C à la Serie A), a eu du mal à digérer. Finalement, la digestion s’est faite au gré des résultats. Depuis le début de la saison, sa Lazio gagne. Pratiquement chaque semaine. Elle s’est ainsi hissée à la première place du classement, à égalité avec l’Udinese. Joli pied de nez envers le Napoli de Mazzarri, qui, lui, a du mal à gérer la double implication championnat/Ligue des Champions. Résultat : Naples compte aujourd’hui sept points de retard sur son adversaire du soir, avec un match en moins, certes, mais sept points quand même. Sept points qui deviendraient dix, en cas de revers ce soir. Un retard déjà conséquent, que Walter Mazzarri n’a aucune intention de laisser encore s’accroître. Car il sait que le train du Scudetto peut passer beaucoup plus vite qu’on ne le pense.

Pas de turn-over

Le ratio du Napoli en Serie A n’a rien de transcendant. Quatre victoires, trois défaites et deux nuls. 15 points en 9 matches. Pour un prétendant au titre, c’est un peu léger. Mais bizarrement, le coach, Mazzarri, ne se fait pas de soucis. Pourquoi ? Parce que Naples sait se sublimer pour les grandes occasions. Les quatre succès ont en effet été acquis contre Cesena, le Milan AC, l’Inter et l’Udinese. Hormis le premier club cité, les autres font clairement partie de la caste des cadors du championnat. Gagner contre les gros, et perdre contre les petits. Voilà tout le paradoxe de cette équipe qui continue, comme la saison dernière, à être souvent dépourvue de toute logique. Or, ce soir, c’est en leader que la Lazio débarque. Gros client, donc grosse motivation. Logique, cette fois-ci. « La Lazio est favorite car elle est devant. Mais nous, nous avons notre courage, et nous pouvons rivaliser avec quiconque » assure Cavani, buteur pas aussi en réussite que la saison passée. Le match contre la Lazio pourrait justement lui rappeler des bons souvenirs.

Même le président De Laurentiis s’y met pour haranguer ses troupes. « Manchester City ? Non non, je n’y pense pas. La Ligue des Champions, c’est la semaine prochaine. Le prochain match, c’est contre la Lazio. Et nous ne devons penser qu’à cela » affirmait-il il y a quelques jours, à des journalistes qui voulaient le chauffer sur la prochaine confrontation, décisive, en Ligue des Champions. Néanmoins, ce match face à City, Mazzarri est obligé d’y penser. Naples y jouera son avenir dans la plus prestigieuse des compétitions. Impossible, pour le coach et ses joueurs, d’ignorer un tel rendez-vous. Mais alors comment faire ? Mettre une équipe-bis contre la Lazio ? Jamais de la vie. Les dernières fois que le technicien a tenté d’appliquer un turn-over, son équipe a toujours perdu. Ce coup-ci, il ne tombera donc pas dans le panneau. Cannavaro, Inler, Maggio, Lavezzi, Hamsik, Cavani… Ils seront tous là ce soir. Et mardi aussi. Tant pis si les organismes sont usés, fatigués, harassés. C’est aussi dans la douleur que l’on reconnaît les vrais champions.

Klose reste à l’infirmerie

La douleur, Edy Reja connaît. Et il la supporte plutôt bien. En début de saison, sa Lazio perd à domicile contre le Genoa. Le public conteste, siffle, hue. Vexé, il s'en va remettre sa démission au président Lotito. Ce dernier refuse. Reja remballe son orgueil et se remet au boulot. Grand bien lui en a pris. La Lazio monte en puissance, remonte au classement, jusqu’à atteindre la première position, la semaine dernière, profitant de l’annulation du match Napoli-Juventus. Alors, fini les douleurs ? Bah non. Au meilleur moment, Reja perd trois armes fatales. Pour le match de ce soir au San Paolo, il ne pourra compter ni sur sa charnière centrale, Andre Dias et Biava, ni (et surtout) sur son attaquant Miroslav Klose. Le buteur allemand a reçu un coup lors du match amical contre les Pays-Bas, et est forfait pour le choc du San Paolo. Dommage, lorsque l’on sait que lors des six derniers matches de Serie A, l’ancien du Bayern a scoré quatre fois et a offert une passe décisive, la semaine dernière. Le joueur, en somme, capable de vous changer l’issue d’un match.

Reja devra donc faire sans. Et sans Klose, c’est tout le dispositif de la Lazio qui est remis en cause. Le club romain, invaincu depuis le 18 septembre, va devoir aligner un 4-2-3-1, avec Djibril Cissé seul en pointe. L’occasion rêvée pour le Français de briller. De fait, le Djib, s’il s’est découvert une passion pour les passes décisives, n’a plus marqué depuis la première journée de championnat, à San Siro, face au Milan AC. Et ça lui manque, bien plus qu’il ne voudrait le laisser paraître. D’ailleurs, en parlant de "but qui manque", impossible pour Christian Brocchi d’aborder ce match sans une pensée à la dernière confrontation entre les deux clubs. Il y avait inscrit un but sublime, que l’arbitre n’avait pas validé, jugeant que le ballon n’avait pas franchi la ligne. Alors qu’en fait, si. « La première chose qui me revient à l’esprit, c’est ce but non validé et cette défaite qui nous a empêchés de disputer une belle compétition comme la Ligue des Champions. C’est un double mauvais souvenir » assure le petit milieu de terrain laziale. Raison de plus pour assurer une belle revanche. Malgré les blessés. Et malgré les blessures passées.

Par Eric Maggiori
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