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Muslera, le Petit castor

Ce soir à 20h30, l'Afrique du Sud reçoit l'Uruguay. Dans les cages des Sud-Américains, Fernando Muslera, 23 ans, tentera de conserver son inviolabilité en coupe du monde. Présentation d'un joueur qui revient de loin.

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À sa place, beaucoup auraient sans doute abandonné. Le 7 octobre 2007, au stade Olympique de Rome, la Lazio reçoit le Milan AC et s'incline cinq buts à un. Fernando Muslera, qui dispute alors son cinquième match sous ses nouvelles couleurs, est responsable de quatre buts et quitte le stade tête basse, avec un petit sac à dos sur les épaules. L'image fait penser à un lycéen qui aurait raté l'oral du bac français. Journalistes et supporters s'en donnent à cœur joie, et rajoutent bien vite le nom du jeune portier uruguayen sur la liste des transferts ratés que Claudio Lotito, le très narcissique président des Biancocelesti, se fait un plaisir d'annoncer en grande pompe à chaque intersaison. D'ailleurs, Muslera n'a-t-il pas été recruté uniquement sur les conseils de son agent, Daniel Fonseca, alors même qu'il n'avait disputé que 18 matchs lors des trois dernières saisons ?



Commence alors une certaine idée de la thérapie : « Je travaille contre un cauchemar » , raconte l'intéressé, qui se place sous les ordres de Prigioni, l'entraîneur des gardiens de la Lazio. L'objectif est simple : « Montrer à tout le monde qui est le vrai Muslera » . Trois heures d'entraînement le matin, trois heures d'entraînement le soir, le tout sans jamais sourciller, et la Coupe d'Italie en guise de practice. La fin de saison sera pourtant toute aussi terne, avec une nouvelle gaffe lors de la 33ème journée de championnat, qui pousse les dirigeants romains à recruter un vrai numéro un. Muslera est alors condamné à connaître les affres des gardiens remplaçants.



Et puis, lentement mais sûrement, Muslera s'adapte, et séduit. Beaucoup de travail, pas mal de talent, un peu de chance aussi (Carrizo, le goal argentin recruté pour devenir le numéro un, n'est pas à la hauteur) font de Muslera ce qu'il aurait toujours dû être : un gardien sur lequel on peut compter. Comme Prigioni le lui a enseigné, Fernando reste désormais debout dans ses sorties face à ses adversaires, au lieu de se jeter comme un forcené et de leur ouvrir le chemin des filets comme il avait trop tendance à le faire aux Wanderers Montevideo (03-07) et au Nacional Montevideo (07-08). Quant aux réflexes, il les a toujours eus. Son imposante carrure et son physique de félin (1m90 pour 74 kg) font le reste. À la folie qui caractérise beaucoup de goals d'Amérique du sud, Muslera ajoute ce soupçon de sang-froid et de lucidité qui lui manquait. Bingo.



Le suite de l'histoire est une ribambelle de matchs réussis, de penaltys arrêtés (notamment en finale de Coupe d'Italie, la saison dernière) et de parades spectaculaires. Logiquement, la première convocation ne tarde pas. Elle a lieu le 10 octobre 2009 contre l'Equateur, et se passe suffisamment bien pour que le sélectionneur Tabarez décide d'emmener le garçon avec lui en Afrique du Sud. Lors de son premier match, contre la France, Muslera a bien fait le peu de travail qu'il a eu à effectuer. Impeccable lorsqu'il a fallu sortir le coup-franc de Gourcuff et plutôt à l'aise le reste du match, le “petit castor”, comme les Laziali l'ont surnommé, aborde le match contre l'Afrique du sud avec sérénité. Il faut dire que le garçon a un secret pour rester détendu : les veilles de match, il se materait en loucedé des films de Jim Carrey, son acteur fétiche, et évacue le stress en se marrant. Ce soir aussi, Muslera pourrait bien quitter le terrain le sourire aux lèvres.

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