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Motta, entre rêve et réalité

Avant, la victoire du PSG passait nécessairement par Thiago Motta, clef de voûte de l'édifice parisien. Mais elle s'est cassée dans la serrure de la Ligue 1, et le jeu est devenu terrible. Parce que Motta n'est peut-être qu'un fantasme.

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L'amour pour Thiago Motta est quelque chose de difficilement explicable. C'est déjà un passeport, italo-brésilien, un C.V. - le Barça batave, puis celui brésilo-espagnol, l'Inter de Mancini et Mourinho, le PSG d'Ancelotti - et le palmarès qui va avec : deux Liga, une Serie A, deux Ligue 1, deux Ligue des champions. Mais comme Clarence Seedorf n'est pas le plus grand joueur de l'histoire, il y a autre chose. Ce numéro 8, double, rond, plein, éternel, l'infini, l'infini redressé même, à l'image de cette verticalité qu'il a toujours à cœur d'imprimer. Ses sempiternelles Mizuno, vestiges du passé, madeleine de Proust d'un temps révolu, pied de nez aux géants bariolés inutilement avancés, qu'il pose sans vergogne sur les tibias des légions impies, pour tuer une action dans l'œuf. Avant de vous lancer un regard noir, profond, insondable.

Motta ne tacle pas en rigolant comme Verratti et ses yeux azur, Motta tacle parce qu'il le doit, pour en finir. Sur un terrain, il n'est ami avec personne, et ce n'est pas un hasard s'il s'est battu avec Douglas dans les couloirs de Glasgow, ou si Brandão lui a brisé le nez. Sa première réaction, instinctive, n'a-t-elle d'ailleurs pas été de lui courir après pour répliquer ? Motta est un homme fier, orgueilleux. Un buste droit, un port altier, cette marque des grands, de ceux qui regardent loin devant, vers l'horizon, vers l'avenir, du haut de son mètre 87. Transversale, un côté, l'autre, pied gauche évidemment, ou passe simple, juste, précise, toujours vers l'avant. Peu de course, beaucoup de placement. De la sérénité, l'impression de savoir quoi faire, de ne jamais être surpris. Et des buts, parfois, quand il le faut vraiment.

L'envers du Paradis


Thiago Motta n'a pas l'insolence enfantine d'un Marco Verratti, d'un Javier Pastore, ou complètement mégalo d'un Zlatan Ibrahimović, celles qui font tout pardonner. Il a simplement conscience de ses qualités, et de ce qu'il estime lui revenir de droit. Sauf qu'en ce moment, ce n'est plus grand-chose. L'homme de l'ombre, à la base de toutes les victoires, s'est perdu dans le brouillard. Motta est devenu quelconque, presque inutile. Maintenant, il marche vraiment. Celui qui offrait la lumière aux autres les oblige maintenant à se débrouiller. Marco Verratti, aussi brillant soit-il, ne peut - encore - tout éclairer de bleu, et Matuidi, obligé de vraiment défendre, a logiquement perdu de sa superbe avec la fin de son dépassement de fonction. Tout simplement parce que Motta n'est pas celui qu'il croit être, et que l'on voudrait qu'il soit.

Au Barça, s'il a bien connu un exercice 2002-2003 en tant que titulaire devant la défense, le club a fini 6e cette année-là. Après, son genou a lâché, tout le monde lui est passé devant (Deco, Edmilson, Xavi, Yaya Touré), ses titres ont été glanés du banc. Il a tenté de se refaire à l'Atlético Madrid : six matchs en une saison, et un essai non-concluant à Portsmouth. À Portsmouth !... C'est finalement sur la terre de ses ancêtres qu'il se sauvera, au Genoa puis à l'Inter, sans pour autant devenir un furioclasse. De ce fameux Inter du Mou, ne se rappelle-t-on pas de lui comme celui expulsé contre le Barça, base d'une victoire homérique ? De toute façon, qu'est-ce qu'était cette équipe, sinon un assemblage de revanchards, réunis pour le casse du siècle sous l'égide d'un cerveau supérieur. Lúcio s'était fait virer du Bayern pour ses montées de chien fou, Cambiasso, Samuel et Sneijder du Real pour des raisons diverses, Eto'o du Barça, la carrière de Pandev était un foutoir, Milito n'était jamais qu'un grand buteur de petit club, Chivu portait un casque. Et Thiago Motta était un type pas assez fort pour le Barça, suffisamment pour le Genoa.

Tendre est la nuit


Finalement, Thiago Motta va très bien à Paris. Lorsqu'il signe en janvier 2012, il ne coûte que dix millions d'euros. C'est une recrue intelligente, logique, cohérente, qui va amener de l'expérience, de la stabilité. Mais ce n'est pas un achat définitif, impérieux, comme Thiago Silva ou Ibrahimović, considérés comme parmi les meilleurs à leur poste. Motta n'est pas l'un des meilleurs milieux du monde. Pour preuve, avec la Nazionale, il ne compte que 23 sélections, souvent en tant que remplaçant. Une sélection qu'il a en plus choisi par défaut, ayant déjà porté à deux reprises le maillot du Brésil en 2003. S'il est sans nul doute l'un des meilleurs milieux de France, c'est à l'image du PSG, qui n'est pas - encore - un grand club, absence de Ligue des champions oblige. Un PSG qui souffre en ce moment, comme Motta, coupables tous deux d'avoir voulu rêver trop grand.

Si beaucoup rêvent ainsi d'un Paris pastorien ou verrattien, il n'est jamais que mottien pour l'instant. Le PSG a suffisamment d'argent pour s'acheter du temps. Pas Motta, qui aura l'âge du Christ cet été. Deux choix s'offrent maintenant à lui : mourir, tranquillement, paisiblement, être remplacé par Busquets, et laisser l'image, forcément altérée par le temps, d'un joueur presque grand. Ou relever la tête, remettre en action ses jambes, prouver que tout est la faute de son genou. Pour être à la hauteur de sa légende.


Par Charles Alf Lafon
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Mr. Anderson Niveau : DHR
Ca va en faire hurler certains. Globalement d'accord avec l'article, notamment su le niveau de Motta. Moins sur l'Inter 2010.
samuel16004l Niveau : Loisir
on peut dire ce qu'on veut mais Motta est un guerrier, certes plus mercenaire que patriote mais quand ils est concerner et au top de ses moyens on va peut-être pas gagner des matches mais c'est sure que on va pas les perdes avec lui.
Thiago motta, il a un air de boyd crowder dans justified
JuanSchiaffino Niveau : National
un peu ampoulé tout ça :(
Chouette article, spécialement le dernier paragraphe.
Hey dis donc, les experts en bâtiment de chez sofoot ?
Une clé de voute ne pourra jamais rentré dans une serrure.
Morbleu !
Non, non, non.
Il faut arrêter avec le Motta-bashing depuis quelques mois.
Il est évident que sa 1e moitié de saison n'est pas à la hauteur de son récital 2013/2014. Peut être une préparation tronquée, surement l'âge qui pèse un peu, mais surtout un collectif qui a baissé de niveau. Pour moi, la perte de vitesse du milieu parisien est dû tout d'abord au fait que le trio TM-Ver-Mat n'a été que trop peu aligné cette saison pendant plusieurs matchs de suite. Après 5 mois de compétitions, le PSG n'a toujours pas eu sa période en mode "rouleau-compresseur" comme il l'avait eu l'an dernier en début de saison, notamment avec des victoires écrasantes en LDC jusqu'à Chelsea. Tous les milieux ont eu leur petite dose de blessures, et l'excellent saison de Pastore a redistribué les cartes et, baisse de niveau ou pas, c'est de toute façon Motta qui en fera les frais à la fin au vu de son âge et de sa position sur le terrain (vouée à devenir celle de Verratti).
maxlojuventino Niveau : Ligue 1
Motta était clairement un grand joueur à l'époque du triplé de l'Inter et de son expulsion face au Barça, on se souvient surtout de la simulation de Busquets...
Milan_forza18 Niveau : CFA
Oui sur le joueur mais pas sur linter qui était une machine de guerre !!! A l'époque
1. Le mec va avoir 33 ans et c'est pas un Pirlo donc ca commence à se voir;
2. Combien de temps vous pensez qu'un mec qui a bossé sous les ordres d'un mourinho, d'un van gaal ou d'un ancelotti va supporter le charisme d'huitre et l'incapacité tactique de lolo blanco?
Qu'il parte (ou prenne place sur le banc) et laisse les clés du milieu à Verratti!
Une clef de voûte cassée dans une serrure... Celle-ci est magnifique.
On sait que Motta est bon et on connait aussi ses limites. La question c'est plutôt est ce qu'il a finit sa carrière ?
Ou est ce qu'il sera le mieux utiliser?
Pourquoi il veut partir ?

Parce qu'avec Carlo Motta n'aurait jamais voulu quitter le PSG.
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