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Montpellier, une passion française

C’est peut-être le champion le plus surprenant de l’histoire du Championnat de France, peut-être parce qu’il semble être à contre-courant de l’époque comme jamais. Mais en fait, à bien y regarder, le sacre de Montpellier révèle quelque chose de profondément français. Un truc qui nous dit quelque chose de notre pays.

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Monarchie

Bien sûr, il y a un savoir-faire à tous les étages de la maison héraultaise, une tradition, avec des hommes en place depuis des lustres, à l’image du précieux Michel Mézy. Mais on ne va pas se mentir plus longtemps : Montpellier, c’est avant tout un homme et un seul. Une gueule de mangeur de cochonnailles, une gouaille de diseur de cochonneries, Louis Nicollin est la figure tutélaire du MHSC. Celui qui, de sa poche, met un fric fou pour faire vivre le club, même quand celui-ci flirtait dangereusement avec le National. Dans certains pays, anglo-saxons le plus souvent, on aime l’idée de multinationales, de consortiums et autres termes techniques, pour désigner un pouvoir élargi. En France, on a beau avoir fait la Révolution, on continue d’aimer les monarques. Pas un hasard si après s’être passionnés pour la présidentielle, les Français se fichent royalement (sans jeu de mots) des législatives. Alors forcément, entre le PSG, ses différents niveaux de décision, son actionnaire principal invisible, et Montpellier, où il n’y a qu’un taulier, le choix du cœur est vite fait.

On n’a pas de pétrole mais on a des idées

Tout le monde connaît ce slogan, en plein choc pétrolier, dans les 70’s. Évidemment, aujourd’hui, cette formule a quelque chose d’ironique, au moment d’évoquer ce couronnement de Montpellier au nez et à la barbe du Qatar et de ses pétrodollars, car c’est quand même de ça qu’il s’agit. Face aux 150 millions de budget annuel, face aux 42 patates investies sur le seul Javier Pastore, les 33 millions d'euros de budget du MHSC interpellent. Car ils renvoient forcément à une grande ingéniosité dans la dépense, face à l’artillerie lourde parisienne. Oui, les arrivées de Hilton, Utaka, Bedimo (des joueurs proches de la voie de garage l’an passé) sont autant de paris gagnants à l’arrivée. Une logique dans la lignée des recrutements, ces deux dernières années, de vieux routiers comme Dernis ou Jeunechamp pour apprendre le métier aux jeunes. Un flair confirmé par la foire au recrutement malin d’un Giroud ou d’un Estrada, là encore pour une poignée de cerises au regard de leur rendement. Une intuition terriblement française finalement, comme l’expliquait Killy par le passé : « Plus je parcours la France, et plus je suis fasciné par notre art du système D, cette débrouillardise, ce génie français, alors que nous sommes peut-être parmi ceux qui travaillons le moins. » En même temps, quand on travaille bien…

L’école pour tous

Là encore, Montpellier est une idée très française. Le pays de la formation, c’est le nôtre. Celui qui fait le pari de l’intelligence avant toute autre chose. Pas étonnant si le budget Éducation Nationale est l’un des plus élevés du monde par bout de chou. Oui, c’est vrai, parfois l’idée est peut-être allée un peu loin après que Lionel Jospin en 1989 ait placé « l’enfant au centre du système » . Une sorte de préambule généreux à l’enfant-roi en quelque sorte avec les quelques dérives que cela a engendrées. Il n’empêche, la France a toujours davantage misé sur sa formation que bien d’autres pays. Et ce n’est pas un hasard si des cinq grands championnats européens, Montpellier est l’équipe qui utilise le plus de joueurs « home maid » : plus de 40% ! Une hérésie de l’époque à première vue. Car à l’heure de l’arrêt Bosman tout-puissant, qui aurait pu croire que dans un championnat aussi concurrentiel que la L1, ce socle formateur pouvait faire florès ? Demandez à Nantes ou Auxerre. Alors, un anachronisme que cette Carte Jeunes ? Non, une idée terriblement moderne, même. Car quel est le club dominateur et référent dans le monde depuis quatre ans ? Le Barça nourri à sa Masia. Surtout que se profile un petit fair play financier de derrière les fagots, qui devrait réhabiliter en partie ce genre de choix stratégique au détriment des courses à l’armement massif.


Astérix

Enfin, et c’est peut-être là qu’il faut chercher la vibration la plus profonde générée par le triomphe héraultais, il y a cet esprit de résistance. Ne nous voilons pas la face, on aime ce genre d’histoire où le petit mange le gros. On tirerait à boulets rouges sur une Liga qui couronnerait Almeria, une Serie A qui consacrerait le Chievo Verone ou une Premier League s’inclinant devant la domination de Fulham. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas leur histoire. C’est un football de puissants et tout autre résultat susciterait de vives critiques. Pas en France ! Mû par l’esprit d’Astérix, on se pâme devant ces Petits Poucets qui résistent à l’envahisseur romain (Mais oui, tout se confond. On s’en branle puisque l’idée est la même !). On s’enflamme pour Quevilly, on se moque de Paris qui, quelque part, symbolise une sorte d’envahisseur qui ne dit pas son nom avec sa fortune venue d’ailleurs. C’est sans doute le point crucial de cette histoire : la victoire de Montpellier réveille à des degrés divers, selon des sensibilités différentes, un fantôme franchouillard qui sommeille en chacun de nous. Même pas besoin d’être vraiment franchouillard, ni même d’être d’ascendance française, finalement. Ce terreau commun hérité de l’école, d’une devise, d’un modèle social, d’une diversité, suffit à nous faire regarder ce succès de Montpellier avec des yeux pas tout à fait indifférents. Ceux d’une passion française.

Par Dave Appadoo
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