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  1. // Ligue des champions – 8e de finale retour – Munich/Arsenal

Müller, jamais mieux qu’à l’ombre

Il n’a pas les abdos de Ronaldo, les folles chevauchées de Messi, la vitesse de Bale, la folie de Balotelli ou la femme de Sneijder. Chez lui, à Munich, il est un crack de l’ombre qui passe souvent derrière Ribéry, Robben ou Lahm. En somme, Thomas Müller, crack parmi les cracks, est ce qui se fait de mieux en matière de simplicité. Joueur de génie sans muscles ni ego, l’attaquant de 24 ans brille heureux et brillant caché. Et ce n’est pas près de s’arrêter.

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Ah, les premiers soleils. Les terrasses bondées, les jupes fleuries qui épousent les courbes des jeunes filles au rythme de leurs pas pressés et... les horribles pantacourts de leur alter ego masculin. Pendant que les jardins de Paris et de Navarre prennent des allures de Maracanã 1950, certains préfèrent rester à l’ombre. Ils ne la cherchent pas mais s’y sentent plus à l'aise, plus paisible. Thomas Müller fait partie de ceux-là. À part devant le gardien, où il brille par son sens du but, l’Allemand ne cherche jamais le contre-pied, juste son chemin. S’il se tient loin des feux des projecteurs qu’il mériterait tant, c’est une question d’habitude. Depuis son plus jeune âge, il n’est ni le plus beau, ni le plus costaud, ni le plus rapide, ni le plus doué. Au Bayern Munich, où il a gagné son surnom « d’homme sans muscles » ainsi que de nombreux trophées, il est un élément dans un collectif épatant. Un nom banal dans l’équipe de Ribéry, Lahm ou Robben. Pourtant, depuis de nombreuses saisons, le natif de Weilheim épate. Au fond, Thomas Müller, c’est ce bon restaurant vers lequel on se rabat toujours après avoir essayé de trouver mieux sans succès.

Un soutien offensif indispensable

Un leader offensif prêt à prendre le flambeau quand les artificiers majeurs peinent à dégainer. S’il jouait en NBA, nul doute que Thomas Müller aurait un certain nombre de titres de meilleur 6e homme (meilleur joueur parmi ceux qui ne sont pas titulaires, ndlr) à son actif. Non, contrairement à ce que veut le mythe, l’attaquant de 24 ans n’est que très rarement remplaçant. Cette saison, il a été titulaire 19 fois en 22 matchs de Bundesliga. En revanche, comme le 6e homme qu’était James Harden à l’époque où il évoluait encore à Oklahoma City, Müller est toujours prêt à répondre présent quand les Ribéry, Mandžukić, Robben et consorts sont muets. S’il n’est pas la première option offensive d’une machine munichoise qui regorge de solutions et de dispositifs, force est de constater que quand ça devient dur, Müller devient bon. Dès lors, il devient un agréable casse-tête pour un entraîneur comme Guardiola, amateur de Rubik's cube footballistique. Oui, Müller est l’un de ces polyvalents que l’on ne sait pas trop où foutre sur un rectangle vert. En somme, tout ce que le coach sait, c’est qu’il a envie qu’il soit sur la pelouse. Car le numéro 25 a cette aptitude à faire parler la poudre n’importe où, n’importe quand et surtout n’importe comment. On parle souvent de « joker » . Ce joueur capable d’entrer vingt minutes dans une rencontre pour foutre le feu. Müller est cet homme-là, sauf qu’il débute la partie. Combien de matchs du Bayern Munich a-t-il traversés a priori péniblement mais avec son nom sur le tableau d’affichage à la fin de la rencontre ? Combien de buts importants comme celui qu’il a inscrit au match aller face à Arsenal, peu de temps après son entrée en jeu, a-t-il claqués ?

« J’ai rarement vu un joueur aussi bizarre que moi »


Au vrai, on ne les compte plus. Auteur de 12 buts en 22 matchs de Bundesliga cette saison, Müller compte déjà 95 pions sous les couleurs bavaroises. International à 47 reprises, il a profité de ses séjours avec la Mannschaft pour y planter 16 caramels. En somme, s’il n’est pas un buteur-né, le Munichois n’en demeure pas moins un monstre d’efficacité. Car outre ces statistiques intéressantes, le Munichois fait preuve d’une véritable qualité de finisseur. C’est en cela que qu’il se différencie des autres joueurs polyvalents. Habituellement, « polyvalence » est synonyme de qualité mais pas nécessairement de réel talent. Un joueur polyvalent et complet est généralement bon partout mais brillant nulle part. Derrière ses airs de professeurs d’EPS maigrichon, Thomar Müller est rapide, technique, habile, finisseur et teigneux. « J’ai rarement vu un joueur aussi bizarre que moi. Mais quelque part, j’ai du succès » , résumait-il parfaitement. Telle est la vraie force de Müller : l’absence d’un véritable ego, qui plombe parfois les champions. Le bougre sait qu’il est bizarre, sait qu’il n’est pas forcément le plus doué, sait qu’il a envie de se lever à 7h du matin pour accompagner sa nana à l’équitation et il sait que c’est comme cela qu’il a du succès. Thomas Müller, c’est jouer sans surjouer. Se montrer tout en restant dans l’ombre. L’apanage des gens intelligents. De toute façon, un Allemand en terrasse, ça crame.

Par Swann Borsellino
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