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Moyes, success Sir convaincu

De manager respecté, David Moyes est devenu depuis son intronisation à la tête de Manchester United la risée du Royaume, se voyant même qualifié ironiquement de « génie du football » par les fans de Liverpool. Mais malgré l’infâme saison des Red Devils et les remontrances répétées dont il fait l’objet, il en faut plus pour affaiblir l’ex-coach d’Everton. Discret mais déterminé, opiniâtre et sûr de lui, le natif de Glasgow attend son heure. Patiemment.

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En football comme en amour, les ruptures sont parfois brutales. Et ne laissent que très peu de place aux sentiments ou à une once de nostalgie. Même après avoir vécu une longue romance, certes imparfaite, mais toujours empreinte de franchise. David Moyes a passé onze années en tant que manager d’Everton. Près d’une décennie à lui redonner sa splendeur d’antan et, surtout, sa fierté. Pas rien pour un club qui, dans l’histoire, doit se contenter de jouer les faire-valoir du grand Liverpool. Mais pour son comeback ce dimanche dans son ancien jardin de Goodison Park, David Moyes ne recevra pas la reconnaissance légitime et escomptée.

Pourquoi ? Parce que l’Écossais a raté sa sortie. À peine intronisé nouveau boss de Manchester United, il a tenu cette phrase : « Je sais que si j'étais le manager d’Everton et que Sir Alex venait me demander Baines et Fellaini, j’aurais beaucoup de mal à les garder. » Le Belge l’a rejoint, l’Anglais non. Il n’en fallait pas plus pour froisser les supporters des Toffees, ulcérés par cette remarque condescendante. À l’aller, emportés par le succès de leur équipe à Old Trafford (0-1, 4 décembre 2013), ils lui avaient fait payer, non sans une pointe d’ironie : « You’re getting sacked in the morning » , reprenaient-ils en chœur. C’est pourtant bien vite oublier que si le club de Liverpool se retrouve à lutter pour la Champions League cette saison, il le doit en grande partie au travail réalisé par son ancien boss. Un homme passionné, pudique, déterminé. Avec sa part de complexité, aussi.

Pur produit de la classe ouvrière de Glasgow

À l’instar de nombreux de ses homologues, la trajectoire de David Moyes résulte en grande partie de sa personnalité. Écossais protestant, il incarne pleinement les valeurs de la classe ouvrière de Glasgow, ville où il est né. « C’est un meneur d’hommes, un homme intègre, "un homme de fer". On peut dire que c’est un Écossais classiquement à l’écossaise. Il fait toujours preuve de respect envers les personnes qu’il côtoie, que ce soient les joueurs ou les supporters, confesse Martin Baker, son biographe et ami depuis voilà seize ans. C’est quelqu’un qui fait toujours preuve de sérieux et a un sens profond de l’humilité. Il ne se prend pas pour ce qu’il n’est pas. Le respect est, selon ses dires, un devoir qui doit se gagner. Pour lui, les relations personnelles et les relations professionnelles sont sensiblement similaires. » Des valeurs et des principes intangibles. Cette rectitude morale, Moyes n’y déroge jamais et l’a prouvé lors de sa première expérience en tant que manager à Preston North End.

Joueur, entraîneur-joueur puis coach à part entière. Dans le club anglais où s’était illustré auparavant l’une des plus grandes fiertés écossaises, Bill Shankly, il a franchi les étapes avec à-propos. Pour laisser aujourd’hui une trace indélébile. De 1998 à 2002, il hisse les Northenders de la League One (D3 anglaise) jusqu’aux play-offs de la Championship (D2). Farid Diaf, ancien joueur éphémère de Preston (1999-2000) et actuel entraîneur du FA Carcassonne (DH), se souvient : « Il m’a marqué par sa méthode. C’est quelqu’un de très exigeant, de vraiment très compétent. Aujourd’hui, je m’en inspire beaucoup. Que ce soit dans ses discours, sa façon de préparer les matchs, les séances d’entraînements, les causeries, etc. » Surtout, alors qu’il n’est encore qu’un rookie dans le métier, l’enfant de Bearsden interpelle par son travail acharné ainsi que son sens du détail. « C’est quelqu’un de très minutieux, qui fait attention aux détails. Que ce soit, notamment, en ce qui concerne les phases stratégiques, où est le joueur, la connaissance de l’adversaire, poursuit Diaf qui, victime d’une grosse blessure lors de son passage dans le Nord-Ouest de l’Angleterre, a pu prendre du recul pour analyser les choses avec acuité. Il maîtrisait toujours bien son sujet et, surtout, connaissait parfaitement ses joueurs. J’ai le sentiment qu’il ne s’est jamais trompé lorsqu’il a constitué un groupe pour aller jouer un match. Tout était bien ficelé, pointu. »

Mise en application à Everton

Convaincu de son parcours remarquable à la tête d’une modeste formation, Everton décide de s’adjoindre les services de l’Écossais. Et n’aura jamais à le regretter. Roberto Martínez ne disait d’ailleurs pas autre chose avant de retrouver son prédécesseur - élu manager de l’année en Premier League à trois reprises - ce dimanche : « Je suis reconnaissant et privilégié de reprendre ce qu’il a fait. » En onze ans passés chez les Toffees, il a redonné de l'éclat à l’autre club de Liverpool avec, encore une fois, des moyens limités. « Durant les dix années avant son arrivée, Everton a lutté à maintes reprises contre la relégation et n'a terminé qu’une seule fois dans la partie du haut de tableau de Premier League. Les onze ans qui ont suivi avec lui, Everton a fini au-delà de la 10e place une seule fois, s’est qualifié pour l'Europe plusieurs fois et a terminé 4e en 2004/05. J’ai l’habitude de dire que Moyes a redonné à Everton son orgueil » , confie David Prentice, co-rédacteur en chef de la rubrique sport au Liverpool Echo et ancien correspondant d’Everton au magazine qui travaillait quotidiennement en étroite collaboration avec Moyes.

Mais quid de son management au quotidien ? Au fil des années, David Moyes s’est imposé comme un manager exigeant, honnête et avec du caractère. « Il était un manager de League One quand il est arrivé et devait forcément être intimidé dans un vestiaire composé de David Ginola, Paul Gascoigne et Duncan Ferguson. Mais il a très vite appris !, rappelle Prentice. Il a renvoyé une fois chez lui Duncan Ferguson une semaine après un mauvais entraînement, alors que c’est une sacrée personnalité. Puis il a ensuite poussé vers la sortie Gascoigne et Ginola qui ne lui plaisaient pas. » Ses séances d’entraînement, réputées comme éprouvantes physiquement - au point de « mettre les jambes en compote et de faire brûler les poumons » selon Phil Neville – en ont découragées plus d’un. Autre particularité, sa faculté à dénicher des talents. Il a su aller chercher des joueurs alors méconnus (Cahill, Lescott, Arteta, Mirallas) ou polir de purs produits evertonians (Rooney). Enfin, il a montré une implication sans faille chaque jour au club puisqu’il a, par exemple, supervisé le passage de l'historique mais obsolète terrain d'entraînement de Bellefield à un nouveau plus moderne et sophistiqué, à Finch Farm. Pas étonnant, donc, que le président des Toffees, Bill Kenwright, ait versé quelques larmes au moment de l’officialisation du départ de son protégé pour Manchester United.


United, une question de temps ?

Mais les sourires souvent affichés du temps d’Everton ont, depuis, laissé place à de la déception. À un regard pâle, hagard, voire à de l’abattement. En à peine une saison à Old Trafford, David Moyes, souvent prostré lors des matchs ou en conférence de presse, semble avoir pris dix ans dans la gueule. Ceux qui le connaissent soutiennent toutefois qu’il en faudrait plus pour faire vaciller le bonhomme. « Pour bien le connaître, il a dû vivre un calvaire en privé. Mais il garde toujours confiance malgré la tempête. On pourrait le comparer à un animal politique, il souhaite absolument gagner, glisse Baker. Sa foi, sa volonté ne sont jamais altérées et c’est ce qui impressionne les gens qui le connaissent. Ça les pousse aussi à le suivre dans sa voie. Une fois, je lui avais demandé : "Si tu avais un don, ce serait quoi ?" Il m’avait répondu : "C’est la constance, je me bats jusqu’au bout." Il donne toujours ses tripes dans ce qu’il fait. » Même son de cloche de la part de Farid Diaf : « Je ne pense pas qu’il est abattu. Au contraire, il est dans la réflexion. Ce n’est pas une défaite qui va l’ébranler. Je le connais, quelles que soient les circonstances, il arrivait à nous insuffler la valeur du travail. Peut-être que son visage exprime de l’abattement après une déconvenue, mais il réfléchit déjà au prochain match. Il a déjà analysé, il sait pourquoi il a perdu » , corrobore-t-il.

En ayant pris la relève de Sir Alex Ferguson, David Moyes a fait le choix délibéré de se retrouver au centre de l’attention. Une situation excitante, quoique déjà éreintante, mais également difficile à appréhender pour un homme tout aussi compliqué à cerner. « Ce n’est pas une personne qui laisse facilement transparaître ses émotions. Il est bourré de paradoxes. Il cherche une vie simple alors qu’il est au cœur d’un business avec le football. David est à la fois très ouvert et très pudique » , poursuit l’écrivain britannique. Une seule certitude n’a, elle, cessé d’escorter le parcours de David Moyes : Manchester United devait être, un jour ou l’autre, son jardin. « Ça ne m’étonne pas qu’il ait pris le relais de Ferguson, juge Diaf. Déjà, en 1999-2000, j’avais entendu certaines personnes dire qu’il deviendrait manager de Manchester United. Des habitants du coin, des gens du club, le physiothérapeute ou encore le kiné le répétaient à l’envi. » À l’heure d’affronter son ancien club d'Everton, une confrontation qui ressemble à une confluence entre son passé prometteur et un avenir brumeux, l’Écossais cristallise logiquement l’attention. « Avant tout, ce match n’est pas centré sur moi… » , a-t-il lancé en conférence de presse. Si, un peu quand même. Qu’il le veuille ou non.

Par Romain Duchâteau
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