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Nándor Hidegkuti, le genre idéal

Métronome du Onze d’or hongrois distillant des amours de caviars pour Kocsis et Puskás, l’un des premiers neuf et demi de l'histoire s’est éteint il y a quasiment quinze ans le jour de la Saint-Valentin. Du MTK Budapest révolutionnaire de Bukovi au triplé lors du « match du siècle » en passant par une transfusion miracle et un film de propagande, le culte du « Vieux » également vainqueur de la Coupe des coupes avec la Fio et artisan de la résurrection d’Al-Ahly sur les bords du Nil a traversé les décennies.

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« Hidegkuti a rendu son dernier souffle en février 2002, trois semaines avant son 80e anniversaire. Le deuil s’est propagé d’Óbuda à Berne, du boulevard Hungária à Florence, du Caire à Győr, partout sur la planète Terre. Le meneur de jeu légèrement reculé par rapport à la position classique du dix s’est ancré de lui-même dans un coin : celui du patrimoine mondial du football.  » En dépit de sa plume laudative, Iván Hegyi exagère à peine lorsqu'il rend hommage au gouvernail du Onze d’or huit ans après sa mort dans un supplément week-end du journal de gauche Népszabadság aujourd’hui disparu.


Car avant le drag-back goal de Puskás enfonçant les Three Lions à Wembley en novembre 1953, Nándor a été le premier à faire s’égosiller le mythique commentateur magyar György Szepesi lors du «  match du siècle » . Débordement de Budai dès l’engagement, remise manquée pour Kocsis, dégagement british foiré dans l’axe, récupération de Bozsik, une-deux avec Zakariás, Boszik lance Hidekuti aux vingt mètres qui fixe, feinte, dribble, arme du droit à l’entrée de la surface : lucarne. Puis le doublé mouchant l’égalisation de Sewell. Et le hat-trick en volée à bout portant sur une transversale-chandelle du Major.

« Milieu reculé  » et fichu sur la tête


Venu au monde en 1922, Hidegkuti était le « Vieux » de l’armada magyare. Cinq piges de plus que Puskás, sept de mieux par rapport à Kocsis. Seul le « Brigand » Gyula Lóránt (1923), sauvé par coach Sebes des geôles communistes où il croupissait, effleurait son titre de doyen car il voulait suivre Kubala au Barça. Ses ascendances bourgeoises ont pourtant failli lui coûter son spot en sélection. Père gradé et héros de 14-18, mère patronne d’une usine de collants à Óbuda, sur la rive résidentielle et chic du Danube. Collants qu’il chapardait systématiquement enfant afin de fabriquer des taille cinq de fortune. L’arrivée du stalinien Mátyás Rákosi aux commandes de la Hongrie au lendemain de la Libération menace directement l’avenir du foyer Hidegkuti. Notamment la carrière de Nándor qui commence à percer au MTK Budapest sous l’impulsion du génial Márton Bukovi, fossoyeur du WM de papa chez les Blanc et Bleu et créateur du poste de « milieu reculé » spécialement imaginé pour son protégé. Comme dans l’épineux cas Lóránt, Sebes le Rouge vif amadoue le Parti au nom du prestige sportif. Quitte à mentir sciemment sur le background bourge d’Hidegkuti qui lui doit autant que le « Brigand » .


« Sebes m’a dit qu’il fallait faire oublier aux camarades qui nous sommes vraiment, inventer une autre famille Hidegkuti idéalisée à travers un mini-documentaire  » , dévoile le « Vieux » . « Le film est passé aux actualités cinématographiques. Ils montraient maman se démenant fichu sur la tête à côté d’une machine et racontaient son casse-tête quotidien entre l’usine et les tâches ménagères... Elle était devenue la travailleuse typique ! Ceux qui nous connaissaient savaient que c’était totalement faux. Mais grâce à cette supercherie, elle a gardé son emploi et j’ai pu jouer avec Öcsi (Puskás) et les autres. » Et quand « Öcsi » , Kocsis et Czibor décampent à l’automne 56 lors d’une tournée du Honvéd pendant que les chars soviétiques matent l’insurrection de Budapest, Hidegkuti est l’un des rares à rester en territoire hongrois. Les autorités lui sont tellement reconnaissantes qu’elles le sollicitent pour remplacer Puskás l’effroyable déserteur dans une comédie intitulée L’attaquant de rêve. Le pitch ? Le président du pays imaginaire Futbólia demande à l’amiral Duca de ramener un avant-centre maison jouant avec les A en Suisse. Si l’équipe défait le Ruganda, le pays est sauf. Duca kidnappe un Hongrois installé à l’Ouest censé renforcer l’effectif. Scandale, révolution en tribunes et fuite définitive de Jóska.

Poche de plasma et bêtise du « Fradi »


C’est d’ailleurs en Suisse que le médaillé d’or 1952 d’Helsinki devait tâter le Graal suprême si le miracle de Berne n’était pas intervenu. Hidegkuti himself en a néanmoins provoqué quelques-uns. Du genre mener la Fio vers son premier trophée européen en triomphant des Glasgow Rangers lors de la Coupe des coupes 1961. Construire un 5-3-2 dévastateur permettant aux Cairotes d’Al-Ahly de renouer cinq fois avec le titre égyptien délaissé depuis 1962. Ou propulser la provinciale Győr sur le toit de la Hongrie (1963) au nez et à la barbe des mastodontes budapestois (Ferencváros, Honvéd, MTK, Újpest et Vasas). Un parcours d’autant plus extraordinaire quand on sait qu’il a été déterminé par une poche de plasma. « Durant mes débuts au MTK, je n’arrivais pas à développer mon jeu convenablement. Bukovi m’a immédiatement envoyé à l’hôpital du Sport pour voir où était le problème et les examens ont révélé une anémie. Il me manquait un demi-litre d’hémoglobine » , confiait Hidegkuti. « Une jolie infirmière blonde est allée voir le médecin et lui a demandé l’autorisation de faire le don si nous étions compatibles. Peu après la transfusion, j’inscris un triplé avec la Hongrie B contre la Roumanie. Le match terminé, j’ai écrit une carte postale pour remercier ma sauveuse à laquelle je pense souvent. Le journal du lendemain avait osé ce titre incroyable : "L’entrée d’Hidegkuti a amené du sang frais dans le jeu." »


Fidèle aux Bleu et Blanc jusqu’à la retraite (1947-1958), Nándor marqua 202 fois en 302 apparitions. Logique que le MTK ait instantanément rebaptisé son jardin la nouvelle du décès à peine annoncée. Un traitement de rock-star rappelant les concerts de Scorpions (1986) et Metallica (1988) sur place. Dire que l’icône du Hungária Körút faillit signer au Ferencváros et se ravisa au dernier moment, la faute à un membre du staff balançant qu’il existe de meilleurs attaquants. Hidegkuti n’était certes pas Puskás, mais Ferenc n’aurait jamais autant planté sans Nándor, répondent de concert les spécialistes magyars. «  Il évitait les sirènes de la gloire et ne courait absolument pas après la célébrité. C’était un véritable ami sur et en dehors du terrain. Un ami que j’ose considérer comme le meilleur attaquant du monde et la personnalité la plus distinguée de notre football centenaire » , disait de lui son copain de sélection Jenő Buzánszky lors des funérailles au cimetière d’Óbuda. Le Major exceptionnellement autorisé à sortir de l’hôpital et la Panthère noire Gyula Grosics ont également accompagné son ultime voyage. Les trois mots définissant le mieux l’apport de Nándor finissent par « sse » : classe, sagesse et prouesse.

Par Joel Le Pavous
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