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Mourinho, an II

Inutile de s'en cacher plus longtemps : la première saison du Special One au Real Madrid n'est pas un franc succès. Largués en championnat, expédiés en Ligue des Champions, les Merengues n'ont pas réussi à faire flancher l'invincible armada barcelonaise. La Coupe du Roi n'était donc qu'un lot de consolation. Mourinho est défait, son génie tactique a montré ses limites ; il est temps de passer à la phase 2 de son plan.

« J'aime qu'un plan se déroule sans accroc »

Demi-finale retour de la Ligue des Champions : le Barça assure le match nul au Camp Nou sans réellement se mettre en danger face au Real Madrid. Mourinho, expulsé lors du match aller, est absent du banc de touche madrilène. Il n'y eut donc pas vraiment de match, ni de suspense, comme il n'y eut pas de coup de génie tactique de l'entraîneur portugais. Sans réelle surprise, José a tenté de reconduire face aux Blaugranas ce qu'il avait réussi à mettre en place il y a un an, avec l'Inter Milan. Sauf que le plan de jeu qui a fonctionné en Coupe du Roi (victoire du Real 1-0 après prolongation) ne s'est pas renouvelé avant la double confrontation européenne. Résultat : Guardolia a vu le coup venir de très loin et Madrid a été pris à son propre piège. Certes, le Barça n'a pas pu jouer à la passe à dix avec autant d'aisance et d'efficacité qu'à l'accoutumée, mais les Catalans se sont définitivement adjugés le titre en Liga et se sont qualifiés pour la finale de C1, toisant un Mourinho sans imagination et sans génie, qui n'a pas réussi à mettre fin à l'hégémonie barcelonaise. Même la diatribe contre l'arbitre en conférence de presse n'est pas parvenue à faire arracher un sourire : c'est du déjà-vu, et c'est franchement décevant.

Mais le Special One n'est pas homme à se laisser abattre. De toute façon, comme il le clame lui-même, il a besoin de deux ans pour transformer ses équipes en machines à gagner – et ce, même si Chelsea et l'Inter Milan ont raflé le titre dès leur première saison sous les ordres du Mou. L'effectif dont il dispose au Real Madrid à l'heure actuelle ne lui convient tout simplement pas. Paradoxalement, ce sont les défaites de Mourinho au Real Madrid qui lui ont permis de conforter et même de renforcer sa position et ses points de vue au sein du club. C'est pourtant évident : si le Real a perdu avec le meilleur entraîneur du monde à sa tête, c'est parce qu'il lui manque quelques joueurs pour que son schéma devienne aussi cohérent qu'efficace. Il y a bien encore Di Stefano pour tacler le Special One, mais la majorité des supporters madrilènes a déjà capitulé et renoncé à la culture du spectacle que représentait le Real. Pour faire tomber le Barça, Mourinho a déjà convaincu son monde qu'il n'y avait pas d'autre option possible.

Apôtre du football amoral

José Mourinho est peut-être le premier entraîneur centriste que connaisse le football, et à ses yeux, la fin justifie les moyens. Ce n'est pas tant un renoncement qu'un raisonnement pragmatique auquel le Special One parvient à faire adhérer tous ses disciples et dirigeants. Loin d'être tiraillé entre ces deux tendances, il assume parfaitement son libéralisme et sa fièvre collectiviste.

Libéral sauvage, d'abord, par son pragmatisme farouche, son obsession du résultat, la mise en œuvre pratique et scientifique, dépourvue d'émotions, de plans de jeu que les amateurs de beau jeu réprouvent, et son affranchissement des règles et des convenances. La morale n'a pas sa place dans le monde du football, parce qu'elle n'a jamais rapporté le moindre titre, et ça, Mourinho l'a très bien assimilé. Collectiviste acharné, ensuite, dans son application à fondre les ego parfois démesurés dans l'énergie et l'intérêt du groupe, mais aussi dans sa gestion des troupes et les relations humaines qu'il entretient avec ses joueurs, qu'ils soient titulaires ou cirent le banc, et qui finissent tous ou presque par lui vouer une fidélité aveugle, de Porto jusqu'au Real Madrid.

Mourinho n'a que faire des stars et des génies du ballon rond. Après un an à l'Inter Milan, il n'hésite pas à refourguer Ibrahimovic, rock star de son effectif, à Barcelone, pour s'offrir Samuel Eto'o, un mec qui ne rechignera jamais à la tâche et qui ne remettra jamais en cause ses consignes, même lorsqu'il est aligné arrière droit. Voilà pourquoi José Mourinho n'hésitera pas à sacrifier Cristiano Ronaldo, un type qui est sans nul doute l'un des deux meilleurs joueurs du monde et qui a déjà enquillé la bagatelle de 80 buts en deux saisons au Real, pour s'attacher les services de joueurs qu'il estime nécessaire à son collectif, car il sait mieux que quiconque, comme le disait Ferguson, qu'une « équipe a la valeur de ses trois joueurs les plus faibles » .

Mental de Viêt-Cong


José Mourinho, ça ne l'intéresse pas d'entraîner une équipe qui scintille de mille feux. Lui il a plutôt un certain penchant pour les équipes qui puent la lose depuis plusieurs années. Il préfère largement les équipes qui gagnent aux joueurs qui font gagner ses équipes. Cristiano Ronaldo est peut-être la plus grande star du football actuel avec Leo Messi, mais le Special One s'en fout allègrement. Mourinho n'a rien contre les stars, il sait les gérer et les rendre performantes. Mais il préfère les guérilleros, les joueurs de devoir, qui pénètrent sur le terrain la bave aux lèvres et dont l'énergie nourrit davantage le bloc-équipe et son organisation que le toucher de balle d'un prodige du football. Ce n'est pas un hasard si le symbole de la prise de pouvoir de Mourinho au Real Madrid s'appelle Pepe, plutôt que Ronaldo ou Benzema.

Le Mou sublime les besogneux, fait briller les bosseurs, magnifie les récupérateurs acharnés, ennoblit les bourreaux de la gonfle. Sans travail et dévouement sans faille au bien commun, le talent n'est rien de plus qu'un bijou encombrant qui pose davantage de problèmes qu'il n'en résout. Malgré une première saison brillante à l'Inter sous ses ordres, Mourinho n'a pas hésité à se séparer d'Ibra, comme il n'a pas hésité à dégager vite fait bien fait le jeune Balotelli, sans doute pétri de talent mais incapable de bosser pour le collectif.

S'il a l'occasion de refourguer Cristiano Ronaldo (à Berlusconi, par exemple, soucieux de détourner un peu le regard des scandales auxquels il est mêlé), le Mou n'hésitera pas une seconde, et salivera à l'idée de s'offrir un Tevez ou un Rooney, qui ne marqueront sans doute pas autant de buts et qui n'ont sans doute pas autant de vidéos de leurs exploits sur Youtube, mais qui se sacrifieront corps et âme pour le collectif. Peu importe l'argent, en fin de compte : Mourinho ne rechignera jamais à aligner les biffetons s'il est convaincu qu'un joueur lui sera dévoué et utile. Preuve en est la recrutement du turc de Dortmund, Nuri Sahin, pour 10 millions d'euros. Libéré de ses détracteurs, qui ne trouveront bientôt plus tribune assez influente pour lui nuire, libéral forcené et pragmatique qui ne croit qu'à l'efficacité et à la victoire, collectiviste absolu qui embrigade tous ses joueurs dans la même croisade et attise leur foi en sa propre personne, Mourinho représente peut-être le seul espoir de victoire du centrisme.

Par Julien Mahieu

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