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Mourinho, une histoire du temps

Le premier jour, José Mourinho savait où il mettait les pieds. Peut-être même mieux que personne. Alors, il a avancé, provoqué, écouté et commence désormais à dessiner l'identité qu'il souhaite donner à son Manchester United. Voilà pourquoi au bout du chantier, il y a la lueur de l'espoir.

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Le football n’a que trop rarement appris à écouter. Il y a les images, les chiffres, l’instant, le geste, mais les mots n’auraient plus d’importance. Pour lui, pourtant, tout a commencé par l’écoute et le silence face au savoir. Celui d’un vieux professeur d’université rencontré à la faculté de motricité humaine de Lisbonne au début des années 80. Sans Manuel Sergio, il n’y aurait pas eu de José Mourinho. À l’époque, l’enfant de Setúbal affichait déjà cet air prétentieux, histoire de cacher sa timidité intérieure, mais savait où il voulait aller. Sur un banc, derrière une ligne, et nulle part ailleurs. Alors, il a écouté le guide et ce dogme fondateur : « Celui qui ne connaît que le football ne comprend rien au football. » Tout a commencé comme ça. Puis, un soir de mars 2004, Mourinho s’est une nouvelle fois laissé aller au plaisir de l’écoute. Seconde révélation. Lors de cette soirée européenne, José pensait que tout était terminé, que le plus dur était fait, que l’adversaire était tombé. Mais il a compris. Il a compris qu’à Old Trafford, rien n’est jamais terminé. L’homme venait alors de salir son trench dans la bruine de la Sir Matt Busby Way et de se replacer, sans s’asseoir. José Mourinho ne s’assoit que rarement car il « aime être proche du jeu, communiquer avec les joueurs et être près de la ligne de touche » .


Le jour où Old Trafford a fait sa connaissance, l’entraîneur portugais avait même décidé de courir. Son FC Porto venait d’arracher un nul à deux minutes de la fin du temps réglementaire et de tamponner ainsi son billet pour les quarts de finale de la Ligue des champions. C’était la première campagne de Mourinho en tant que coach principal, la seconde fois qu’il s’installait sur un banc à Manchester après un nul arraché avec le FC Barcelone - où il était alors l’adjoint de Louis van Gaal - en septembre 1998. Mais plus que tout, il a découvert ce soir-là « le bruit » qui peut parcourir Old Trafford. Cette sensation que « tout est possible » tant que rien n’est terminé. « Je me rappelle aussi qu’à dix ou quinze minutes de la fin, Manchester United menait 1-0. J’ai regardé sur ma gauche et les gens avaient leur tête entre leurs mains. Ils étaient si inquiets sur le fait qu’il n’y ait que 1-0. C’était vraiment important et ils avaient raison parce qu’on a marqué le but du 1-1 et j’ai pensé : ‘Game over’ mais Old Trafford ne pense jamais que c’est terminé. On a découvert l’enfer. L’enfer. »

La taille du costume


De ce poste d’entraîneur de Manchester United, José Mourinho en a longtemps rêvé. Pourquoi ? Parce qu’il connaissait tout de ce club dont son père lui avait tant parlé. Un temps, il en a même chialé. Mais il a attendu son tour en continuant de tailler sa réputation. Il y a plusieurs Mourinho. Il y a le tyrannique et le chaleureux, l’humble et l’égoïste, le travailleur et le rigoriste. Alors, quand il a été nommé à la tête d’un Manchester United en quête d’identité en mai dernier, Manchester United ne savait pas lequel allait débarquer. C’est la spécificité du cas Mourinho : on apprend à le détester quand il est face à nous, mais on peut l’apprécier une fois qu’il avance pour nous. Ces premiers mois sur le banc de l’institution la plus riche du monde, sans couronne depuis le départ de Sir Alex Ferguson, ont donc ressemblé à un long flirt où l’on se découvre, où l’on s’apprivoise. José Mourinho savait où il mettait les pieds et, au fond, il savait que rien ne lui serait pardonné, voire que son cas était déjà réglé cinq minutes après sa première prise de parole. Mais il n’a pas lâché.


Tout simplement car on ne juge pas un entraîneur sur une semaine, un match, quelques mois. On le juge sur un ensemble. Constater n’est pas interdit et personne n’oubliera la leçon tactique qu’il a reçu face au Manchester City de Guardiola (1-2) début septembre, ni la baffe qu’il a mangé à Londres contre Chelsea (0-4) un peu plus d’un mois plus tard. Là-aussi, José Mourinho a écouté et regardé. Les critiques des « Einstein » du foot, les personnes qui aimaient raconter qu’il n’était pas heureux à Manchester, les anciens joueurs qui dézinguaient ses partitions. Reste que sa principale force est ailleurs : comment Mourinho arrive-t-il à transformer un effectif donné en bataillon acquis à sa cause ? Comment arrive-t-il à forcer l’admiration de l’assistance la plus difficile à cerner, c’est-à-dire ses propres joueurs ? Non, ce n’est pas un révolutionnaire et il ne s’est jamais revendiqué ainsi. Non, Mourinho n’est pas un maître tactique, mais est un homme respecté pour sa communication et sa gestion humaine. Voilà comment il s’est finalement plongé dans l’un des costumes les plus exigeants du monde : celui d’entraîneur de Manchester United, un club qui dégueule d’histoire, de trophées, de légende, mais dont le récit n’est avant tout qu’une longue suite d’échecs fracturée par trois entraîneurs exceptionnels qu’étaient Ernest Mangnall (1903-12), Matt Busby (1945-69 ; 1970-71) et Sir Alex Ferguson (1986-2013). Car si les bons résultats actuels - cinq victoires consécutives toutes compétitions confondues, aucune défaite depuis le 3 novembre - restent à confirmer et qu’une quatrième place, objectif minimum fixé, est encore lointaine, regarder Manchester United n’est plus aussi douloureux. Plus imprévisible - même s’il reste du travail quand on compare avec ce que fait Liverpool ou Chelsea -, plus aventureux et plus facile à digérer aussi.

Le retour à la vie


C’était sa mission prioritaire : dessiner son identité. Les supporters de Manchester United veulent se reconnaître dans le club, veulent vibrer et non plus attendre devant de longues phases de possession. Que serait le foot sans inattendu ? Un plat sans goût. Contre Sunderland lundi, Old Trafford a vu une équipe capable de planter trois buts, un joueur - Henrik Mkhitaryan - pouvant allumer l’étincelle sur un geste incroyable, mais aussi du caractère. Pour Mourinho, la bascule a certainement eu lieu à Selhurst Park, le 14 décembre dernier, contre Crystal Palace, comme pour beaucoup d’entraîneur de Manchester United. N’est-ce pas lors d’une rencontre face aux Eagles que Sir Alex Ferguson avait été désavoué par la banderole mythique ‘3 years of excuses and it’s still crap... TA RA Fergie’ avant d’écrire ses succès ? Concernant José Mourinho, cela peut davantage ressembler à un détail anecdotique, mais il y a quinze jours, Manchester United a enfin réussi à gagner une rencontre dans les dernières minutes (2-1). Quelque chose qui n’était plus envisageable depuis de longs mois, mais qui est aussi la preuve d’une forme de caractère.



Alors oui, regarder jouer cette équipe n’est pas encore synonyme d’extase. Mais Mourinho a ramené le calme par plusieurs preuves. Malgré les doutes initiaux du technicien portugais, Michael Carrick a encore les jambes pour faire avancer son QI supérieur à la moyenne et faire équipe à Ander Herrera, probablement le meilleur joueur depuis le début de saison avec Antonio Valencia. C’est simple : quand Carrick est sur le terrain, Manchester United ne perd plus. Mieux, une défense, encore friable par moment, a été trouvée autour de la paire Rojo-Jones. Mieux encore, Zlatan Ibrahimović marque encore des buts, peut encore courir, est décisif et ne vit pas la mort sportive tant annoncée par certains. Et Pogba ? Il se libère du poids de son transfert, éclaire, tente beaucoup et est décisif aussi. Des défauts, il y en a, notamment dans la capacité à tuer une rencontre - MU n’a inscrit que 27 buts cette saison - mais le meilleur est à venir. Cette saison doit aussi servir à ça, à bosser son identité en suivant l’exemple d’Herrera - qui est le bras armé de la mentalité Mourinho, ange balle au pied, chien efficace sans - pour voir ensuite jusqu’où ce groupe peut aller tout en espérant voir émerger ce joueur capable de faire gagner l’équipe quand elle ne peut pas y arriver toute seule. Dépendre au niveau du tableau d'affichage d’un joueur de trente-cinq ans n’est pas viable dans la durée et Mkhitaryan commence à assumer ce rôle. Les premiers contours du retour à la vie pour l’institution et Mourinho qui n’a pas hésité à inviter récemment Ferguson à Carrington pour que ses joueurs voient le « Big Man » . Transmettre sans effacer, avancer sans se retourner tout en n’oubliant pas. Mourinho est têtu, mais il est humain. Et son arrogance ne serait finalement que ça : attirer l’attention, critiquer comme aimait le faire Ferguson face à la presse, pour protéger ses joueurs. Le terrain commence maintenant à faire le reste.



Par Maxime Brigand
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