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Mystique River

Boca Juniors champion et une sombre affaire de dopage dans les pattes à quelques jours d'un crucial huitième de finale de Libertadores, autant dire que ce n'est pas la grosse éclate du côté de River Plate.

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Selon un sondage Ipsos - TNS Sofres, le lundi est bel et bien le pire jour de la semaine. C'est une réalité pour n'importe quelle personne sur terre, que l'on se trouve à Chalon-sur-Saône ou bien à Asunción. L'expression faciale de Lucas Martínez Quarta et Camilo Mayada, en débarquant ce 26 juin au siège paraguayen de la CONMEBOL, le confirme : le lundi, c'est nul à chier. Et encore plus quand on doit se faire punir par le surveillant du football sud-américain pour une histoire de dopage et de contrôle positif à l’hydrochlorothiazide, mot compte triple et diurétique prohibé.


La défense de Rodolfo D'Onofrio, président millionario, lundi, témoigne également de la profonde mélancolie que peut engendrer un début de semaine. Quatre phrases, fades, qu'il répète depuis les révélations et qui « cafardise » encore un peu plus l'ambiance : « Nous n'avons rien à cacher. Ce sont deux humains extraordinaires. Nous travaillons pour voir ce qu'il s'est passé. Certains produits utilisés habituellement comme compléments ont dû être contaminés. » Bref, c'est la grosse déprime à Nuñez en ce début d'hiver sud-américain.

Flashback et conséquences


Le 10 mai dernier, quatrième journée de Libertadores contre Emelec : Quarta est tiré au sort pour un contrôle surprise après la rencontre. Idem pour Mayada contre Medellín quelques semaines plus tard. Entre-temps, d'autres joueurs millionarios ont également été testés. Résultat des courses : River reçoit la semaine dernière des courriers mettant en cause certains de ses joueurs. Des rumeurs circulent et les noms de Driussi, Maidana, Ponzio ou encore d'Alario sont cités dans la presse. Sauf que quelques heures plus tard, un communiqué officiel du club est dégainé et ne confirme que les cas de Quarta et Mayada, pour le moment suspendus.


Une situation un peu floue, mais les photos du début de semaine en attestent : seuls ces deux joueurs sont mis en cause et c'est donc moins grave que prévu. Car l'équipe de Marcelo Gallardo risquait bien plus que la suspension de ces deux joueurs. À partir de trois joueurs dopés, ça s'appelle un système généralisé. Et dans ce cas-là, River aurait pu se prendre une exclusion pure et simple de la Libertadores. Mais finalement, rien du tout. Les sanctions ne seront donc qu'individuelles et non collectives, c'est donc un moindre mal. River a même poussé le bouchon un peu plus loin et demandé à ce qu'ils ne soient pas suspendus parce qu'ils estiment avoir été dupés, mais en toute logique, ils devraient prendre six mois chacun, minimum.

Tacles glissés


Certaines voix s'élèvent déjà pour crier au scandale et au laxisme dont fait preuve l'organisme sud-américain. José Luis Chilavert s'est prononcé, crampons et triple menton en avant, comme à son habitude. Et ce, même s'il n'a pas grand-chose à voir avec l'histoire, si ce n'est d'être paraguayen : « Il existe un lien très étroit entre River et la CONMEBOL. D’Onofrio gère la CONMEBOL où la corruption persiste. Je ne sais pas si River l’a fait pour obtenir un avantage illicite, mais ce que je sais, c'est que ce sont des substances prohibées. River doit être éliminé, je n’ai aucun doute sur le fait que si ça avait été une autre équipe, ça aurait déjà été le cas. »



Autre citation dans Olé , cette fois-ci beaucoup plus légitime, de Daniel Garnero, l'entraîneur du Club Guaraní, futur adversaire de River. Lui et son club souhaitent dans un premier temps que la liste complète des joueurs impliqués soit rendue publique. Mais, plus important, il pointe à demi-mot une autre décision de la confédération : « Je n'ai pas demandé leur exclusion, mais je ne trouve pas ça normal de changer le règlement en cours de compétition. » Là, il fait référence à un communiqué de la CONMEBOL datant de jeudi dernier, qui permet désormais, à partir des huitièmes de finale et à toutes les équipes qualifiées, d'enregistrer six nouveaux joueurs en Libertadores (au lieu de trois jusque-là, ndlr) alors justement que les Millionarios vont avoir besoin de deux nouveaux joueurs et qu'ils ont reçu, la veille, le fameux courrier les informant d'un cas de contrôle positif dans leur rang.

Coïncidence ?


En soi, ça ne change pas grand-chose : River aurait pu trouver des renforts avant cette nouvelle annonce, puisque le règlement autorisait l'arrivée de trois nouveaux joueurs à ce stade de la compétition. Non, ce qui dérange le club paraguayen, c'est le manque de finesse de la CONMEBOL et le « hasard » des événements et du calendrier. Diego Benítez, directeur sportif du club Guaraní, en toute humilité : «  Nous ne voulons pas profiter de cette situation, mais Grêmio avait déjà demandé à ce que l'on puisse augmenter nos renforts à partir des huitièmes, ils n'ont eu eu aucune réponse. Et le jour où River a des problèmes, la CONMEBOL prend cette décision. » Et les coïncidences alors, ça n'existe pas ?

Par Ugo Bocchi
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