Mourinho, an II

Inutile de s'en cacher plus longtemps : la première saison du Special One au Real Madrid n'est pas un franc succès. Largués en championnat, expédiés en Ligue des Champions, les Merengues n'ont pas réussi à faire flancher l'invincible armada barcelonaise. La Coupe du Roi n'était donc qu'un lot de consolation. Mourinho est défait, son génie tactique a montré ses limites ; il est temps de passer à la phase 2 de son plan.

0 37
« J'aime qu'un plan se déroule sans accroc »

Demi-finale retour de la Ligue des Champions : le Barça assure le match nul au Camp Nou sans réellement se mettre en danger face au Real Madrid. Mourinho, expulsé lors du match aller, est absent du banc de touche madrilène. Il n'y eut donc pas vraiment de match, ni de suspense, comme il n'y eut pas de coup de génie tactique de l'entraîneur portugais. Sans réelle surprise, José a tenté de reconduire face aux Blaugranas ce qu'il avait réussi à mettre en place il y a un an, avec l'Inter Milan. Sauf que le plan de jeu qui a fonctionné en Coupe du Roi (victoire du Real 1-0 après prolongation) ne s'est pas renouvelé avant la double confrontation européenne. Résultat : Guardolia a vu le coup venir de très loin et Madrid a été pris à son propre piège. Certes, le Barça n'a pas pu jouer à la passe à dix avec autant d'aisance et d'efficacité qu'à l'accoutumée, mais les Catalans se sont définitivement adjugés le titre en Liga et se sont qualifiés pour la finale de C1, toisant un Mourinho sans imagination et sans génie, qui n'a pas réussi à mettre fin à l'hégémonie barcelonaise. Même la diatribe contre l'arbitre en conférence de presse n'est pas parvenue à faire arracher un sourire : c'est du déjà-vu, et c'est franchement décevant.

Mais le Special One n'est pas homme à se laisser abattre. De toute façon, comme il le clame lui-même, il a besoin de deux ans pour transformer ses équipes en machines à gagner – et ce, même si Chelsea et l'Inter Milan ont raflé le titre dès leur première saison sous les ordres du Mou. L'effectif dont il dispose au Real Madrid à l'heure actuelle ne lui convient tout simplement pas. Paradoxalement, ce sont les défaites de Mourinho au Real Madrid qui lui ont permis de conforter et même de renforcer sa position et ses points de vue au sein du club. C'est pourtant évident : si le Real a perdu avec le meilleur entraîneur du monde à sa tête, c'est parce qu'il lui manque quelques joueurs pour que son schéma devienne aussi cohérent qu'efficace. Il y a bien encore Di Stefano pour tacler le Special One, mais la majorité des supporters madrilènes a déjà capitulé et renoncé à la culture du spectacle que représentait le Real. Pour faire tomber le Barça, Mourinho a déjà convaincu son monde qu'il n'y avait pas d'autre option possible.

Apôtre du football amoral

José Mourinho est peut-être le premier entraîneur centriste que connaisse le football, et à ses yeux, la fin justifie les moyens. Ce n'est pas tant un renoncement qu'un raisonnement pragmatique auquel le Special One parvient à faire adhérer tous ses disciples et dirigeants. Loin d'être tiraillé entre ces deux tendances, il assume parfaitement son libéralisme et sa fièvre collectiviste.

Libéral sauvage, d'abord, par son pragmatisme farouche, son obsession du résultat, la mise en œuvre pratique et scientifique, dépourvue d'émotions, de plans de jeu que les amateurs de beau jeu réprouvent, et son affranchissement des règles et des convenances. La morale n'a pas sa place dans le monde du football, parce qu'elle n'a jamais rapporté le moindre titre, et ça, Mourinho l'a très bien assimilé. Collectiviste acharné, ensuite, dans son application à fondre les ego parfois démesurés dans l'énergie et l'intérêt du groupe, mais aussi dans sa gestion des troupes et les relations humaines qu'il entretient avec ses joueurs, qu'ils soient titulaires ou cirent le banc, et qui finissent tous ou presque par lui vouer une fidélité aveugle, de Porto jusqu'au Real Madrid.

Mourinho n'a que faire des stars et des génies du ballon rond. Après un an à l'Inter Milan, il n'hésite pas à refourguer Ibrahimovic, rock star de son effectif, à Barcelone, pour s'offrir Samuel Eto'o, un mec qui ne rechignera jamais à la tâche et qui ne remettra jamais en cause ses consignes, même lorsqu'il est aligné arrière droit. Voilà pourquoi José Mourinho n'hésitera pas à sacrifier Cristiano Ronaldo, un type qui est sans nul doute l'un des deux meilleurs joueurs du monde et qui a déjà enquillé la bagatelle de 80 buts en deux saisons au Real, pour s'attacher les services de joueurs qu'il estime nécessaire à son collectif, car il sait mieux que quiconque, comme le disait Ferguson, qu'une « équipe a la valeur de ses trois joueurs les plus faibles » .

Mental de Viêt-Cong

José Mourinho, ça ne l'intéresse pas d'entraîner une équipe qui scintille de mille feux. Lui il a plutôt un certain penchant pour les équipes qui puent la lose depuis plusieurs années. Il préfère largement les équipes qui gagnent aux joueurs qui font gagner ses équipes. Cristiano Ronaldo est peut-être la plus grande star du football actuel avec Leo Messi, mais le Special One s'en fout allègrement. Mourinho n'a rien contre les stars, il sait les gérer et les rendre performantes. Mais il préfère les guérilleros, les joueurs de devoir, qui pénètrent sur le terrain la bave aux lèvres et dont l'énergie nourrit davantage le bloc-équipe et son organisation que le toucher de balle d'un prodige du football. Ce n'est pas un hasard si le symbole de la prise de pouvoir de Mourinho au Real Madrid s'appelle Pepe, plutôt que Ronaldo ou Benzema.

Le Mou sublime les besogneux, fait briller les bosseurs, magnifie les récupérateurs acharnés, ennoblit les bourreaux de la gonfle. Sans travail et dévouement sans faille au bien commun, le talent n'est rien de plus qu'un bijou encombrant qui pose davantage de problèmes qu'il n'en résout. Malgré une première saison brillante à l'Inter sous ses ordres, Mourinho n'a pas hésité à se séparer d'Ibra, comme il n'a pas hésité à dégager vite fait bien fait le jeune Balotelli, sans doute pétri de talent mais incapable de bosser pour le collectif.

S'il a l'occasion de refourguer Cristiano Ronaldo (à Berlusconi, par exemple, soucieux de détourner un peu le regard des scandales auxquels il est mêlé), le Mou n'hésitera pas une seconde, et salivera à l'idée de s'offrir un Tevez ou un Rooney, qui ne marqueront sans doute pas autant de buts et qui n'ont sans doute pas autant de vidéos de leurs exploits sur Youtube, mais qui se sacrifieront corps et âme pour le collectif. Peu importe l'argent, en fin de compte : Mourinho ne rechignera jamais à aligner les biffetons s'il est convaincu qu'un joueur lui sera dévoué et utile. Preuve en est la recrutement du turc de Dortmund, Nuri Sahin, pour 10 millions d'euros. Libéré de ses détracteurs, qui ne trouveront bientôt plus tribune assez influente pour lui nuire, libéral forcené et pragmatique qui ne croit qu'à l'efficacité et à la victoire, collectiviste absolu qui embrigade tous ses joueurs dans la même croisade et attise leur foi en sa propre personne, Mourinho représente peut-être le seul espoir de victoire du centrisme.

Par Julien Mahieu

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
ahahahahaha "« J'aime qu'un plan se déroule sans accroc », ça me rappelle un truc!!!
Ce qui aurait été pas mal, c'est que tu regardes dans un dictionnaire ce que signifie "centrisme", parce tout ton article est basé là-dessus et que tu es un peu à côté. Ceci dit sans intention de t'offenser, bien sûr.
Mourinho centriste??? Ah ah ah!!! Et Sarko de gauche aussi!!!

Mou se fout des talents???Il veut des joeurs besogneux, mais qu'il aille à Montpellier le Mou, on verra ce que ça donnera
@Pazzo : Heu.. même maintenant ils sucent le Mou sur ce site..

Quand au fait de vendre Ronaldo.. sans lui, il ne gagne pas la copa, et ils sont très loin derrière en liga. Se débarasser de lui serait une belle connerie.. (même si bon, c'est un peu le même type de joueur qu'ibra, il aime qu'on joue pour lui).
@Pazzo: il a tout gagné avec l'Inter et gagné des titres avec Chelsea mais j'ai toujours trouvé ses équipes immondes à voir jouer! Avec Porto, il a réussi à me dégouter du foot portugais, une équipe de tricheurs, j'avais jamais vu ça (et dire qu'il ose chialer maintenant, c'est risible)!

Il m'ennuie Mou, aparemment pour les fans, il doit y avoir un peu de sous qui tombent dans les poches pour fermer le jeu sur le jeu immonde de ses équipes!

Pazzo je te retourne la question, si l'an prochain il se fait encore déboiter par le barça et qu'il repart la queue entre les jambes, vous allez encore vous évertuer à le sucer???
le gain a tout prix c'est plutot des valeurs de droite
Saroumane le Mou, faisant fi des distances, prend possession du cerveau de Julien Mahieu. Par ce chamanisme discret, le sorcier blanc brouille encore les repères et nous fait entrer dans le champ politico-moral du football. :))

Par contre, il me semble que qualifier Mourinho de Libéral est un peu exagéré. N'a-t-il pas, soit disant, horreur des transferts au montant disproportionnés ?

Si l'on doit le placer sur le champ politique, de Libéral, il serait plus convenable de le qualifier de (catholique) conservateur dans la foulée d'un Hayek ou d'un Chesterton.
L'article le dit: Mourinho est un spécialiste des équipes-commando montées pour des clubs revanchards. Pas pour des clubs de très haut de gamme comme le Real.

Il serait parfait à la Juve, à l'Atletico, à City, ce genre de clubs qui courent après leur gloire passée ou qui veulent se créer un palmarès.

On verra s'il fait mieux l'an prochain. C'est vrai qu'il a gagné une coupe du Roi, trophée qui fuyait le club depuis des décennies. Qu'il a atteint les demi-finales de la Champions, ce que ne faisait pas le Real depuis sept ans. C'est pas mal!

Mais que de polémiques! De paroles déplacées! De méthodes de voyou!

L'image du Real a été franchement écornée.

Il s'en fout certainement mais quid des responsables du club et des socios?

Pour la première fois depuis le début de sa fulgurante carrière, Mourinho a l'opinion publique contre lui. Il savait si bien se la mettre dans la poche! Là, elle s'est retournée contre lui. Le début de la fin?
Très bon article, juste un petit détail où l'auteur s'arrange un peu avec la vérité...
Mourinho s'entendait très bien avec Zlatan et n'a jamais voulu s'en débarasser. D'ailleurs, qurasser d'Ibra;50 M€+Eto'o contre Ibra, ça ne se refuse absolument pas.and il a recruté Milito, c'était dans l'optique de l'associer au Suédois. D'ailleurs début Juillet, l'argentin pensait encore former un duo avec Zlatan à son arrivée!
http://www.goal.com/en/news/10/italy/20 … ering-best
http://www.football.fr/footballfr/cmc/i … es=Ligue+1
C'est l'insistance du Barça (Cruyff qui voulait absolument Ibra passé par son Ajax et Guardiola qui ne s'entendait plus avec Eto'o) et le deal absolument grotesque qu'ils ont proposé à l'Inter qui ont résigné Mourinho & Moratti à se déba Mais à la base, ce deal n'était pas du tout dans les plans de Mourinho.
J'ai l'impression que la déception de certains, est simplement à la hauteur du culte qu'ils ont voué à Mourinho après tout le battage médiatique qu'il y a eu l'an dernier autour de lui...
Mais dire que sa saison est un presque échec euh?? Comme ça a été dit, il a quand même emmené son équipe en demi de champion's league, gagner un titre contre l'éternel rival, et puis surtout a réussi à donner un peu de cohérence à cette équipe où les joueurs jouaient avant tout pour leur gueule... Donc bon... Si vous arrêtiez un peu de d'idolâtrer ce mec, peut-être que vous seriez plus lucide devant ses résultats...

Sinon... Ok Mourinho apprécie plus les fidèles soldats que les divas... Mais c'est quand même lui qui a appuyé le recrutement de Di Maria et Ozil non ?? Ce sont pas vraiment des besogneux.
Et sinon Mourinho doit plutôt être classé à droite, mais de toute façon le foot moderne de haut niveau EST le sport de droite par excellence, donc bon...
Non mais là faut arrêter ... Il a sûrement une opinion politique le Monsieur, mais qualifier sa façon de coacher, avec du vocabulaire politique, ça devient ridicule.

D'ailleurs, je ne suis pas spécialement centriste, mais les réduire à des mecs qui ne savent pas trop quoi penser, et du coup prennent des idées à gauche et à droite, ça me paraît légèrement abusé comme définition. (même si j'imagine qu'il y en a certains)

Pour en revenir Mourinho, je plussoie totalement la remarque de djavo : "Mou se fout des talents ???Il veut des joeurs besogneux, mais qu'il aille à Montpellier le Mou, on verra ce que ça donnera "
Il aura moins la pression l'année prochaine s'il la joue calme et profil bas mais on ne lui laissera rien filer s'il en fait trop, attendons donc de voir, le real de cette année est super fort mais a refusé de jouer au moment où il avait quelque chose à gagner.

Contre le barça, il a paradoxalement sous estimé son équipe, qui pouvait plus que les bouger (le barça est moins frais qu'en Janvier et a du remodeler son équipe suite aux blessures en défense)... Le Mou a été décevant sur le terrain en Mai (en dehors aussi mais à chacun son appréciation).

L'année prochaine, il a moyen de bien remodeler son équipe et d'introduire de bons guerriers, je m'attends à voir un Milito ou autre Cambiasso rappliquer au real cet été... Tout cela bénéfiera au foot si Mou décide de se focaliser sur le foot.

Concernant CR7, je ne suis pas d'accord avec l'analyse, il a besoin d'une étincelle dans son jeu (chose que CR7 garantit), et nombre d'articles notamment d'El Pais (souvent bien informé et pas adepte du sensationnel à la différence de Marca, AS ou Sport) montrent que CR7 est très proche du Mou, au point de susciter des jalousies chez les patrons du vestiaire merengue (Casillas, Ramos, Alonso notamment), je vois difficilement CR7 partir tant que Mourinho est là.
Et Pep à Montpellier il ferait quoi ?
Cet article est complètement mensongé, le style de jeu du Réal ne se résume pas aux classicos, A vous lire on dirait que le Réal est une équipe de bucheron, il y a dans cette équipe de grands joueurs techniques non Ronaldo n'est pas le seul renseignez vous.

Je trouve qu'il a eu raison de changer de tactique contre le Barça à choisir entre s'en prendre 5 et ne pas exister du match et jouer plus retrancher et gagner une coupe à l'arrache je dis bravo. Je ne suis pas d'accord cependant avec ce qui a été proposé en demi c'est aller trop loin ( le comportement des culés n'ayant pas aidé non plus ) mais de la à lui cracher dessus!

Article vraiment médiocre.
Le plus gros défaut du traductor, c'est son complexe face au Barça. Il a déjoué complet, aveuglé par ses certitudes.
@bagaliht: Pep ne s'est pas proclamé meilleur entraineur du monde je crois? Pep ne chiale pas dans la presse dès que son équipe perd.

Et puis entre toi et moi, je crois qu'on regrettera plus que Pep parte du barça (on se régale qd meme) que le Mou du réal!
Mourinho n'aime pas les mecs qui n'en branlent pas une à l'entrainement (ex:benzema quand il est arrivé, ibra ou balotelli).
Mais ce qui est sur et certain, c'est qu'un mec qui dit que Ronaldo est une diva qui n'en branle pas une...n'a jamais vu d'entrainement du real ou de manchester quand il y etait.
CR bosse plus que les autres, et tout ses entraineurs le disent...
Rien que pour ça, Mourinho kiffe CR7 et il ne le bradera pas, surtout s'il explose les stats de buts en une saison...
Entièrement d'accord, CR7 est un bourreau de travail et a une attitude exemplaire de ce côté là.

Le seul reproche qu'on peut lui faire est qu'il ne participe pas bcp aux tâches défensives, il en est dispensé, il a un peu plus participé lors des récents clasicos, mais sinon il ne fait pas bcp de pressing et le fait mal.
A la lecture de cet article une question me vient:
Mourinho est il chinois???????????
Quelques pistes :
- Il est un libéral pragmatique
- Un collectiviste acharné
- Un adepte de la planification
- Il a un "mental de viet - cong
Troublant, non?
Dommage que Tintin ne soit plus là; j'imagine déjà un "Tintin au pays du Mou", pour le plaisir de la rencontre Mou/Haddock et des clichés dont cet article donne un avant gout.
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
Article suivant
Blanc comme neige
0 37