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Nancy, c’est possible

En-dessous de tout lors des matches aller, l’ASNL marche sur l’eau depuis un mois et demi. Et autant être clair, Jésus Christ n’est pas impliqué dans ce miracle. Focus sur la meilleure équipe française du printemps.

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« J’ai l’habitude d’être mesuré dans la victoire, mais le sentiment que j’ai aujourd’hui, c’est qu’avec ce groupe, je peux partir à la guerre.  » Jean Fernandez ne s’est pas donné le temps de déboutonner son anorak pour bomber le torse, le week-end dernier après la victoire nancéienne à Dijon (0-2). Et il avait de quoi faire le coq, lui, l’entraîneur d’un onzième de Ligue 1 débarrassé de la pression de la sempiternelle course au maintien, grâce à une brochette de six matches sans défaite dont quatre victoires consécutives, série en cours. Après un début de saison foireux passé dans la zone rouge (l’ASNL a été relégable de la 3e à la 13e journée, puis lors des 15e, 16e, 17e, 19e et 25e journées, ndlr), Nancy a décidé de sauter du statut de victime à celui d’agresseur. Si bien que depuis le 3 mars et un succès référence obtenu face à Lyon (2-0) enchaîné avec un nul à Nice (1-1), les Lorrains ont successivement passé à tabac Montpellier, Brest, le PSG et Dijon.

Quatre victoires et un enterrement : celui de l’étiquette de formation « tue l’amour » héritée de l’ère Correa. Arrivé en début de saison, Jean Fernandez a eu besoin de temps pour faire le ménage et réagencer son onze de base. « C’est très simple, il n’y a plus qu’un seul titulaire de la saison dernière : Andre Luiz  » , précise-t-il. Et avant que la mayonnaise ne prenne, les oreilles de l’ancien coach auxerrois ont sifflé. « Jean a été courageux car il a essuyé beaucoup de critiques. Puisque l’effectif a radicalement changé, il a dû faire des essais. Cette saison, Nancy est la seule équipe à avoir joué avec trois, quatre et cinq défenseurs. Aujourd’hui, on est sur quelque chose de stable et de plus simple, un 4-3-3  » , observe Olivier Rouyer, qui a passé une partie de sa carrière à la pointe de l'attaque lorraine.

Sébastien & Bakaye & Yohan & Marcel

L’ancien joueur puis entraîneur de l’ASNL, qui se goinfre aujourd'hui de rencontres du club de sa ville natale pour Canal+, estime que l’origine de la métamorphose porte un nom : Sébastien Puygrenier. Quatre ans après avoir quitté la Meurthe-et-Moselle, le défenseur central à la plastique de catcheur est revenu à la maison en donnant l’impression de ne jamais avoir quitté les lieux. Sûrement parce qu’il a reconnu un vieux meuble. «  Il n’a pas eu de mal à trouver ses marques puisqu’il avait déjà joué avec Andre Luiz (entre 2005 et 2008, ndlr), souligne Rouyer. Et croyez-moi, cette charnière centrale dégage une confiance contagieuse. » Si bien que l’entrejeu, tenu à bout de bras par Samba Diakité en début d’année, est devenu l’autre grande force nancéienne. D’ailleurs, Diakité a quitté le club cet hiver, préférant rejoindre QPR où il copine désormais avec Djibril Cissé et Joey Barton. Le vide laissé par son départ aurait pu être encombrant si le triangle Sané-Traoré-Karaboué n’avait pas décidé de prendre le taureau par les cornes. Rouyer enchaîne : «  Tout le monde ne parle que de Bakaye Traoré parce qu’il marque beaucoup en ce moment, mais pour moi, le gros bonhomme, c’est Karaboué. Son volume de jeu est énorme, on le voit partout » .

Il n’empêche que s’il y a bien un joueur en fin de contrat qui excite l’Europe en ce moment, c’est bien Bakaye Traoré. A 27 ans, le Malien casse la baraque. Victime d’une crise de paludisme en début de championnat, il a profité du bon parcours des Aigles à la CAN (3e) pour s’affirmer. « J’ai eu Gigi (Alain Giresse, sélectionneur du Mali) au téléphone. Il m’a dit : "Il a pris une autre dimension" » , rappelle Fernandez. Marcel-Picot a demandé à vérifier, il a été servi. Son milieu relayeur vient de planter quatre buts lors des trois dernières rencontres : unique buteur à Brest (0-1), il a de nouveau ouvert le score le week-end suivant face au PSG (2-1), avant de pousser le vice encore plus loin une semaine plus tard à Dijon en signant un doublé (0-2). Une réussite que Fernandez s’est chargé de couvrir d’amour : « Même si l'équipe joue mieux, il est clair qu'on gagne grâce à Bakaye Traoré.  » Rappeler que ce joueur est resté dans la confidence de l’Amiens SC pendant cinq ans jusqu’à 2009 et que son nom est aujourd’hui évoqué du côté du Milan AC peut occasionner de sérieux maux de tête.
Reste que Bordeaux, qui n’a pas perdu à Nancy lors de ses trois dernières visites à Picot, est averti.
Les Girondins devraient aussi se méfier de Yohan Mollo. Prêté par Grenade cet hiver, il apporte l’étincelle qui manquait en début d’exercice, grâce à ses dribbles et ses courses de timbré. « Ce que Mollo amène, c’est de la créativité  » , ajuste Rouyer. Grâce à l’ancien Monégasque, Nancy est presque devenu glamour. Presque seulement. Car lorsque l’on possède la 18e attaque de Ligue 1, on n’est jamais vraiment glamour.

Nancy-Bordeaux, aujourd’hui à 17 h


Par Matthieu Pécot
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Ragondinho Niveau : CFA
Beau travail du jeannot !
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