1. //
  2. // Napoli/Inter Milan

Naples-Inter, à charge de revanche(s)

Ce soir, l’Inter et Naples tenteront de rejoindre la Juventus en demi-finales de la Coupe d’Italie. La dernière fois que les deux équipes se sont affrontées, début octobre, l’Inter était au fond du gouffre et Naples flambait. Depuis, les choses ont bien changé.

Modififié
0 0
1er octobre 2011. L’Inter reçoit le Napoli à San Siro. Ranieri vient de débarquer à l’Inter, et a enchaîné deux victoires pour ses deux premiers matches à la tête de l’équipe nerazzurra. Son but : réaliser la passe de trois contre le Napoli. Il ne croyait pas si bien dire. La passe de trois, c’est le Napoli qui va la réaliser. 3-0. Une victoire historique en terre milanaise, pour un Napoli qui, ce soir là, malgré l’absence de Cavani, se replace dans la course au titre. Il faut dire que les Napolitains ont assuré un début de saison en fanfare. Un match nul sur la pelouse de Manchester City (1-1), suivi d’une victoire 3-1 contre le Milan AC, champion d’Italie : voilà de quoi laisser penser que la saison 2011-12 allait être encore plus folle que la précédente. Et puis, les choses se sont gâtées pour le Napoli de Mazzarri, à cause, aussi, des énergies laissées en Ligue des Champions. Des matches nuls décevants face à des équipes mal classées (0-0 à Cagliari, 1-1 à Novara et à Sienne), des défaites difficilement compréhensibles (1-2 à domicile contre Parme, 1-2 à Catane) et surtout ce nul 3-3 contre la Juventus, alors que les Napolitains semblaient avoir fait le plus dur en menant 3-1. Résultat : Naples pointe aujourd’hui à la septième place du classement, à 12 points de l’ennemi turinois, et 11 du Milan AC. Or, côté napolitain, si tout le monde continue de croire que l’équipe peut remonter, Mazzarri en tête, les stratégies commencent à évoluer. Désormais, en Italie, seules les cinq premières places assurent une place en Coupe d’Europe. Juventus, Milan AC, Udinese, Inter, Lazio, Roma. Cela fait déjà six équipes sur le coup. Et si la Coupe d’Italie devenait, à l’improviste, une solution de secours pour assurer ses arrières ?

25 ans de disette

Evidemment, à Naples, la Coupe d’Italie n’est pas forcément le trophée le plus désiré. Même si, force est de constater que ce soir, le San Paolo risque d’accueillir au moins 45 000 tifosi bouillants. Car mine de rien, cela fait bien longtemps que le Napoli n’a pas soulevé cette Coupe. 25 ans, très exactement. La dernière fois, c’était en 1987, année magique où le Napoli de Maradona réalise le seul doublé Coupe-Championnat de son histoire. Depuis, Naples a atteint deux fois la finale (1989, 1997), mais n’a plus jamais passé les quarts depuis son retour en Serie A, lors de l’été 2007. Paolo Cannavaro, capitaine de l’escadron napolitain, aimerait bien inverser le cours de l’histoire. D’autant que l’an passé, son Napoli avait chuté à ce même stade des quarts de finale, justement contre l’Inter, aux tirs aux buts. Une élimination qui brûle encore. « C’est une défaite que nous n’avons pas oubliée. Espérons que cette fois-ci, cela soit notre tour, de façon à effacer cette élimination amère. Nous donnerons le maximum pour exploiter cette chance, et nous en avons la capacité » assure-t-il dans la Repubblica.

Le maximum, Walter Mazzarri a bien l’intention de le donner également, notamment au niveau de sa composition d’équipe. Peu de turn-over, hormis peut-être au milieu de terrain, où Dzemaili et Zuniga devraient être alignés d’entrée. En attaque, Cavani, Hamsik, Pandev (revenu à un niveau honorable depuis quelques semaines) et Lavezzi se disputeront les trois postes disponibles, pour former un trio capable de percer une défense interiste qui n’a encaissé que trois buts lors des huit derniers matches officiels. Alors oui, les huitièmes de finale de la Ligue des Champions, à jouer en février contre Chelsea, font rêver. La Coupe d’Italie, un peu moins. Mais Naples n’a pas le droit de la snober. Pour assurer son avenir européen. Pour prendre sa revanche. Et pour ses supporters.

Ranieri et le San Paolo maudit

Mais en face, il y a l’Inter. L’équipe la plus en forme en Italie. Qui reste sur huit victoires consécutives (sept en championnat, une en Coupe d’Italie). Qui a remporté les deux dernières éditions de la Coupe d’Italie. Qui sait donc comment remporter une compétition, même sans briller. Pourtant, depuis qu’il est arrivé à Milan, Ranieri en a pris plein la face. « L’Inter joue mal » , « l’Inter n’est pas belle à voir » , « l’Inter gagne à l’arrache » . D’accord. Mais l’Inter gagne, les cocos. Et c’est ça que Massimo Moratti avait demandé à l’ancien coach de la Roma, lorsqu’il a pris en mains l’équipe. L’Inter était alors 18ème du classement. Quatre mois plus tard, la même équipe est 4ème, et vient de remporter 15 des 23 matches qu’elle a disputé avec Ranieri sur son banc. Soit 65% de victoires. Dimanche soir, contre la Lazio, avec un Milito de retour au top, l’Inter a continué sur la même lignée. Un match tout dégueu, deux occasions dans toute la rencontre, et un succès 2-1 qui lui permet de passer devant les biancocelesti au classement. « De ce match, je ne retiendrai rien, à part le résultat » déclarera le technicien, lucide, à la fin de la rencontre.

Lucide, certes, mais toujours aussi convaincu que sa méthode est la bonne. D’ailleurs, il compte bien l’appliquer encore ce soir, dans un San Paolo qui ne lui a pas vraiment porté chance ces dernières saisons. En effet, lors de ses quatre dernières venues à Naples, Ranieri est reparti avec trois défaites et un nul dans les valises. Raison de plus... « J’attends une grande prestation de mes joueurs pour faire taire le San Paolo, avance le coach. Maintenant, il faut voir comment nous allons réussir à répondre coup sur coup à une équipe qui, à domicile, veut te faire jouer pour te prendre en contre. Ce ne sera pas facile  » . Mais côté Inter, tous les esprits ne sont pas tournés vers le match du soir. En effet, outre le départ de Motta pour le PSG ( « il se peut que le match contre Naples soit son dernier » a affirmé son agent), la presse italienne évoque depuis ce matin un éventuel retour de Mourinho l’an prochain. Voilà qui va évidemment faire fantasmer certains tifosi. Un fantasme un peu plus excitant qu’une Coupe d’Italie.

Eric Maggiori
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Aucun commentaire sur cet article.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
0 0