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Naples, la peur des grands

Ce soir, face à l'Inter, le Napoli n'a besoin que d'un point pour assurer une qualification directe en Ligue des Champions. Facile? Pas sûr. Car cette saison, lorsqu'il a fallu se confronter à des gros clients, Naples n'a jamais répondu présent.

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Naples y a cru. Le peuple napolitain y a cru. Tout le monde y a cru, d'ailleurs. En vain. Ce Napoli-là a fait rêver les foules comme jamais depuis l'époque de Maradona. La ville, toujours folle de son équipe (elle l'était il y a 20 ans, mais aussi quand le club se noyait en Serie C), s'est colorée un peu plus chaque jour de bleu ciel. Le 10 avril dernier, après sa victoire sur la pelouse de Bologne, le Napoli a même regardé tout le monde d'en haut, pendant quelques instants. Une première place éphémère, qui a duré quatre heures, le temps que Milan aille gagner le soir face à la Fiorentina et reprenne son bien. Quatre heures de bonheur, néanmoins. Les quatre dernières heures de bonheur, aussi. Car après avoir caressé le rêve, celui-ci s'est brisé. Une défaite face à l'Udinese (1-2), cumulée sept jours plus tard à un revers en terre sicilienne, a sonné la fin des rêves de Scudetto. Non, Naples ne sera pas champion, pas cette saison en tous cas. Elle gagne tout de même le droit de participer à la Ligue des Champions. Et ça, même le plus fidèle de tous les tifosi n'y aurait pas cru, il y a cinq ans, quand l'équipe jouait contre la Sambenedettese.



Zéro pointé



A quelques heures d'affronter l'Inter (fraîchement qualifiée pour la finale de la Coupe d'Italie), pour l'un des derniers grands matches de la saison, les Napolitains savent qu'ils n'ont plus grand-chose à gagner. Ils sont déjà assurés de terminer dans les quatre premiers, et n'ont besoin que d'un point pour obtenir mathématiquement la troisième place. Au mieux, une victoire pourrait les rapprocher des nerazzurri, actuels deuxièmes. Au pire, une défaite permettrait à l'Udinese, quatrième, de revenir à trois points. A part le prestige, il n'y a guère d'autre enjeu, donc. Enfin si. Il y en a un autre. Le Napoli a à cœur de se racheter envers ses supporters. Non pas de se racheter de ne pas avoir gagné le Scudetto, ce serait un comble, mais se racheter d'avoir toujours flanché dans les grands rendez-vous cette saison.



De fait, la statistique est éloquente. Dans les cinq confrontations qu'elle a jusqu'ici effectuées face aux trois autres équipes de tête (deux contre le Milan AC, deux contre l'Udinese et une contre l'Inter), l'équipe de Mazzarri vante le piteux bilan de zéro point pris. Oui. Zéro sur quinze. Même pas un? Non, zéro. Et à chaque fois, les défaites n'ont rien de scandaleuses. Un sec 3-0 face au Milan AC ou encore des scores de 3-1 encaissés aussi bien chez l'Inter que chez l'Udinese. La peur de jouer dans la cour des grands, peut-être. Ou les limites d'un système de jeu (3-5-2) qui prend l'eau dès que l'équipe adverse sait y répondre et le contrecarrer.



Cavani à Capri sur un bateau



Du coup, pour le dernier rendez-vous de l'année au stadio San Paolo, l'opposition face à l'Inter sonne comme un Grand Pardon. Mieux, le Napoli veut prouver qu'il n'est pas un bluff. Qu'il n'est pas seulement capable de claquer quatre buts contre Bologne ou contre Cesena. Or, les Sudistes ne se présentent pas à cette confrontation dans le meilleur état d'esprit. Déjà, ils seront privés de leur buteur-maison, Edinson Cavani (26 buts), suspendu jusqu'à la fin de la saison pour avoir été « ironique envers l'arbitre » . Mais outre cette absence, c'est surtout l'ambiance qui est devenue exécrable depuis dimanche dernier. Après la défaite sur la pelouse de Lecce (1-2), le président De Laurentiis a tapé du poing sur la table, en affirmant que ses joueurs avaient été « indignes des couleurs du Napoli » . Sympa pour eux.



Et pour arranger le tout, voilà que l'entraîneur, Walter Mazzarri, grand artisan de cette incroyable saison, vient laisser planer le doute quant à son avenir. Les médias italiens, toujours bien informés, l'envoient à la Juventus pour la saison prochaine. Lui ne confirme pas, mais ne dément pas non plus. Ce qui a le don d'agacer son président. « S'il ne veut pas rester, il devra me le dire lui-même et m'expliquer les raisons de son choix. Je suis quelqu'un de très fidèle, les gens avec qui je collabore restent avec moi toute une vie. Si quelqu'un change d'avis, je le prends très mal » affirme-t-il. Le message est clair. Tout comme celui qu'il souhaite faire passer à ses joueurs : « Si nous assurons la qualification directe en Ligue des Champions, j'emmène tout le monde pendant une semaine en vacances à Capri » promet le big boss. Message subliminal, à lire entre les lignes : Capri, c'est fini. Mais pas la saison.



Eric Maggiori

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Entre la Juve même pas qualitifée pour la League Europa et le Napoli qui jouera la C1, si Mazzarri hésite c'est qu'il est vraiment un vendu.
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