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Naples, huitièmes en vue

Après son exploit face à Manchester City, le Napoli est à un pas de la qualification en huitièmes de finale de la C1. Mais ce pas, il va falloir le franchir ce soir, sur la pelouse d’un Villarreal déjà éliminé, mais qui ne représente pas forcément un bon souvenir pour les Napolitains.

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Nous sommes le 24 février 2011. Villarreal et le Napoli s’affrontent au Madrigal, pour un seizième de finale d’Europa League. 0-0 à l’aller. Le match est intense. Naples en prend vite les commandes. 1-0. Mais les jaunes renversent la situation. 1-1, puis 2-1. La seconde période sera splendide. A 2-2, le Napoli serait qualifié. Mais le sous-marin, ce soir-là, ne coule pas. Les Italiens sont éliminés. « A l’année prochaine, ailleurs » . Ce ailleurs, c’est la Ligue des Champions. Coïncidence du tirage, les deux équipes se retrouvent dans la même poule. La poule de la mort, avec Manchester City et le Bayern Munich. A vrai dire, on ne donne pas cher de leur peau à ce moment-là. Les plus visionnaires commencent même à se demander qui, du Napoli ou de Villarreal, réussira à terminer troisième. Les pronostics penchent plutôt vers Villareal. Bah oui, le championnat italien ne vaut plus rien, non ? Surtout par rapport aux géants et géniaux Anglais et Espagnols. Voilà la réponse aux clichés, matérialisée en deux scores : 2-0 et 2-1. Les scores de Napoli-Villarreal et Napoli-Manchester City, qui permettent, pour le moment, à la formation de Walter Mazzarri de camper la deuxième place du groupe, derrière l’intraitable Bayern Munich. Et Villarreal ? Nada. Niente. Rien. Zéro point, comme l’Otelul Galati et comme le Dinamo Zagreb. Humilié, le sous-marin jaune. Mais ce soir, l’équipe de Juan Garrido, qui reste sur trois défaites consécutives toutes compétitions confondues, a l’occasion de sauver l’honneur. En se battant. En honorant son maillot. En prenant au moins un point. Et en filant un sacré coup de pouce à Manchester City.

Des mecs capables de tout

Or, pour le Napoli, il ne s’agit pas d’une formalité. Tout simplement parce que les Napolitains, depuis le début de la saison, ont prouvé une chose : ils ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils ne sont pas favoris. Milan AC, Inter, Udinese, Lazio, Juventus, Manchester City : contre toutes ces grosses écuries, le Napoli n’a jamais connu la défaite. En revanche, lorsqu’il s’agit d’affronter le Chievo, Catane, ou l’Atalanta, là, c’est une autre affaire. Plusieurs explications possibles. Avec la multiplication des rendez-vous, Mazzarri est obligé de pratiquer un turn-over conséquent. Son banc n’étant pas fourni, ou du moins pas aussi talentueux que son onze-titulaire, le technicien a tendance à privilégier les grands rendez-vous. Du coup, sur un match, Naples est capable de tout. Capable de battre l’une des meilleures équipes d’Europe, Manchester City, mais aussi de perdre contre Villarreal, ce soir, alors que tout laisse à penser que la victoire les attend.

Les joueurs, eux-mêmes, en sont conscients. Et c’est bien ça qui leur fait peur. « Villarreal est en difficulté en championnat, et n’a pris aucun point en Ligue des Champions. Mais cela reste une bonne équipe, qui sera très difficile à affronter au Madrigal. Ce sera une rencontre compliquée, nous devrons nous battre et lutter pendant 90 minutes pour sourire à la fin. Mais en aucun cas, nous ne devons penser que ce match est gagné d’avance » assure Marek Hamsik qui, en ouvrant le score l’an passé au Madrigal, avait provoqué l’écroulement des barrières qui retenait la horde de tifosi napolitains. Malheureusement, Naples était reparti les mains vides. Ce ne sont évidemment plus les mêmes données. Le Napoli est plus mature, plus sûr de lui, et surtout conscient de pouvoir se mesurer à quiconque. Même si, trois jours plus tard, ils peuvent aussi perdre contre le dernier du championnat. C’est le revers de la médaille. Ce soir, Mazzarri ne va même pas y réfléchir à deux fois : c’est son équipe-type qu’il va aligner. Pas de conditionnel. Hamsik, Lavezzi, Cavani, Inler, Maggio, Cannavaro, De Sanctis… Tous ces noms ne se conjuguent, de toutes façons, qu’à l’indicatif.

Fièvre jaune et bleu roi

Pour Villarreal, il n’est plus question de conditionnel ou d’indicatif. C’est plutôt au passé, qu’il faut s’exprimer. L’équipe est déjà éliminée, et assurée de terminer dernière de son groupe. Il lui reste une seule chose à sauver : l’honneur. L’honneur de se dire que l’on ne repart pas avec six défaites dans les valises. L’honneur, aussi, d’avoir jouer le jeu jusqu’au bout, pour ne pas avantager ou désavantager ceux qui jouent encore la gagne et la qualif. Car c’est bien le rôle d’arbitre que Villarreal va camper ce soir. Avec un succès, Naples se qualifie, indépendamment de ce qui se passe au City of Manchester Stadium. En revanche, avec un autre résultat (nul ou victoire de Villarreal), alors le destin napolitain dépendra de l’issue du match entre City et le Bayern, sachant aussi que les Bavarois sont déjà assurés de la première place du groupe. Dans cette situation, Naples peut aussi se qualifier en perdant en Espagne : il faudrait alors que City ne gagne pas contre le Bayern. Beaucoup de cas de figure possibles, qui dépendront, dans tous les cas, du sérieux avec lequel Villarreal abordera ce match.

Depuis le début de la saison, les prestations satisfaisantes de l’équipe espagnole se comptent sur les doigts d’une main. Trois victoires, cinq nuls et six défaites en championnat, Villarreal est actuellement quinzième, à deux points, seulement, de la zone de relégation. La blessure de Giuseppe Rossi, tant de fois sauveur de la patrie la saison dernière, a des conséquences désastreuses sur le rendement de l’équipe, qui doit également faire sans son défenseur Català, absent six semaines. Nilmar, en revanche, a fait son retour samedi contre Santander (défaite 1-0) après deux mois d’absence. Il s’était blessé lors du match aller, au San Paolo de Naples. C’est donc avec une petite équipe que Juan Garrido va recevoir ce Napoli plein d’espoir et d’envie, à la recherche d’une qualification en huitièmes de finale de C1 depuis 1991. Vingt années d’attente, qui pourraient se concrétiser ce soir, dans la banlieue de Valence. Ils seront d’ailleurs près de 5000 à faire le déplacement depuis le Sud de l'Italie. Pour que le sous-marin jaune soit submergé par les flots bleus. Un bleu roi, même.

Eric Maggiori
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Vous confondez modes et temps, eric
sûr, KS ? des exemples ?

moi j'ai remarqué seulement une toute petite coquille (un infinitif je crois), mais c'est normal, comme dans tout canard -- même électronique -- qui fait le choix de ne pas payer quelqu'un pour le travail ingrat de corriger ce genre de trucs menus.

en général je trouve qu'eric, quand il n'a pas l'air pressé, écrit plutôt bien.
badastronaut Niveau : District
Je pense qu'il fait référence à ça:
"Pour Villarreal, il n’est plus question de conditionnel ou d’indicatif. C’est plutôt au passé, qu’il faut s’exprimer".
Bref on s'en fout...
Très bon article, mais j'aurais associé la couleur bleu roi plus à un bleu foncé genre Everton ou Schalke 04( qu'on appelle d'ailleurs les Königsblauen, bleu roi en allemand)
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