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Naples n'a plus peur de l'ogre

Trois jours après un déplacement à City, le Napoli accueille le Milan AC pour le premier match de la saison au San Paolo. Sans peur, sans complexe. Ca bouillonne déjà.

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Adriano Galliani aime les boutades. A quelques heures d'un choc face au Napoli, l'administrateur délégué du Milan AC flatte sans vergogne son adversaire. « Le Napoli est redevenu la grande équipe des années 80. Si l'on me dit aujourd'hui que Milan va gagner la Ligue des Champions et le Napoli le Scudetto, je signe tout de suite » affirme-t-il. La stratégie est fourbe. Amadouer son adversaire pour mieux le frapper. Car ce soir, Milan est en danger. En déplacement dans le stade le plus chaud d'Italie, avec un effectif réduit à cause des blessures, le champion en titre va devoir se sortir les tripes. Naples est déjà en forme, et surfe surtout sur des résultats bons pour la confiance, comme cette victoire sur la pelouse de Cesena (1-3), ou ce très bon match nul obtenu face à Manchester City (1-1). Deux scores qui prouvent que les Napolitains n'étaient pas un feu de paille, et que l'équipe de Mazzarri a bien l'intention de continuer sur sa lancée de la saison passée. Une saison magique, au cours de laquelle le club azzurro s'est pris à rêver d'un intouchable Scudetto, qui a finalement atterri dans les bras des rossoneri. Le San Paolo rêve, depuis cette désillusion, de prendre une revanche sur les « méchants du Nord » .

Une entrée corsée

Il faut die que depuis le début de la saison, le Milan AC n'est pas gâté par le calendrier. Lors de ses trois premiers matches officiels, le Diavolo a joué l'Inter Milan en Supercoupe, la Lazio Rome en championnat et le FC Barcelone en Ligue des Champions. Et maintenant, le Napoli. Un enchaînement de rencontres de haut niveau, que la formation de Massimiliano Allegri a, pour le moment, plutôt bien géré. Victorieuse face au cousin intériste, elle est sortie indemne des deux confrontations suivantes, ayant pourtant été menée au score aussi bien contre les Romains (de 0-2 à 2-2) que contre les Catalans (de 1-2 à 2-2). Une force de caractère qui plait au coach toscan, même si ce dernier préfèrerait que ce soir, son équipe ne se retrouve pas dans cette position où il faut courir après le score. Comme l'an passé, lorsque son Milan, autoritaire, était venu s'imposer 2-1 au San Paolo, après avoir assommé l'adversaire dès la première période.

Néanmoins, ce coup-ci, cela risque d'être plus compliqué. D'une, parce que l'infirmerie du Milan est surpeuplée. En plus d'Ibrahimovic, le grand absent, Gattuso, Boateng, Taïwo et Robinho sont forfaits. Ce qui oblige Allegri à composer avec les moyens du bord. Et notamment une doublette Pato-Cassano en attaque. Il y a pire, comme roue de secours. « Il nous manque des joueurs. Du coup, les choix sont quasiment obligatoires. Lorsque tu joues tous les trois jours, c'est mieux d'avoir tout le monde. Néanmoins, ceux qui joueront demain feront un grand match » affirme-t-il. De deux, cela sera difficile parce que Naples est désormais plus complet et compétitif, comme le reconnaît l'entraîneur rossonero. « Cette année, le Napoli est un candidat au Scudetto. Il a gagné en équilibre, grâce à l'arrivée d'Inler, qui donne de la profondeur et de la géométrie. Quant à Lavezzi, il peut faire exploser la banque grâce à ses caractéristiques » assure l'ancien pensionnaire de Cagliari. Des louanges méritées, certes, mais qui sont également proférées pour déstabiliser les Napolitains. Comme pour leur octroyer un rôle de favori qui, l'an dernier, leur a toujours desservi (un nul et cinq défaites lors des confrontations face aux trois autres équipes de tête). Un passé proche révolu ?

Napoli et se taire

Toute cette stratégie souterraine milanaise, Walter Mazzarri n'en a cure. Le guide spirituel du Napoli mène ses troupes vers la bataille sans se préoccuper de ce que dit ou fait le futur rival. Ce qu'il sait, c'est qu'il aura en face de lui le champion d'Italie, trois jours après s'être déplacé chez l'une des meilleures équipes européennes en ce moment. Un déplacement en guise d'apprentissage, et sur lequel l'entraîneur avec l'une des meilleures dégaines de Serie A veut se baser pour le reste de la saison. A compter de ce soir. « Contre le Milan AC, je voudrais que l'on entre sur la pelouse comme lors de la deuxième période face à City. Lors des 45 premières minutes, nous avions une sorte de crainte révérencielle, nous étions trop atteints par l'importance de l'événement. Mais après la pause, les choses ont changé » explique-t-il en conférence d'avant-match. « Les choses ont changé » : c'est sur ces mots que le Napoli veut aborder ce grand choc. Et la suite aussi, d'ailleurs.

Car si l'an dernier, Milan a démontré tout au long du tournoi sa supériorité par rapport à ses poursuivants, cette année, le Napoli veut s'imposer comme le porte-drapeau de la rébellion. Or, avec une année d'expérience en plus dans le crâne, les Lavezzi, Cavani et autres Hamsik peuvent désormais dignement jouer dans la même cour que les Milanais. A condition de ne pas se voir trop beaux, trop tôt, comme le fait savoir Mazzarri. « Le gouffre avec le Milan AC s'est réduit par rapport au passé, surtout en ce qui concerne la mentalité. Toutefois, j'ai dis aux garçons d'archiver les bonnes choses faites jusqu'ici et de se concentrer sur ce match-là. Le plus important, c'est de rester humbles, de connaître ses limites et de ne jamais se reposer sur ses lauriers » martèle le coach, toujours droit dans ses chaussures en cuir marron. En gros, voilà comment dire que Naples n'a même pas peur du grand méchant loup. L'enthousiasme est là, la folie des tifosi aussi. Voilà plus de quatre mois que le volcan napolitain attend un match officiel. Le dernier, c'était un nul face à l'Inter. Cette fois-ci, c'est le Milan AC. Une perche tendue vers la maturité.

Eric Maggiori

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