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  1. // Euro 2016 – Éliminatoires – 9e journée
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Morata, oasis au milieu du désert ?

Bientôt qualifiée pour l'Euro 2016, l'Espagne fera tout pour conserver sa double couronne sur les terres françaises. Tout, cela commence par bien choisir ses buteurs providentiels pour le tournoi. Et au premier abord, le choix est loin d'être établi. Explications.

Depuis l'origine de la vie sur Terre, les grands règnes se sont construits dans la durée. D'abord, le règne minéral, il y a 4,5 milliards d'années. Puis le règne végétal, il y a 3,8 milliards d'années. Enfin, le règne animal, il y a 2,5 milliards d'années. Apparus dans la continuité de l'évolution terrestre, les hommes se sont battus dans des arènes, sur des champs de bataille, pour aujourd'hui donner lieu à des frontières étatiques. Ces frontières forment des pays, et ces pays représentent maintenant leurs peuples par le sport, grâce à des équipes nationales. Aujourd'hui donc, le football en Europe est sous l'emprise d'un règne, celui de l'Espagne, depuis le 29 juin 2008, au stade Ernst Happel de Vienne. Ce jour-là, la Roja affronte l'Allemagne dans une affiche rêvée entre, selon les experts, les deux meilleures équipes du tournoi. Ce soir-là, l'Espagne remportera le trophée par le plus petit des écarts (1-0). Le buteur ? Fernando Torres, le successeur madrilène de Raúl Gonzalez Blanco, éternel perdant avec son Espagne. Adulé au pays, El Niño offre ainsi un titre attendu depuis 44 ans. Un titre qui, à ce moment précis, dure toujours. Certes, mais pour combien de temps encore ?

Le retour des briscards


Il y a deux jours, ce même Fernando Torres faisait une déclaration au quotidien As. « Je n'ai jamais quitté la sélection, parce qu'elle me fait rêver comme au premier jour, et beaucoup de mes plus beaux souvenirs se sont passés avec elle, déclare le buteur de l'Atlético Madrid. Mais en ce moment, je crois que le sélectionneur compte sur d'autres personnes. J'ai d'autres priorités, comme bien jouer avec mon club et jouer de façon constante. » Près de huit années après sa nuit magique en Autriche, Torres prend du galon, mais surtout de l'âge : il aura 32 ans au moment de l'Euro 2016. Et si l'homme peut encore faire le travail, la nouvelle génération peine à trouver ses marques actuellement. En réalité, seul un homme semble en mesure de pouvoir succéder aux aînés Torres et Villa : Álvaro Morata. Parti du Real Madrid à cause d'une concurrence trop dense, l'Espagnol s'est tourné vers l'Italie et constitue, même dans une Juventus encore en rodage pour ce début de saison, la grosse satisfaction de ces derniers mois.

Un buteur fiable, d'accord. Mais qu'en est-il des autres ? Quid de Diego Costa, pris dans la crise à Chelsea et de plus en plus renié en Espagne pour ses prestations insipides sous la tunique ibérique et, de façon plus globale, son comportement odieux sur le terrain. Non sélectionné par Vicente del Bosque pour suspension cette fois-ci, le fiasco offensif du Mondial 2014 semble avoir grillé tous ses jokers. Pour Iñaki Sáez, coach de l'Espagne à l'Euro 2004, la solution de rechange reste encore inconnue. « L'équipe nationale possède différents profils : Morata bien sûr, mais aussi Paco Alcácer, ou les plus anciens barrés par Torres et Villa à l'époque, Álvaro Negredo, Roberto Soldado ou Fernando Llorente. Je trouve aussi que l'un d'entre eux n'est pas bien mis en évidence alors qu'il marque beaucoup : Aritz Aduriz. C'est un buteur dans l'âme, un vrai numéro neuf à l'ancienne capable d'être efficace devant le but. Il a peut-être 34 ans, mais il est en pleine confiance et donne de la force athlétique à l'équipe. Le véritable choix, il se fera dans l'état de forme de chacun et le bilan de la saison. » Morata aura donc bel et bien de la concurrence, si vieille soit-elle.

L'hypothèse du neuf fantôme


Posséder dans ses rangs un buteur avec de l'expérience, cela peut-être utile à l'Espagne. Diego Costa et ses deux sélections avant d'arriver au Brésil peuvent en témoigner. Pour le troisième match comptant pour du beurre face à l'Australie lors du dernier Mondial, le natif de Lagarto avait d'ailleurs vu son remplaçant David Villa, meilleur buteur de l'histoire de la Roja, réaliser un match plein pour une victoire nette (3-0). Une décision initiale que Del Bosque doit peut-être regretter amèrement… Quoi qu'il en soit, le sélectionneur national actuel peut aussi se vanter d'avoir apporté à l'Espagne un choix révolutionnaire. « En réalité, il s'agit d'un faux problème, évoque Saez. Quand un vrai buteur ne sort pas du lot en Espagne, l'équipe peut aujourd'hui jouer avec un faux numéro neuf. Cela s'est vu notamment avec Cesc Fàbregas à l'Euro 2012, ou même David Silva et Pedro plus récemment. C'est une solution alternative pouvant fonctionner parce que ces joueurs sont difficiles à prendre au marquage. Ils sont rapides et donnent très vite le ballon, cela gêne considérablement l'équipe adverse pour récupérer la balle. » En décidant de jouer sans véritable attaquant, Del Bosque prend le pas de Guardiola, et offre un deuxième titre européen consécutif à l'Espagne en balayant l'Italie en finale (4-0). Un style qui semble à présent coller à la peau de l'équipe. « En Espagne aujourd'hui, le principal, c'est de contrôler le ballon, de ne pas le perdre, analyse Saez. Ensuite, il faut une certaine habileté quand on arrive vers le but adverse, et un joueur technique peut s'en charger, qu'il soit milieu offensif, ailier ou buteur à la base. » Pour ce qui est de la technique et des ailiers en revanche, l'Espagne peut dormir tranquille.

Par Antoine Donnarieix
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