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Muntari, enfin !

Rarement utilisé par son sélectionneur, Milovan Rajevac, Sulley Muntari, milieu de terrain du Ghana, devrait être titularisé ce soir contre l'Uruguay pour la première fois depuis le début de la Coupe du Monde.

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Le scénario était là, prêt, écrit d'avance : Mickael Essien forfait, Sulley Ali Muntari serait l'homme de la sélection ghanéenne durant le Mondial. Une expérience du plus haut niveau européen, une force physique et athlétique à toute épreuve, bref, un CV que peu de ses coéquipiers peuvent se gargariser de posséder. L'affaire était donc entendue, “write the future”, et tout le tralalala. Raté. Depuis le début de la compétition, le garçon n'a pas eu grand chose à se mettre sous la dent : aucune titularisation, rien contre la Serbie, et des entrées en seconde période le reste du temps. Au total : à peine plus d'une heure dans les pattes en quatre rencontres disputées par sa sélection. Frustrant.

Pourtant, c'est indéniable, Muntari a du talent à revendre. Le parcours est classique et tout autant efficace : une arrivée dans un petit club européen en 2002 (l'Udinese) en provenance des Liberty Professionals d'Accra pour une poignée de dollars, une progression fulgurante (Luciano Spalletti, alors entraineur des Frioules, n'y est pas pour rien), une courte pige d'une saison à Portsmouth en 2007-2008 (qui rapporte 12 millions d'euros à l'Udinese) pour voir du pays et développer sa technique de coup d'épaule, et un retour en Italie à l'été 2008, à l'Inter Milan (qui rapporte 14 millions d'euros à Portsmouth). Le palmarès glané pendant cette période n'est pas dégueu non plus : la découverte de l'Europe avec Udine, une Coupe d'Angleterre en 2008, deux scudetti, une Supercoupe d'Italie et une C1 avec l'Inter. En sélection, les choses semblent tout aussi jolies. Une première cape en 2002, une Coupe du Monde en 2006 (avec un but contre la Tchéquie), et 53 sélections accumulées depuis. Ne pas se fier aux apparences, cependant.

Car Muntari entretient avec les Black Stars une relation complexe, faite de quelques hauts et de beaucoup de bas. 2004, Jeux Olympiques d'Athènes : Muntari est exclu de sa sélection pour un accrochage avec le sélectionneur d'alors, Mariano Barreto. « Moi je suis Ghanéen et je ne trahirai jamais mon pays. Barreto est un blanc » , explique sur le coup le jeune espoir. Cinq ans plus tard, le 18 novembre 2009, Muntari, Essien et Asamoah refusent de disputer un match amical, au motif d'un emploi du temps trop chargé en club. Essien et Asamoah s'excuseront publiquement. Muntari, non. Conséquence ? Rajevac, le sélectionneur, ne le convoque pas pour la Coupe d'Afrique des Nations. Enfin, 19 juin 2010 : Sulley, déçu de n'avoir joué que quinze minutes contre l'Australie, s'en prend à Rajevac et à ses coéquipiers, qu'il insulte allègrement. Le staff décide de l'exclure, mais le mea culpa du garçon conjugué à l'intervention de la Fédération inversent la tendance.

Sulley a donc sa part de responsabilité dans ce je t'aime moi non plus. Grande gueule, nerveux, parfois même agressif, le caractère du bonhomme lui joue parfois des tours. Le 12 mars 2010, l'Interiste, entré en cours de jeu contre le Catania, se fait exclure en récoltant deux jaunes en deux minutes et en concédant un pénalty. Un an plus tôt, le Ghanéen était victime d'une tentative de vol chez lui. Loin de paniquer, il est descendu envoyer deux-trois quiches dans la trogne du bougre (un robuste Hongrois de 29 ans), puis, seulement, il a appelé la police. Alors, seul coupable et victime de ses excès ? Mouais. Certains avancent une autre explication : Sulley paierait les frais de sa religion (il est musulman) quand le Ghana (et les joueurs de la sélection) sont pour leur grande majorité d'obédience chrétienne. Quoi qu'il en soit, le natif de Konongo devrait enfin avoir sa chance ce soir contre l'Uruguay, grâce à la suspension d'Andre Ayew. Le joueur a prévenu : « Si je joue, je donnerai tout » . A 25 ans, son moment est peut-être venu.

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