Nancy année zéro

Un nouveau coach, des nouvelles têtes, et la perspective de recevoir l'Euro 2016, l'ASNL entame un nouveau cycle... toujours en bétonnant derrière.

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L'AS Nancy Lorraine change d'ère. Exit l'entraineur historique Pablo Correa, au club depuis quinze ans, sur le banc depuis neuf (une rareté dans le foot pro, encore plus en France où les mandarinats ne sont pas légion). Bienvenue Jean Fernandez, le technicien, le roi de la post-formation (Ribéry à Metz, c'est lui) qui s'épanouit quand les jeunes prometteurs doivent confirmer. Il aura pour mission de faire stabiliser le yoyo nancéen au-dessus des places angoisses pour aider le club à grandir tranquillement et bientôt assumer une nouvelle enceinte labellisée Euro 2016.

Un jeu Pablo à voir

« Si vous voulez du spectacle, allez au cirque » . Pablo Correa. Après avoir passé des années à bétonner avec son coach uruguayen, l'ASNL nouvelle de Jean Fernandez repartira sur les mêmes bases. Du lourd. Du massif. Même si ce dernier compte mieux travailler les finitions. Vahirua le confirme au micro de L'Équipe : « On travaille beaucoup à une touche, deux touches, Jean Fernandez aime que la balle aille vite, que la balle reste au sol, on va devenir petit à petit une équipe qui joue au foot » . C'est dit. Joël Sami l'ancien, lui, modère et rappelle que « pour l'instant, on a beaucoup travaillé sur le bloc. Après, on aménagera pour plus attaquer. Ça peut évoluer mais il faut surtout être fort défensivement » . On est rassuré. Rupture et continuité donc. Jean Fernandez va la jouer à l'auxerroise : 4-4-2 ou 4-3-3, gros bloc, récupération et projection rapide. Manque qu'un Pedretti. On verra ça plus tard. Si la ligne directrice sera donc la même, Marcel-Picot peut tout de même espérer discrètement un peu plus de folklore en attaque cette année.

Histoire de relancer de l'intérieur un groupe installé dans un certain train-train depuis des années, l'AS Nancy Lorraine a rebâti en misant sur du jeune low cost. La grande tige Salif Sané arrive en prêt de Bordeaux, les espoirs Distel Zola, Lossémy Karaboué, et Guy Roland Ndy Assembe, arrivent de Ligue 2. Pas de quoi fanfaronner donc. Mais Jeannot Fernandez a eu sa came, des jeunes qui doivent passer le cap. Ils seront chargés de faire oublier les quelques tauliers partis s'épanouir ailleurs. Landry N'Guemo a rejoint Gillot à Bordeaux, Julien Féret, le distributeur de caviars, est désormais rennais et Bracigliano, la doublure de Mandanda. Bocundji Ca aussi est parti, alors qu'Hadji devrait lui emboiter le pas bientôt. Les anciens se nommeront désormais Andre Luiz, Jonathan Brison, Pascal Bérenguer, Mickaël Chrétien et Joël Sami, conscient de ses responsabilités nouvelles envers les newbies de Nancy. « C'est à nous de prendre le relais » assure-t-il. Devant, on attend beaucoup de Paul Alo'o Efoulou, Djamel Bakar et surtout Marama Vahirua, intronisé en grande pompe la saison passée et qui a pas mal déçu lors du dernier exercice avec seulement cinq petits buts. Le club compte donc sur une progression de ses jeunes et une intégration rapide de ses nouveaux. Une belle idée, mais qui n'a rien d'évident. Jean a du travail, beaucoup de travail. Ça tombe bien. La douleur, la sueur et la rigueur, c'est son credo.

Sami : « L'impression d'avoir changé de club »

Stabilisée en Ligue 1 depuis six ans maintenant, le club de cette ville de 400 000 habitants espère franchir avec ce nouveau départ un cap et prendre le leadership de l'Est de la France. Strasbourg out et Metz abonné à la L2, l'ASNL doit prendre exemple sur Sochaux en mode pouponnière au jeu sexy. Jean Fernandez est là pour casser l'inertie et redonner un coup de fouet à un club dont l'image est plutôt terne. D'ailleurs, les habitudes ont changé. Pour le bien de tout le monde. « Si l'idée première reste la même, les joueurs partent tous de zéro. Ça se ressent à l'entrainement. Il faut surfer là-dessus pour enchainer les bons matchs. Inconsciemment, quand tout le monde est là depuis longtemps, on se relâche, on fait moins, et on pense que tout est acquis pour avoir de bons résultats » , reconnait Joël Sami, avec d'ajouter : « Certaines personnes qui sont là depuis longtemps ont l'impression d'avoir changé de club » .

Des résultats, Marcel Picot ne demande que ça. Avec un taux de remplissage de 80% et un public donc fidèle, la base est là. Dans peu de temps, l'enceinte grandira avec une capacité nouvelle de 32 000 places (au lieu de 20 000) pour l'Euro 2016, et peut-être même un toit, si la volonté du président est exaucée. Le club se dote donc lentement mais sûrement de moyens, un peu comme Lorient, l'autre modèle qui ne s'est pas construit en deux temps trois mouvements. Jacques Rousselot en a conscience et compte donc donner du temps à son nouveau technicien qui en aura besoin avant d'enchaîner les bons “metches”. Le décor est planté, il faudra que Fernandez se fasse architecte avant d'attaquer le gros, un travail déjà accompli lors de ses passages à Sochaux, Metz et Auxerre. L'ASNL semble avoir misé sur le bon maître d'œuvre, mais le plus important reste de faire preuve d'audace et de choisir les bons artisans pour éviter les malfaçons.


Antoine Mestres et Ryad Ouslimani

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